Cyber : une startup israélienne lève 113 M$ pour sécuriser les agents IA
La solution technologique d'Onyx Security permet de contrôler et sécuriser les IA autonomes auxquelles les entreprises déléguent de plus en plus leurs opérations
Ce jeudi , la startup israélienne de cybersécurité Onyx Security a annoncé la levée de 113 millions de dollars pour développer une plateforme permettant aux humains de garder le contrôle, au moment où des systèmes autonomes et des agents d’intelligence artificielle très perfectionnés se multiplient dans le cadre professionnel.
Quatre mois plus tôt, Onyx s’était déjà fait connaitre en levant 40 millions de dollars. Cette nouvelle levée de fonds, qui valorise la jeune pousse à près de 640 millions de dollars, a été menée par Bessemer Venture Partners. D’autres investisseurs, dont Cyberstarts, TCV, Conviction, FirstMark, Vintage Investment Partners, QuantumLight et G Squared y ont également participé. À ce jour, la startup a levé un total de 153 millions de dollars.
Onyx a été créée en 2024 par Maxim Bar Kogan, ancien officier de l’Unité de renseignement militaire cyber israélienne 8200 et ex-vice-président produit et ingénierie chez Mixtiles, et Gil Elbaz, ex-architecte IA chez le géant américain des puces Nvidia et développeur d’algorithmes au sein de l’unité technologique opérationnelle de l’armée de l’air israélienne.
Bar Kogan et Elbaz racontent s’être associés pour développer une plateforme capable de sécuriser et réguler les agents IA, au moment où l’adoption des systèmes d’IA avancés s’accélère à un rythme que les systèmes de sécurité d’entreprise traditionnels ne parviennent pas à suivre.
« En 2025, moins de 1 % de l’ensemble des actions étaient exécutées par des agents IA », explique Bar Kogan, PDG d’Onyx. « D’ici un an, la majorité des actions au sein des entreprises le seront. Et peu après, des entreprises entières fonctionneront de manière autonome via des agents d’IA, en prenant les décisions autrefois réservées aux humains, par exemple en matière d’allocation des capitaux, de réseaux d’énergie, de soins aux patients ou de chaînes d’approvisionnement. »
« Ce qui pose une question fondamentale : comment les organisations peuvent-elles s’assurer que chaque action soit légitime ? », poursuit Bar Kogan.
D’ici fin 2026, le déploiement des agents IA devrait se poursuivre en milieu professionnel jusqu’à atteindre près de 40 %, selon un rapport du cabinet Gartner. Cette transition rapide vers l’IA agentique et l’adoption d’assistants autonomes ayant accès à des systèmes critiques, exécutant des tâches, manipulant des données et prenant des décisions avec une intervention humaine ou une supervision informatique restreinte, engendre de nouveaux risques opérationnels qui sont autant d’opportunités pour de nouvelles startups du domaine de la sécurité.
En s’appuyant sur ses propres modèles d’IA, Onyx développe ce qu’elle nomme une plateforme de contrôle d’IA. Conçue pour offrir aux entreprises une visibilité sur chaque agent IA déployé, elle permet de définir les règles d’action de ces assistants autonomes et de les appliquer en temps réel. L’agent superviseur de la plateforme identifie les actions risquées ou malveillantes et décide instantanément de les valider, de les réorienter ou de les bloquer, en ne sollicitant l’humain qu’en cas de besoin, précise la startup.
« Les secteurs qui portent la responsabilité des infrastructures critiques en ont besoin en priorité, à savoir les secteurs de l’énergie, des services financiers, de la santé », poursuit Bar Kogan. « Ce sont des domaines dans lesquels un agent qui prend la mauvaise décision en temps réel ne va pas donner lieu qu’à un entrefilet ans la presse ; il va entraîner une panne majeure, un incident de marché ou une mise en danger de vies humaines. »
Onyx se positionne sur le marché de la sécurité de l’IA agentique, qui devrait passer de 1,65 milliard de dollars en 2026 à 13,52 milliards de dollars d’ici 2032, d’après le cabinet de recherche MarketsandMarkets.
« Au moment où les agents IA font désormais partie intégrante des flux de travail stratégiques des entreprises, les organisations doivent avoir la certitude que ces systèmes fonctionnent en toute sécurité, de manière constante et conformément aux politiques internes », explique Hila Zigman, associée gérante chez Cyberstarts.
« Nous pensons que cela va devenir l’une des catégories de cybersécurité les plus importantes, ces dix prochaines années. »
Onyx a fait savoir que les fonds récemment levés serviraient à entraîner la prochaine génération de ses modèles propriétaires et favoriser son développement commercial, en même temps que sa présence aux États-Unis et sur d’autres marchés étrangers.
La startup emploie plus de 80 personnes réparties entre Israël, les États-Unis et le Canada, et travaille avec plusieurs entreprises du Fortune 500. En juin dernier, le géant de l’IA Anthropic a annoncé l’intégration de la technologie d’Onyx pour aider les entreprises à adopter l’IA en toute sécurité.
La jeune pousse affirme que sa solution technologique sécurise désormais, via ses clients, plus d’1,1 million d’agents.