Crues au Népal : Un 2e Israélien porté disparu – ministère des Affaires étrangères
Aucun détail n'a été fourni, si ce n’est qu’il s’agit d’une femme ; aucune nouvelle n'a pour l'instant été communiquée concernant le sexagénaire dont la disparition a été confirmée la semaine dernière
Un deuxième Israélien a été porté disparu au Népal, six jours après que des inondations dévastatrices ont ravagé la région frontalière entre le Népal et la Chine, a annoncé le ministère des Affaires étrangères lundi.
Le ministère n’a fourni aucun détail supplémentaire concernant l’Israélienne portée disparue, se contentant d’indiquer que « le consul d’Israël à Katmandou et le département du ministère des Affaires étrangères chargé des Israéliens en détresse à l’étranger sont en contact permanent avec sa famille et collaborent avec les autorités et les responsables locaux pour tenter de la localiser ».
Aucune nouvelle n’a pour l’instant été communiquée concernant l’autre Israélien, un homme de 60 ans, dont la disparition a été confirmée la semaine dernière, a indiqué le ministère au Times of Israel.
Les jours passent et l’ampleur de la catastrophe se précise à mesure que les secours progressent lentement : le bilan de la crue qui a dévasté le Népal et la Chine mercredi s’est encore aggravé lundi pour s’établir à plus de 900 morts et 4 700 disparus.
« Notre pays est confronté à un désastre naturel d’une ampleur inimaginable et déchirant », a déclaré le Premier ministre népalais Balendra Shah, « mais nous avançons avec détermination pour protéger la vie des citoyens ».
Dans des conditions périlleuses et sous la menace permanente d’une nouvelle montée des eaux, les sauveteurs redoublent d’efforts pour tenter d’arracher d’éventuels survivants à la mer de boue qui a enseveli cette région isolée de l’Himalaya.
La police népalaise a raconté l’histoire du sauvetage miraculeux d’une fillette de 6 ans, vendredi. « Nous l’avons retrouvée sous les décombres […] seule sa tête émergeait », a déclaré à l’AFP l’un de ses officiers, Bahadur Karki.
« Elle est aujourd’hui hors de danger et se remet dans un hôpital, entourée de sa famille. »
Malgré leurs efforts, les autorités népalaises n’étaient toujours pas parvenues lundi à entrer en contact avec une centaine d’ouvriers qu’elles pensent prisonniers d’un tunnel sur un chantier de la région sinistrée.
« Les opérations de secours et de recherche continuent sur le site de Trishuli-3 », a rapporté l’armée népalaise dans son dernier point de situation. Les sauveteurs continuent d’évacuer l’eau et les débris du tunnel à l’aide d’explosifs et d’engins d’excavation.
D’autres opérations sont en cours dans des tunnels de la même vallée, sur des sites de centrales hydroélectriques ou de construction de barrages. Elles ont permis de retrouver les corps de trois victimes, selon l’armée.
« Comme un tsunami »
Plusieurs dizaines de militaires, de policiers et de guides népalais sont à l’œuvre jour et nuit sur ces sites difficiles d’accès, assistés de spécialistes venus d’Inde, de Chine et de Corée du Sud.
Hospitalisé à Katmandou, la capitale, Shibu Giri, un employé de la centrale hydroélectrique Upper Trishuli âgé de 44 ans, a décrit lundi à l’AFP comment il a miraculeusement échappé à la vague qui a tout submergé.
« C’était comme un tsunami, avec un bruit énorme et un énorme nuage de poussière », a-t-il indiqué.
« Nous nous sommes enfuis sur les hauteurs […] On ne voyait plus rien, j’ai vraiment cru que je ne m’en sortirais pas. »
Côté chinois, les secouristes explorent le cœur de la zone sinistrée au Tibet avec les mêmes difficultés, notamment le poste-frontière de Gyirong dont le bâtiment a été entièrement effacé par les eaux.
Experts et scientifiques attribuent la crue dévastatrice de mercredi à l’effondrement d’un énorme glacier, qui a transformé une paisible rivière en un fleuve en furie.
Selon les derniers bilans officiels encore très provisoires, un total de 919 corps ont été exhumés, dont 903 côté népalais et 16 sur le versant tibétain.
Les rotations incessantes des hélicoptères et les patrouilles des sauveteurs ont permis d’évacuer des milliers de victimes, mais les autorités des deux pays restent sans nouvelles de près de 5 000 personnes, dont 4 247 au Népal et 546 en Chine.
Parmi elles figurent des centaines d’étrangers, touristes, pèlerins ou ouvriers.
« Désastre en cours »
Six jours après la catastrophe, les familles des disparus continuent de se presser dans les hôpitaux et morgues de tout le Népal, à la recherche d’informations sur leurs proches.
C’est notamment le cas à Bharatpur, dans le sud du Népal, où la puissance des flots a déposé quelque 250 cadavres à plus d’une centaine de kilomètres en aval de la zone sinistrée. Dans un bâtiment, les proches sont invités à tenter de les identifier sur des images vidéo.
Un travail long et difficile mené sous la pression du temps. Alors que la morgue de Bharatpur déborde de dépouilles, les autorités ont commencé dimanche à en enterrer certaines sans attendre l’identification des corps, pour des raisons sanitaires.
Ces inhumations ont lieu après prélèvement d’un échantillon ADN, ont précisé les autorités, et à titre provisoire pour les victimes de confession hindoue. Leurs familles pourront ensuite, après identification formelle, les exhumer et les incinérer comme le veut la tradition.
« De nombreux corps ont été récupérés et ils ont commencé à se décomposer », a justifié Amrit Bahadur Rai, un responsable du ministère des Affaires étrangères.
Aucune évaluation précise des dommages n’a encore été réalisée, mais le gouvernement du Népal, confronté à sa catastrophe la plus meurtrière depuis le tremblement de terre de 2015, a déjà avancé que les dégâts se chiffrent probablement en « milliards de dollars ».
« C’est un désastre en cours », a résumé pour l’AFP Abiodun Banire, de l’antenne népalaise du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF)