« Conseil de Paix » : Paris demande des comptes à une commissaire européenne
Le ministère norvégien des Affaires étrangères a annoncé que le pays prévoit d'accueillir, au printemps, une réunion du Comité de liaison ad hoc pour l'aide aux Palestiniens ; Oslo n'intégrera pas pour autant le Conseil créé par Donald Trump
La France estime que la commissaire européenne chargée de la Méditerranée devra s’expliquer sur sa présence à la première réunion du « Conseil de Paix » de Donald Trump, considérant qu’elle n’a « pas de mandat du Conseil » de l’UE pour y participer, selon un porte-parole officiel.
Cette commissaire, Dubravka Suica, s’est rendue à Washington jeudi pour l’événement, sans pour autant que l’UE adhère au « Conseil de Paix » du président américain.
« S’agissant […] de sa participation, nous sommes surpris car elle n’a pas de mandat du Conseil pour se rendre et pour participer à cette réunion du ‘Board of Peace' », a souligné Pascal Confavreux, le porte-parole du ministre français des Affaires étrangères, au cours d’une conférence de presse.
« Elle devra s’en expliquer à son retour », a-t-il prévenu.
La Commission européenne a décidé d’envoyer à la réunion inaugurale du « Conseil de Paix » Mme Suica, précisant que cette dernière n’y prendrait part que « pour la partie spécifique consacrée à Gaza » et que la Commission européenne ne devenait pas pour autant membre de cette organe.
Ce déplacement a été accueilli très fraîchement par la France, soutenue par l’Espagne, la Belgique ou l’Irlande, mercredi au cours d’une rencontre d’ambassadeurs à Bruxelles, selon des diplomates européens.
À l’inverse, deux États européens ont prévu de siéger dans cette instance : la Hongrie de Viktor Orban, un allié revendiqué de Trump, et la Bulgarie.
Jeudi, Pascal Confavreux a défendu la position de la France de ne pas participer pour le moment à ce conseil.
« Le Board of Peace doit se centrer sur la situation à Gaza », a-t-il dit.
« Tant qu’il existe une ambiguïté sur son périmètre, la France ne peut pas y participer tout simplement. »
« Le problème au fond, c’est que la situation humanitaire reste dramatique, que les entraves à l’entrée de l’aide à Gaza sont encore très fortes, que le processus politique n’avance pas ou peu en dépit de nos initiatives et de nos efforts et que la colonisation israélienne se poursuit en Cisjordanie en violation totale du droit international », a-t-il également commenté.
Le « Conseil de Paix » a été imaginé pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza mais sa charte lui assigne un objectif beaucoup plus large, celui du règlement des conflits armés dans le monde.
Par ailleurs, le ministère norvégien des Affaires étrangères a annoncé, dans la journée, que le pays prévoyait d’accueillir, au printemps, une réunion du Comité de liaison ad hoc (AHCL) pour l’aide aux Palestiniens – précisant qu’Oslo n’allait pas pour autant intégrer le Conseil mis en place par Trump.
Le président américain a annoncé, à l’occasion de la réunion inaugurale de l’instance, que sept milliards de dollars avaient été collectés pour un fonds de reconstruction de Gaza et que la Norvège avait accepté « d’accueillir un événement rassemblant le Conseil de Paix ».
Cela fait des décennies que la Norvège gère le Comité de liaison ad-hoc, qui avait été créé dans le sillage des Accords d’Oslo de 1993-1995 qui avaient visé à mettre un terme au conflit entre Israël et les Palestiniens – même si la paix dans la région reste encore difficile à atteindre.
« Les États-Unis, avec l’Union européenne, sont les vice-présidents de ce groupe… Nous sommes en contact avec les États-Unis pour déterminer de quelle manière nous pouvons également discuter du plan de Paix pour Gaza », a fait savoir un porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères.
« La Norvège a clairement fait savoir qu’elle ne deviendrait pas membre du Conseil de Paix et ce positionnement reste ferme », a-t-il ajouté.
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