Columbia renvoie des étudiants anti-israéliens pour la prise d’assaut d’un bâtiment, l’année dernière
D'autres militants ont été suspendus ; leurs diplômes ont aussi été révoqués ; cette annonce survient alors que l'administration Trump a âprement critiqué l'université
NEW YORK – L’université de Columbia, à New York, a annoncé jeudi qu’elle avait expulsé, suspendu ou révoqué les diplômes d’étudiants activistes qui, au printemps de l’année dernière, avaient pris d’assaut un bâtiment du campus lors de violentes manifestations anti-israéliennes.
Des sanctions qui interviennent alors que l’université est sous le choc après l’arrestation de Mahmoud Khalil, un activiste, par des agents fédéraux, et que l’administration Trump a privé Columbia de centaines de millions de dollars suite à des accusations d’antisémitisme.
Une commission de l’université a prononcé « des suspensions de plusieurs années, des révocations temporaires de diplômes et des renvois » qui sont venus sanctionner l’occupation du Hamilton Hall, a déclaré Columbia dans un communiqué. Aucun détail n’a été donné sur le nombre d’étudiants sanctionnés.
« Columbia s’engage à faire respecter les règles et les politiques de l’université et à améliorer nos procédures disciplinaires », a continué le communiqué.
La coalition des groupes anti-israéliens du campus, Columbia University Apartheid Divest, a affirmé que 22 étudiants avaient été sanctionnés. Le groupe a fait savoir, sur les réseaux sociaux, que neuf étudiants de Columbia et de sa branche du Barnard College avaient été expulsés.
Un syndicat représentant les étudiants travailleurs a déclaré que son président, Grant Miner, avait été renvoyé.
Les responsables des groupes juifs du campus, qui critiquaient depuis longtemps l’université de Columbia pour ce qu’ils considéraient comme un trop grand laxisme dans l’application des règlements et de la discipline sur le campus, ont applaudi l’annonce de jeudi.
Brian Cohen, le directeur du Kraft Center for Jewish Life de l’université, a déclaré sur X : « Cette décision est un premier pas important dans la réparation des torts qui ont été causés au cours des dix-huit derniers mois ».
Lors de la manifestation, l’année dernière, des étudiants avaient occupé un bâtiment du campus, le Hamilton Hall, refusant obstinément de le quitter. L’administration de l’université avait appelé la police pour faire évacuer le bâtiment, entraînant des dizaines d’arrestations. La majorité des accusations ont toutefois été depuis abandonnées.
Les étudiants et les professeurs juifs et israéliens n’avaient cessé de dire que ces mouvements de protestation comprenaient de véritables actes de harcèlement antisémite, créant une atmosphère hostile à leur encontre sur le campus.
Les républicains du Congrès avaient critiqué l’université qui, selon eux, ne parvenaient pas à sanctionner un plus grand nombre d’étudiants manifestants. Ils ont par ailleurs exigé, le mois dernier, que Columbia leur remette tous les dossiers disciplinaires liés aux activités antisionistes au sein de l’université.
Jeudi, Khalil et sept autres plaignants ont intenté une action en justice visant à empêcher les enquêteurs du Congrès d’obtenir ces dossiers.
La semaine dernière, l’administration Trump a réduit de 400 millions de dollars le financement versé à Columbia en raison de cette problématique d’antisémitisme et il a menacé de réduire encore ce financement de plusieurs milliards de dollars. Un groupe de travail fédéral sur l’antisémitisme doit également se rendre à l’université et dans neuf autres établissements aux États-Unis.
Khalil, originaire de Syrie, est titulaire d’une carte verte et il a été récemment diplômé. Il était l’un des leaders de l’organisation Apartheid Divest de l’université de Columbia et il a été arrêté samedi devant son domicile, à New York.
La Maison Blanche a annoncé que Khalil avait distribué de la propagande pro-Hamas. Quelques jours avant son arrestation, il avait participé à une manifestation à Barnard où des militants distribuaient du matériel du groupe terroriste. Les lois fédérales sur l’immigration interdisent aux non-citoyens de soutenir des groupes terroristes.
Les partisans de Khalil affirment qu’il est persécuté pour son activisme, en violation de la protection sacrée de la liberté d’expression.
Cette mise en détention a déclenché une réaction furieuse et des manifestations quotidiennes à New York.
Mercredi, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal fédéral de Manhattan où les avocats de Khalil contestaient son placement en détention. Jeudi, des juifs antisionistes ont pris d’assaut la Trump Tower pour exiger la libération de Khalil.
Des dizaines de groupes d’activistes musulmans et anti-israéliens ont annoncé une manifestation vendredi devant les portes de Columbia.