Les victimes du 7 octobre

Capitaine Iftach Gorny, 51 ans : producteur laitier et fondateur d’une ville frontalière

Iftach Gorny a été tué en combattant le Hamas le 7 octobre 2023, lors de l'invasion du kibboutz Holit

Capitaine (réserve) Iftach Gorny (Crédit : Armée israélienne)

Le capitaine Iftach Gorny, 51 ans, réserviste de l’équipe régionale LOTAR de lutte contre le terrorisme à Nitzana, originaire de Be’er Milka, a été tué le 7 octobre lors de l’invasion du sud d’Israël par le Hamas.

Au matin de l’attaque, Iftach a été appelé, ainsi que d’autres membres de l’équipe antiterroriste d’intervention rapide basée dans le bloc de communautés de Nitzana, à la frontière égyptienne, pour rejoindre les combats.

Il a été tué en combattant une cellule d’hommes armés du Hamas près de Yated. Son camarade, le sergent-major (réserve) Liran Mones Almosnino, a trouvé la mort peu après, dans le kibboutz Holit.

Iftach a été enterré le 15 octobre à Kadesh Barnea (Nitzanei Sinaï). Il laisse derrière lui son épouse, Sivane, leurs trois enfants, Negev, Bustan et Sade, ses parents, Ilana et Moshe, ainsi que ses frères et sœurs Eyal, Tomer et Asaf.

Né et élevé au kibboutz Naan, à proximité de Rehovot, Iftach aimait passer du temps dans la nature, faire du camping, de la randonnée et du vélo, ainsi que l’a rappelé l’éloge funèbre prononcé au kibboutz. Il jouait au basket-ball, puis est devenu entraîneur. Il aimait rire, jouer aux cartes et parier sur des choses stupides, ont raconté ses proches.

Pendant son service militaire obligatoire, Iftach a servi dans l’unité d’élite Sayeret Matkal. Il a ensuite effectué son service de réserve pendant plusieurs décennies. Lui et sa femme Sivane faisaient partie des fondateurs de la petite communauté de Beer Milka, près de la frontière égyptienne, créée en 2006 avec seulement huit caravanes, un chemin de terre et un raccordement à l’eau et à l’électricité.

Iftach dirigeait la ferme laitière de la communauté. Contribuant activement à faire vivre la ville, il jouait un rôle essentiel dans son succès et son développement. Après son service militaire dans la réserve active, il a rejoint l’organisation LOTAR Nitzana, dont la mission est la protection des communautés situées près du poste-frontière de Nitzana, qui sépare Israël de l’Égypte.

Dans une interview accordée à l’association israélienne des éleveurs de bétail en mai 2023, quelques mois avant son assassinat, Iftach a évoqué son déménagement à Beer Milka, une communauté « sans éclairage public, sans clôtures, sans Internet, sans lignes téléphoniques, sans égouts. Une période indescriptible, un élan spirituel, un grand bonheur. Nous étions huit familles avec des enfants en bas âge et de grands rêves. Nous n’avions rien, mais nous avions tout. »

Sa fille, Negev, a publié un message sur Facebook à l’occasion de ce qui aurait été le 52e anniversaire de son père.

« Où es-tu ? Où es-tu, toi qui aujourd’hui devrais te réveiller et voir la table dressée pour ton anniversaire, nous emmener camper, jouer au whist, aux Colons de Catane, au poker ou au jeu que tu voudras, nous préparer le dîner que tu aimais tant, et savourer le rôti de bœuf que tu aurais cuit pendant des heures au four ? »

Negev s’est demandé pourquoi son père ne « rentrerait pas avec son grand sourire et sa démarche chaloupée, et pourquoi nous ne pourrions pas simplement nous asseoir, rire et discuter de tout ce qui s’était passé durant les dernières semaines de réserve. Ou pourquoi nous ne pourrions pas faire pas un pari, où celui qui perdrait devrait faire la vaisselle. Et au final, c’est toi qui la ferais de toute façon… Tu n’es pas là, mais parfois tu es plus présent que jamais. »

La femme d’Iftach, Sivane, a partagé sur Facebook l’éloge funèbre qu’elle a écrit pour la cérémonie marquant le mois écoulé depuis la mort de son mari.

« Où est tu, toi qui est mon ancrage ? Où sont tes mains fortes, chaleureuses et rassurantes ? », a-t-elle écrit. « Et tes épaules solides qui m’enveloppaient de leur chaleur. Ma tête reposant sur ton cœur vivant et battant. »

Et de poursuivre : « Quand j’évoque le passé, je me sens reconnaissante pour chaque moment passé avec toi, pour chaque souffle de notre précieuse vie ensemble. Ton corps physique, si plein de vie, de force et de chaleur, n’est plus là. Mais tu es vivant, et tu bats dans mon cœur. Tu es avec nous en tout. Dans le vent qui souffle, dans les nuages, dans le lever du soleil, dans les oiseaux, dans le sable des dunes, dans le coucher du soleil, dans ton ciel étoilé… Tu es là, dans chaque souffle et chaque battement de coeur. »

Pour lire d’autres hommages sur les victimes des massacres du Hamas du 7/10/2023 et de la guerre qui s’en est suivie, cliquez ici.

read more: