Charlotte Gainsbourg choisie pour incarner Gisèle Halimi : le refus de son fils

Le choix de l'actrice pour incarner l’avocate féministe provoque la colère de Serge Halimi, qui estime que la comédienne trahit les combats politiques de sa mère, notamment son engagement en faveur des Palestiniens

L'actrice et chanteuse française Charlotte Gainsbourg assiste à la cérémonie d'ouverture de la « Maison Gainsbourg », la première institution culturelle dédiée à son père, le regretté artiste Serge Gainsbourg (1928-1991) dans son ancienne maison à Paris le 14 septembre 2023. (Photo par ALAIN JOCARD / AFP)

La mémoire de Gisèle Halimi continue de diviser. Alors qu’un film de Laurianne Escaffre et Yvo Mullerconsacré à l’avocate doit bientôt voir le jour, le casting de Charlotte Gainsbourg dans le rôle principal crée la controverse. Le long-métrage reviendra sur le procès de Bobigny, en 1972, épisode fondateur du combat pour le droit à l’avortement, où Halimi avait obtenu la relaxe d’une adolescente violée et poursuivie pour avoir interrompu sa grossesse. Mais pour Serge Halimi, fils de la militante et ancien directeur du Monde diplomatique, l’actrice n’est pas un bon choix.

Dans un texte publié par le média en ligne Blast, il dénonce un choix « incompréhensible », pointant une tribune signée par Gainsbourg dans Le Figaro en septembre dernier. L’actrice y appelait Emmanuel Macron à conditionner la reconnaissance d’un État palestinien à la libération des otages israéliens et au démantèlement du Hamas.

Une prise de position que Serge Halimi juge à l’opposé des engagements de sa mère. « Elle aurait lu cela avec dégoût », écrit-il, reprochant au texte de taire les exactions de l’armée israélienne. Pour lui, Charlotte Gainsbourg illustre ce qu’il appelle « le camp des avocats inconditionnels d’Israël ».

L’épisode met en lumière une facette moins connue de Gisèle Halimi : son soutien constant à la cause palestinienne. Dans les années 2000, elle participa au Tribunal Russell sur la Palestine et prit la défense de Marwan Barghouti, figure du Fatah toujours emprisonnée en Israël. En 2014, dans les colonnes de L’Humanité, elle dénonçait ce qu’elle appelait « le massacre d’un peuple aux mains nues ».

Ce n’est pas la première fois que Serge Halimi s’oppose à la manière dont la République honore sa mère. En 2023, il avait refusé d’assister à l’hommage national présidé par Emmanuel Macron, jugeant que Gisèle Halimi n’aurait pas accepté d’être célébrée en pleine bataille contre la réforme des retraites. Son frère Jean-Yves, au contraire, s’était réjoui de cette reconnaissance officielle.

Hormis le refus du fils de l’avocate, une pétition appelant à boycotter l’artiste avait déjà vu le jour la semaine dernière.


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