Opinion

Comment inverser la vague montante d’inhumanité meurtrière

En plus de renforcer les efforts visant à déjouer les prochaines attaques, il faut lancer une initiative mondiale ancrant, dès l'enfance, le caractère sacré de la vie et sanctionner sévèrement ceux qui incitent au meurtre - ou qui le rendent possible

Viser ce Juif. Ouvrir le feu. Tuer et recharger l’arme. Viser ce Juif. Ouvrir le feu. Tuer et recharger l’arme…

Des gestes d’une efficacité frappante, horrible. Sur un pont de Bondi Beach, un homme vêtu de noir, son père et partenaire dans l’horreur à ses côtés, abattant des hommes, des femmes et des enfants sans défense. Il est impitoyable. Concentré. Il est totalement indifférent à l’inhumanité dont il est en train de faire preuve.

Une foule s’était rassemblée, la joie au cœur, désireuse de répandre la lumière de Hanoukka en signe de reconnaissance pour le don divin de la vie.

Des gens ont été assassinés par un messager des ténèbres.

S’il avait pu le faire, il les aurait tous tués. Tout comme l’auraient fait les terroristes du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023.

Le prophète Mahomet aurait déclaré, des paroles qui figurent dans la charte du Hamas : « Le Jour du Jugement ne viendra pas tant que les musulmans n’auront pas combattu les Juifs, qui se cacheront derrière des pierres et des arbres. Les pierres et les arbres diront : ‘Ô musulman, ô serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens le tuer’.

Viser ce Juif. Ouvrir le feu. Tuer et recharger l’arme.

Comment y mettre un terme ?

Comment inverser la vague montante d’inhumanité meurtrière, les efforts qui ont été déployés, au cours de ces 26 derniers mois, pour détruire non seulement l’État juif — comme le Hamas l’avait prévu le 7 octobre, et comme il le prévoit très certainement encore — mais aussi le peuple juif ?

Des efforts qui visent à nous diaboliser, à inciter à la haine à notre encontre et à nous déshumaniser. Pour ensuite nous tuer.

Pour nous tuer dans nos lits, dans notre patrie. Dans nos lieux de culte. Quand nous nous réunissons à l’intérieur d’un bâtiment, dans une sécurité apparente.

Pour nous tuer – comme cela a été le cas à Sydney dans la journée de dimanche – lorsque nous osons sortir et nous rassembler en public, à l’air libre.

Comment y mettre un terme ?

En offrant une protection résolue à la vie, à la défense et à la propagation de l’humanité fondamentale, face à l’ensemble du processus qui a amené, à terme, ce tueur à se positionner sur ce pont. Face à ce processus qui a commencé le jour de la naissance de cet homme, et qui s’est interrompu le jour du massacre.

Et qu’est-ce que cela implique concrètement ? Une initiative mondiale, qui serait menée à bien par les leaders qui, dans tous les pays du monde, accordent véritablement de la valeur à la vie.

Cela nécessite la défense et l’ancrage sans relâche des valeurs de l’Humanité, et ce dès la prime enfance. En exigeant la tolérance et le respect de l’autre dans le cadre de l’éducation, avec ce leadership spirituel des nations qui se disent attachées aux valeurs humaines et civilisées. Et cela nécessite de faire de cette tolérance et de ce respect — une valeur juive authentique fondamentale, largement pratiquée au-delà du judaïsme mais aussi largement négligée par ailleurs — une condition préalable aux interactions avec les pays qui enseignent et qui prêchent la haine.

Cela nécessite de prévenir les incitations au meurtre – de la part des politiciens, des militants, des médias et des représentants des géants des réseaux sociaux – et la poursuite des contrevenants.

Cela nécessite également de bien comprendre le fait que le droit déterminant à la liberté d’expression a également des limites et qu’il ne saurait être utilisé de manière abusive pour attiser les haines – et, de manière ultime et quasiment inévitable, pour inciter au meurtre. La liberté d’expression est précieuse – elle est au cœur des sociétés dans lesquelles nous voulons vivre. En Israël, nous devons actuellement faire face à un gouvernement qui cherche à faire taire ses détracteurs, et nous ne sommes pas les seuls. Il est plus facile de parler du besoin impérieux de tracer la frontière fragile entre protestation légitime et incitation au meurtre que de le mettre en œuvre – mais c’est toutefois faisable.

Cela nécessite une application beaucoup plus efficace de la loi de manière à empêcher l’exportation de l’extrémisme meurtrier, ce qui inclut clairement un renforcement urgent du contrôle des émigrants en provenance de ces pays qui enseignent à tuer.

En plus d’un renforcement de la sécurité qui s’avère aujourd’hui être indispensable – compte-tenu des échecs qui ont été enregistrés jusqu’à présent – cela nécessite une lutte déterminée, acharnée, qui visera à empêcher que des armes meurtrières ne tombent entre les mains de ceux qui pourraient être tentés les utiliser.

Un nouveau départ mondial

Tout président des États-Unis serait particulièrement bien positionné pour prendre la tête de cet effort mondial. Le président actuel dit, de surcroît, être philosémite et partisan d’Israël, et il affirme que l’objectif principal qu’il poursuit dans le cadre de son second mandat est de mettre un terme aux guerres.

