« C’est le sang des chiens et des porcs du Hamas » – un ex-chef de l’AP à Gaza dit avoir tué Mahmoud Ahmed al-Astal

Le ministère de l'Intérieur administré par le Hamas affirme que le lieutenant-colonel Mahmoud Ahmed al-Astal a été tué par des 'agents de l'occupation israélienne' près de Khan Younès

Maisons détruites, photographiées le 6 janvier 2026 dans la région de Hamad City, au nord de Khan Younès, dans la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib/FLASH90)

Lundi, une milice anti-Hamas a revendiqué l’assassinat d’un haut responsable de la police du Hamas dans le sud de Gaza.

Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, Hossam al-Astal, le chef d’un groupe anti-Hamas basé dans une zone sous contrôle israélien, à l’est de Khan Younès, a revendiqué l’assassinat du lieutenant-colonel Mahmoud Ahmed al-Astal. Le nom de famille que partagent les deux hommes, al-Astal, est courant dans cette partie de Gaza.

« Nous annonçons aujourd’hui l’assassinat du chef des enquêtes à Khan Younès », déclare le chef du groupe basé près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dans un message vidéo publié sur sa page Facebook.

Il menace de continuer à cibler les responsables du Hamas et montre des armes et des munitions qu’il présente comme le butin des combats de sa milice.

Pointant du doigt une légère tache rouge sur un fusil semi-automatique, il déclare : « C’est le sang des chiens et des porcs du Hamas. »

Cette vidéo a été diffusée quelques heures seulement après que le ministère de l’Intérieur du Hamas a annoncé que le policier en question avait été tué au cours d’une fusillade à Mawasi, non loin de Khan Younès, par des tirs provenant d’une voiture à bord de laquelle se trouvaient des « agents de l’occupation israélienne ».

Selon le Hamas, Mahmoud Ahmed al-Astal, 40 ans, était le chef des enquêtes policières de Khan Younès. Le ministère de l’Intérieur a affirmé, sans néanmoins fournir de preuves, qu’une première enquête indiquait que ses assassins, qui n’avaient pas été arrêtés, travaillaient pour le compte d’Israël.

« Les services de sécurité ont ouvert une enquête sur cet incident. Ils s’efforcent désormais d’appréhender les auteurs », a déclaré le ministère.


Un responsable de Tsahal a rapporté à Reuters que l’armée n’avait pas connaissance d’opérations dans cette zone.

Ce meurtre intervient un mois après que le Hamas a affirmé que des assassins soutenus par Israël avaient tué le lieutenant-colonel Ahmed Zamzam dans le camp de réfugiés de Mawasi, dans le centre de Gaza.

L’émergence de groupes armés anti-Hamas, bien qu’encore modestes et très localisés, fait peser une pression supplémentaire sur les islamistes et pourrait compliquer les efforts déployés pour stabiliser et unifier une bande de Gaza divisée, ravagée par deux années de guerre.

Ces groupes sont néanmoins peu appréciés de la population locale. Même s’ils démentent publiquement recevoir des ordres d’Israël, ils opèrent en effet dans des zones placées sous contrôle israélien. Le Hamas a exécuté publiquement plusieurs personnes qu’il accusait de collaboration.

Israël, aux termes du cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier, s’est retiré de près de la moitié de la bande de Gaza. Ses soldats continuent toutefois de contrôler l’autre moitié, en grande partie une terre désolée, où l’écrasante majorité des bâtiments ont été rasés.

La quasi-totalité des deux millions d’habitants de l’enclave côtière vivent désormais dans des zones contrôlées par le Hamas, où le groupe a réaffirmé son emprise. Les Gazaouis s’abritent principalement dans des tentes de fortune ou dans des bâtiments endommagés. Quatre sources du Hamas ont affirmé que le groupe terroriste continuait à commander des milliers de combattants, malgré les lourdes pertes subies durant la guerre.

Un enfant passe devant des déchets pour se diriger vers des tentes abritant des familles palestiniennes déplacées, installées sur un terrain vague à Gaza-City, le 11 janvier 2026. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Israël autorise les rivaux du Hamas à opérer dans les zones placées sous son contrôle. Le plan du président américain Donald Trump pour Gaza prévoit, dans ses phases ultérieures, la poursuite du retrait d’Israël et la passation du pouvoir du Hamas à une administration soutenue par la communauté internationale. Aucun progrès n’a toutefois été réalisé en ce sens à ce jour.

En juin dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu le soutien d’Israël aux groupes anti-Hamas, indiquant qu’Israël avait « activé » des clans, mais n’a depuis lors donné que peu d’informations.

Si le cessez-le-feu a permis de mettre un terme aux combats majeurs à Gaza au cours des trois derniers mois, les deux parties se sont mutuellement et régulièrement accusées de violations. Selon des chiffres fournis par le Hamas, plus de 440 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Au cours de la même période, ce sont trois soldats de l’armée israélienne qui ont perdu la vie dans l’enclave palestinienne.

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