Dan Shapiro, ambassadeur de l’ère Obama, pas invité à l’ouverture de l’ambassade
L'envoyé, qui vit toujours en Israël, dit avoir 'de bonnes relations' avec son successeur David Friedman, qu'il a vu au dîner du ministère des Affaires étrangères
Daniel Shapiro, ambassadeur des États-Unis en Israël de l’administration Obama n’a pas été convié à l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem lundi.
Shapiro, qui a été l’ambassadeur de Barack Obama à Tel Aviv de 2011 à janvier 2017, a dit qu’il aurait été ravi d’assister à la cérémonie et qu’il soutient fermement le transfert de l’ambassade, mais qu’il n’a pas reçu d’invitation.
« Je célèbre » le transfert de l’ambassade, a-t-il dit durant une interview à la radio militaire lundi militaire. « J’y suis favorable… j’aurais participé. »
Shapiro, qui, depuis la fin de son mandat d’ambassadeur, est resté en Israël en tant que chercheur émérite à l’Institute for National Security Studies de l’université de Tel Aviv, a indiqué qu’il avait été convié à la soirée donné dimanche soir par le ministère des Affaires étrangères israélien en l’honneur de l’inauguration, et qu’il y a assisté.
Il dit avoir « de très bonnes relations avec son successeur » David Friedman. « Je l’ai vu hier lors de la soirée du ministère des Affaires étrangères », a raconté Shapiro. Je l’ai félicité.
Apparemment indifférent face à ce qui ressemble à du snobisme, Shapiro a dit qu’il avait « beaucoup à faire ».
Shapiro a qualifié le transfert de l’ambassade de démarche « historique », une « décision que tous les citoyens israéliens attendent depuis de nombreuses années, depuis 70 ans ».
Il a prédit que d’autre pays emboîteraient le pas à Donald Trump et transféraient leurs ambassades à Jérusalem. Il a cité le président américain Donald Trump qui a déclaré que ce transfert « était une simple reconnaissance du fait que Jérusalem est la capitale d’Israël ».
Interrogé sur le fait que cette décision n’avait pas été prise plus tôt, Shapiro a indiqué que par le passé, « des efforts ont été mis en œuvre pour faire progresser les négociations… et la décision était de ne pas transférer [l’ambassade] afin de ne pas compliquer les négociations. Aujourd’hui, il n’y a pas de négociations… Il n’y a pas de confiance entre les dirigeants » israéliens et Palestiniens et « il n’y a aucune possibilité de négociations ni maintenant ni dans le futur ».
C’est pourquoi, a expliqué Shapiro, « la situation est différente – vous ne pouvez pas avoir d’impact sur les négociations quand il n’y a pas [de négociations] ».
Malheureusement, en l’état actuel des choses, a-t-il dit, l’administration Trump, qui dit chercher à conclure « l’accord ultime », n’est pas « capable de s’asseoir avec les Palestiniens » pour leur soumettre ses propositions.
Le fait est, a-t-il ajouté, que « si les Palestiniens veulent attendre leur objectif – un état souverain et indépendant – ils devront certainement accepter que Jérusalem soit la capitale d’Israël. C’est un fait qu’ils doivent reconnaitre. »
Parallèlement, Shapiro aurait aimé que « la bonne décision » de transférer l’ambassade ait été présentée dans le contexte de la solution stratégique de deux états pour deux peuples, « en d’autres termes, que la capitale de la Palestine soit aussi dans les quartiers arabes de Jérusalem ».
Il a ajouté avoir entendu que des représentants démocrates étaient conviés à la cérémonie d’ouverture de l’ambassade, mais ne savait exactement qui figurait sur la liste des invités. Certains démocrates craignaient, dit-il, que la solution à deux états ne progressait pas. Néanmoins, a-t-il souligné, le transfert de l’ambassade était une démarche « qui vaut le déplacement et la célébration ».
Shapiro a écrit samedi que le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem pourrait aider à mettre fin au conflit israélo-palestinien.
Dans un essai publié sur le site de CNN, Shapiro a déclaré que dans un contexte « d’inquiétudes sur l’impact [du transfert] sur le processus de paix », il adopterait une position « à contre-courant » et estime que le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem « peut en réalité aider à mettre fin au conflit ».
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