Croyez-vous véritablement, comme l’a dit le président Donald Trump il y a deux mois, que le Hamas est « prêt pour une paix durable » ?… Alors exigez non seulement son désarmement, mais aussi son retrait total de tout rôle dans la direction des Palestiniens. Demandez-lui de renoncer publiquement à la violence et de répudier la charte qui avait été écrite en 1988.

Vous considérez le Qatar comme un grand allié américain ?… Alors dites clairement que tout partenariat continu avec l’émirat du Golfe dépendra de la fermeture ou de la réforme d’Al Jazeera, cette machine qui incite à la haine et qui empoisonne les esprits à travers le Moyen-Orient et au-delà.

Vous accordez de la valeur à l’amitié avec le président turc Recep Tayyip Erdogan ?… Alors indiquez clairement que les États-Unis ne le soutiendront pas – et qu’ils ne lui vendront aucun avion de combat sophistiqué – à moins qu’il ne rompe ses relations avec le Hamas et qu’il cesse d’inciter à la haine contre Israël.

Sur le plan intérieur, les États-Unis et leurs partenaires du monde libre doivent renoncer à leur tolérance irresponsable à l’égard des appels à la destruction d’Israël, à l’égard de la diabolisation des Juifs, de la diabolisation de ces sionistes qui sont actuellement qualifiés de « terroristes » – autant de choses qui sont aujourd’hui tolérées, voire protégées, partout, qu’il s’agisse des manifestations organisées dans les grandes villes ou des rassemblements hostiles qui se tiennent devant les synagogues, en passant par les pancartes et banderoles qui sont brandies à l’intérieur comme à l’extérieur des événements sportifs ou pendant les concerts, devant un public admiratif et conquis. Ces nations doivent aussi prévenir les encouragements délibérés au meurtre.

Et dans le cas d’Israël, la patrie de la nation juive qui a l’obligation cruciale d’aider à protéger les Juifs partout dans le monde, cela nécessite également de mettre en œuvre des politiques et des actions claires au niveau national dans la défense des valeurs humanistes et humanitaires. Israël doit montrer l’exemple.

Tous les efforts doivent être déployés, et ce en permanence, de manière à minimiser les pertes de vies humaines parmi les non-combattants à Gaza. Il ne peut plus y avoir de politiques dévoyées, comme celles qui avaient empêché l’aide humanitaire d’arriver jusqu’à Gaza pendant onze semaines, entre le mois de mars et le mois de mai. Il ne doit y avoir aucune tolérance pour l’extrémisme juif violent qui prend pour cible les civils palestiniens en Cisjordanie, un extrémisme auquel Israël ne parvient pas à faire face.

Et après des décennies de négligence, Israël doit investir des ressources – et des cerveaux – dans la diplomatie publique internationale. Ne serait-ce que pour au moins essayer d’expliquer qu’à Gaza, l’État juif a mené une guerre contre ceux qui ont déclaré vouloir le détruire. Que la guerre a été lancée à l’encontre d’un gouvernement terroriste qui avait envahi le pays et qui avait massacré des Juifs il y a 800 jours, un gouvernement terroriste qui s’était ensuite fondu dans un vaste champ de bataille urbain qu’il avait lui-même édifié, à Gaza, pour pouvoir continuer à tuer des Juifs – plaçant cyniquement la population qu’il prétendait défendre dans la ligne de mire et exécutant ceux qui osaient s’opposer à lui.

La guerre à Gaza n’aurait jamais commencé si le Hamas n’avait pas envahi le territoire. C’est une vérité simple et qui est oubliée très commodément. Israël s’était complètement retiré du territoire et voulait croire qu’il n’aurait jamais à y retourner. Et la guerre aurait pris fin depuis longtemps, avec beaucoup moins de pertes humaines, si l’opprobre, à l’international, s’était concentré sur la privation de légitimité, de soutien public, d’armement et de financement du gouvernement terroriste génocidaire du Hamas.

Au lieu de cela, les antisémites qui cherchent obsessionnellement à détruire le seul État à majorité juive au monde ont galvanisé des efforts qui dans le monde entier, ont visé à priver Israël du droit et des moyens de se défendre.

Comme beaucoup d’autres l’ont fait remarquer ces dernières heures, le massacre de dimanche à Bondi Beach a été la concrétisation de toutes ces exigences scandaleusement avancées et tolérées visant à « mondialiser l’Intifada ».

Peut-être cela fera-t-il réfléchir certains de ces idiots utiles qui ont participé à des manifestations appelant à la destruction d’Israël, à la mort de l’armée israélienne et, de temps à autre, y compris à Sydney, à ce que les Juifs soient gazés.

Mais cela ne changera pas l’attitude des véritables haineux.

Et cela ne dissuadera pas ceux qui, après avoir été endoctrinés toute leur vie, ont perdu tout respect pour le caractère sacré de la vie. Ceux qui pourraient recourir au meurtre. Ceux qui nous tueraient tous s’ils le pouvaient.

Seule une action mondiale concertée, corrective et préventive, une action accompagnant tout le cheminement de la vie, depuis les premiers pas jusqu’à ce moment terrible où l’être humain doit faire rationnellement prendre la décision d’utiliser ou non une arme meurtrière, pourra commencer à amorcer le changement.

Viser ce Juif. Ouvrir le feu. Tuer et recharger l’arme. Viser ce Juif. Ouvrir le feu. Tuer et recharger l’arme…

Et cela ne s’arrêtera pas aux Juifs.

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