Colombie: Le président élu s’engage à coopérer avec Israël « comme jamais auparavant »
Soutenu par Trump, De la Espriella a affirmé qu'il mettra un terme aux politiques anti-israéliennes de Petro, dont le mandat touche à sa fin, et qu'il rapprochera Bogota de Washington et de Jérusalem ; Saar a félicité 'un véritable ami'
Le nouveau président élu de droite en Colombie, Abelardo de la Espriella, a indiqué mercredi que son pays et Israël entretiendraient des relations « comme jamais auparavant » dès son entrée en fonction.
De la Espriella a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle avec moins d’un point de pourcentage d’avance. Il s’est engagé à renforcer les liens de ce pays d’Amérique du Sud avec les États-Unis et Israël.
Les relations entre Bogota et Jérusalem s’étaient considérablement détériorées sous le tout premier gouvernement de gauche de l’histoire de la Colombie, qui était dirigé par le président Gustavo Petro, fervent détracteur de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, qu’il avait qualifiée de « génocide » — une accusation vigoureusement rejetée par Israël.
Petro avait rompu les relations diplomatiques entre les deux pays. Il avait mis un terme aux exportations de charbon et suspendu les achats d’armement à Israël — qui était auparavant l’un des principaux partenaires militaires de la Colombie.
La Colombie aura dépendu pendant longtemps d’Israël pour son matériel militaire – notamment en ce qui concerne les fusils d’assaut, le matériel de renseignement et même les avions de chasse.
De la Espriella a annoncé qu’il reviendrait sur ces décisions – l’un de ses principaux engagements de campagne avait été de « renouveler une alliance stratégique avec l’État d’Israël ». Il a fait savoir qu’il ouvrirait une ambassade à Jérusalem et qu’il « défendra les principes judéo-chrétiens qui constituent le fondement de la civilisation occidentale ».
« La Colombie va rétablir et renforcer ses relations avec l’État d’Israël comme jamais auparavant », a écrit l’homme, avocat de carrière et millionnaire, dans un message qui a été posté sur le réseau social X dans le sillage d’un entretien téléphonique avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.
Dans son propre message, Saar a évoqué « un véritable ami du peuple juif et de l’État d’Israël », et il a estimé que sa victoire « suscite l’espoir » et « ouvre la porte à un avenir meilleur ».
Surnommé « Le Tigre », De la Espriella possède la double nationalité colombienne et américaine. Il est partisan de Trump et il est membre du Parti républicain américain.
Il n’a jamais occupé de fonction publique auparavant. Il succèdera à Petro au mois d’août prochain.
La Colombie connaît actuellement ses pires violences depuis une décennie – et le président élu a remporté l’élection en promettant de réduire la taille de l’État, de mener une campagne de bombardements contre la myriade de groupes armés colombiens et de réexaminer l’implication de ce pays d’Amérique latine au sein d’organisations internationales, notamment les Nations unies.
Il souhaite construire dix méga-prisons où les détenus seront, semble-t-il, incarcérés sous terre, avec pour seule alimentation du pain et de l’eau.
Dans une interview accordée à l’AFP pendant la campagne électorale, il avait confié qu’il solliciterait le soutien des États-Unis et d’Israël pour mener des campagnes de bombardements contre les guérilleros.
Les experts consultés par l’AFP ont émis des doutes quant à la capacité de De la Espriella à tenir ses promesses.
L’homme s’apprête à prendre les rênes d’un pays profondément divisé, où la gauche politique — qui a remporté près de la moitié des voix dimanche — menace d’organiser des manifestations massives contre ses politiques, notamment contre sa promesse de rétablir les relations avec Israël.