« Comme des lions prêts à tuer » : les héros du vol Flydubai décrivent leur instinct de survie

Des témoins reviennent sur l'assaut héroïque dans le cockpit pour neutraliser le copilote terroriste et sauver l'appareil

Des passagers descendent d'un avion de la compagnie flydubai transportant des voyageurs israéliens, qui se trouvaient auparavant à bord d'un autre vol victime d'une tentative d'attentat terroriste, à l'aéroport Ben Gurion, le 30 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Des courageux passagers qui ont permis de sauver le vol Flydubai 1073 ont raconté leur calvaire à CBS.

Daniel Schlichter a ainsi expliqué que les 30 à 40 secondes pendant lesquelles l’avion a brutalement piqué du nez avaient sans doute été « la minute la plus longue de [s]a vie ».

« La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est le 11-Septembre. Et je me suis dit : ‘Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas possible de finir notre vie ainsi ?’ On voit toute sa vie défiler et on pense à ce qui est important. J’ai pris la main de ma femme en lui disant : ‘Si nous devons partir, nous partirons.’ »

Les deux hommes ont par ailleurs évoqué la pulsion animale de survie qui a pris le dessus lorsqu’ils ont été confrontés à l’éventualité de la mort, et lors de leur affrontement avec le copilote terroriste qui avait poignardé le commandant de bord et tentait de faire s’écraser l’appareil.

« J’ai vu ma fille et ma femme, et j’ai compris que je devais courir. Je me suis retourné, je suis passé en mode animal, et je me suis vraiment senti comme un animal… J’ai décidé que nous allions survivre, tenter de survivre, pour sauver ma famille », raconte Manes.

Et Tal Samuel d’ajouter : « Toutes ces personnes, au quotidien, sont des personnes extrêmement polies et respectables. Mais face à une pareille situation, il n’y a plus ni financier ni assureur. On est tout autre chose. Comme des lions prêts à tuer. »

Manes a évoqué sa lutte avec le copilote terroriste. « Je lui ai sauté dessus et donné des coups de poing », dit-il. « Il a essayé de résister : nous ne savions pas s’il avait un couteau. »

À ce moment-là, le commandant de bord Smit Machchhar était très grièvement blessé, car poignardé à plusieurs reprises par le copilote, mais il avait réussi à ouvrir la porte du cockpit pour que les passagers puissent entrer.

« Nous avons crié pour savoir s’il y avait un médecin à bord », poursuit Manes.

Le dentiste Shota Musaev confie à CBS avoir dit à sa femme : « ‘Il faut que j’y aille’, puis ‘Je t’aime’. C’est tout. »

En examinant Machchhar, il a estimé que le pronostic vital était engagé.

« Nous n’avions plus beaucoup de temps », a-t-il expliqué à la chaîne. « J’ai tout vérifié avant de dire au steward : ‘Nous n’avons plus le temps – posez l’avion’ », se remémore-t-il.

Musaev estime que les passagers et l’équipage forment désormais « une très grande famille ».

« Si [le commandant] n’avait pas été aussi intelligent et héroïque, nous ne serions plus en vie. Et si nous n’avions pas été des héros, il ne serait plus en vie non plus. »

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