Coran brûlé : Des manifestants pénètrent dans l’ambassade de Suède à Bagdad

Les protestataires, quelques dizaines, sont restés un peu dans la représentation diplomatique suédoise et en sont ressortis dans le calme à l'arrivée des forces de l'ordre

Des partisans du dirigeant musulman chiite Moqtada Sadr brûlant un drapeau LGBT devant l'ambassade de Suède à Bagdad, après qu'un Irakien vivant en Suède a brûlé un Coran, le 29 juin 2023. (Crédit : Ahmad al-Rubaye/AFP)

Des partisans du leader chiite irakien Moqtada Sadr sont parvenus jeudi à pénétrer brièvement à l’intérieur de l’ambassade de Suède à Bagdad en signe de protestation après qu’un Irakien a brûlé des pages d’un exemplaire du Coran à Stockholm, a constaté un photographe de l’AFP.

Les protestataires, quelques dizaines, sont restés environ un quart d’heure dans la représentation diplomatique suédoise et en sont ressortis dans le calme à l’arrivée des forces de l’ordre, selon ce photographe.

Le ministère suédois des Affaires étrangères a dit dans un communiqué être « informé de la situation. Le personnel de notre ambassade est en sécurité ».

En soirée, le ministère des Affaires étrangères irakien a annoncé avoir convoqué l’ambassadrice de Suède à Bagdad Jessica Svärdström pour « l’informer de la vive protestation » de l’Irak concernant l’autorisation donnée par son pays à des « extrémistes » de brûler le Coran, et pour « réclamer au gouvernement suédois les mesures nécessaires pour faire cesser les atteintes répétées au Noble Coran ».

Les manifestants ayant envahi l’ambassade dans l’après-midi faisaient partie d’un cortège convoqué par Moqtada Sadr, chef religieux musulman chiite aussi imprévisible que révéré par des dizaines de milliers d’Irakiens.

Moqtada Sadr, mais aussi le gouvernement irakien – dont il ne fait pas partie – ont vivement condamné l’action de Salwan Momika, un Irakien réfugié en Suède qui, mercredi, a brûlé quelques pages d’un exemplaire du Coran devant la plus grande mosquée de Stockholm, lors d’un rassemblement autorisé par les autorités suédoises.

Au cours de la manifestation devant l’ambassade à Bagdad, certains protestataires brandissaient des tracts sur lesquels était écrit : « Notre Constitution est le Coran. Notre leader Al-Sadr », en anglais et en arabe.

Ils ont également brûlé des drapeaux arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBTQ+, répondant en cela à l’appel de Moqtada Sadr qui y a vu dans un Tweet « la meilleure manière de provoquer » ceux qui soutiennent ou défendent le fait de brûler le Coran.

Sur le portail de l’ambassade du royaume scandinave, ils ont également écrit à la bombe de peinture : « Oui, oui au Coran. »

Disant à l’AFP « soutenir le Noble Coran », Hussein Ali Zeidan, un travailleur journalier de 32 ans, a aussi réclamé que la nationalité irakienne soit retirée à Salwan Momika, « car il ne représente pas l’Irak ».

De nombreux autres pays musulmans ont dénoncé une « incitation à la haine » et une « provocation ».

Le type d’actes auquel s’est livré Salwan Momika à Stockholm a déjà eu lieu en Suède ou dans d’autres pays d’Europe, parfois à l’initiative de mouvements d’extrême droite. Ils ont entraîné dans le passé des manifestations et des tensions diplomatiques.

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