Chypre: Manifestation contre l’utilisation de bases britanniques dans les guerres à Gaza et au Yémen

La base d'Akrotiri a été un point de départ de vols britanniques et américains vers Israël, proche allié du Royaume-Uni et des Etats-Unis, à qui des équipements militaires auraient été livrés

Des manifestants se rassemblent devant les portes de la base de la Royal Air Force à Akrotiri, un territoire britannique d'outre-mer près de la ville côtière chypriote de Limassol, alors qu'ils protestent contre son utilisation présumée pour approvisionner la guerre d'Israël à Gaza, une accusation démentie par la Grande-Bretagne, le 14 janvier 2024. (Crédit : Iakovos Hatzistavrou / AFP)

Quelque 300 personnes ont manifesté dimanche dans le sud de Chypre contre l’implication des bases militaires britanniques de l’île méditerranéenne orientale dans les conflits à Gaza et au Yémen.

« Bases militaires britanniques, partez ! Chypre est un pont pour la paix et la collaboration des peuples », pouvait-on lire sur une affiche du Cyprus Peace Council (CPC) qui organisait la manifestation devant la base de la Royal Air Force (RAF) d’Akrotiri, un territoire britannique d’outre-mer depuis l’indépendance de Chypre en 1960.

« Nous ne pouvons pas accepter que, depuis Chypre, nous soyons impliqués dans des attaques contre des peuples et des pays voisins (…) Chypre doit avoir un statut neutre », a déclaré à l’AFP Tassos Costeas, 59 ans, président du CPC.

La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre après une attaque sans précédent du groupe terroriste islamiste palestinien sur le sol israélien depuis la bande de Gaza et qui a couté la vie à 1 140 personnes, essentiellement des civils, fait craindre un embrasement régional.

Selon un site d’information militant au Royaume-Uni, la base d’Akrotiri a été un point de départ de vols britanniques et américains vers Israël, proche allié du Royaume-Uni et des Etats-Unis, à qui des équipements militaires auraient été livrés.

M. Costeas a remis une lettre à l’administration de la base demandant la fin de l’implication de Chypre dans la guerre à Gaza, mais aussi la fin des bombardements au Yémen.

Des manifestants se rassemblent devant les portes de la base de la Royal Air Force à Akrotiri, un territoire britannique d’outre-mer près de la ville côtière chypriote de Limassol, alors qu’ils protestent contre son utilisation présumée pour approvisionner la guerre d’Israël à Gaza, une accusation démentie par la Grande-Bretagne, le 14 janvier 2024. (Crédit : Iakovos Hatzistavrou / AFP)

Quatre avions de combat Typhoon, basés à Chypre, ont participé à des frappes britannico-américaines menées cette semaine sur des sites des rebelles Houthis du Yémen, en riposte à des attaques contre des navires marchands en mer Rouge en soutien au Hamas.

« Nous condamnons la complicité » de la base d’Akrotiri dans la guerre à Gaza et au Yémen, « Nous ne voulons pas y participer en tant que Chypriotes. C’est scandaleux qu’ils utilisent nos terres pour soutenir ces atrocités », a fustigé Natalia Olivia, 37 ans, membre du groupe United For Palestine.

Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a assuré cette semaine « qu’aucun vol de la RAF vers Israël n’avait transporté de cargaison mortelle ».

Les forces britanniques soutiennent « l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza » et ont « livré 87 tonnes d’aide britannique et chypriote à l’Egypte pour la population de Gaza », a-t-il ajouté.

« Nous ne voulons pas que Chypre soit impliquée d’une manière ou d’une autre », a estimé de son côté Adonis Florides, un Chypriote de 65 ans, craignant que les opérations des bases britanniques ne fassent de Chypre « une cible ».

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