Cinéma : « Mata » explore les rouages du monde des espions
Mata est une agente de la DGSE en mission au Niger avec son partenaire Antoine pour participer à la libération d'ingénieurs d'Areva capturés par des rebelles
La réalisatrice Rachel Lang, qui connait intimement le milieu militaire par sa fonction d’officier de réserve, propose avec « Mata », en salles mercredi, un film d’espionnage au plus près du réel, où dominent le cloisonnement et le secret.
Mata (Eye Haïdara) est une agente de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) en mission au Niger avec son partenaire Antoine (Raphaël Personnaz) pour participer à la libération d’ingénieurs d’Areva capturés par des rebelles.
La mission déraille et Antoine disparait. Rentrée à Paris, Mata va faire son possible pour découvrir la vérité malgré sa mutation à la DGSI (Direction général de la sécurité intérieure).
Cette agente dévouée et habituée à obéir aux ordres va peu à peu lever le voile d’une histoire qui dépasse tout cadre officiel.
Pour se préparer à leurs rôles, les acteurs principaux dont Eye Haïdara ont participé à un stage organisé par un ex-agent de la DGSE. Pendant trois jours, ils ont été confrontés à « la fatigue, l’attente, la tension, l’observation aussi », décrit l’actrice lors d’une rencontre avec l’AFP.
« On est partis sur ce film avec des traces dans le corps qui sont liées à tout ce qu’on a vécu pendant ces trois jours », poursuit Eye Haïdara, maîtresse des cérémonies du 79e festival de Cannes qui s’est achevé samedi.
Les exercices et mises en situation ont amené Eye Haïdara à développer une forme de « paranoïa ». « Quand on est arrivés sur le plateau, on savait ce que Rachel cherchait physiquement et aussi psychologiquement d’un agent secret », se rappelle-t-elle.
« Il y a tellement de couleurs dans ce personnage, il y a tellement de dilemmes qu’elle traverse que, pour une actrice, c’est un grand challenge », avance Eye Haïdara, dont c’est le premier film d’espionnage.
L’actrice de 43 ans a aussi dû apprendre à piloter une moto et à tirer. « C’est le film qui m’a demandé le plus de préparation, que ce soit physique ou psychologique », explique-t-elle.
La comédienne dit aussi s’être inspirée pour ce rôle du film « Les Patriotes » (1994) d’Eric Rochant (créateur du « Bureau des Légendes »), sur un jeune juif français incarné par Yvan Attal et naviguant dans les arcanes du Mossad, les services de renseignement israéliens.