Caroline Yadan saisit la justice après la nouvelle mise en avant d’une chanson controversée de Médine

La députée déplore que les paroles de 'David' pourraient constituer une provocation à la haine antisémite et une apologie du terrorisme

Le rappeur français Médine aux journées d'été d'EELV au Havre, le 24 août 2023. (Crédit : Lou Benoist/AFP)

Caroline Yadan a saisi la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, au sujet de la chanson « David » du rappeur Médine, estimant que ses paroles pourraient relever d’infractions pénales.

Dans un courrier daté du 30 octobre, la députée des Français de l’étranger, dont la circonscription comprend notamment Israël, invoque l’article 40 du Code de procédure pénale et demande à la justice d’examiner les faits au regard de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Initialement publiée en 2004 sur l’album « 11 septembre, récit du 11e jour », la chanson raconte l’histoire d’un adolescent israélien de 17 ans, tué dans un attentat-suicide contre un autobus. Médine l’a remise en avant le 28 octobre dernier dans une vidéo d’une session acoustique de 16 minutes, consacrée à son projet « Enfants du destin », où figure également le morceau « Daoud », qui raconte le parcours de l’auteur palestinien de l’attentat.

Dans « David », les parents du jeune Israélien sont présentés comme des « colons » et des militaires responsables d’exactions contre les Palestiniens. Le texte emploie notamment l’expression « squatteurs indésirés qui retracent les frontières » pour désigner les Israéliens. Le récit se termine par la mort de l’adolescent dans l’explosion d’une ceinture portée par un kamikaze à bord d’un bus.


Dans son signalement, Caroline Yadan note que le morceau associe l’identité juive à la colonisation, à la cruauté et à la violence exterminatrice. Elle considère également que la conclusion du récit, qui ne condamnerait pas explicitement l’attentat, pourrait en suggérer une justification implicite.

« La liberté de création artistique ne saurait servir de prétexte à la haine et à la mise en danger des Juifs dans notre pays », a écrit la députée sur X, ajoutant qu’il appartient désormais à la justice d’apprécier la portée pénale des paroles.

Shannon Seban, secrétaire du parti Les Républicains, a également effectué un signalement auprès du procureur, dénonçant un « énième torchon antisémite » de la part du rappeur. Elle a notamment rappelé que Médine avait été invité aux universités d’été des Verts et de La France insoumise en août 2023, puis à un meeting-concert de LFI à Strasbourg en juin 2026.

Les accusations formulées par les deux responsables politiques n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune décision judiciaire. Le rappeur a plusieurs concerts prévus ce mois-ci.


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