Dans une rare frappe aérienne en Cisjordanie, Tsahal dit avoir tué trois terroristes palestiniens
La frappe a visé Qais Bitawi, qui, selon le Shin Bet, dirigeait les activités du Hamas à Jénine, ainsi que deux complices ; le Premier ministre et le ministre de la Défense ont salué le succès de l'opération
Trois terroristes palestiniens, dont un haut responsable, ont été tués dans l’après-midi de vendredi lors d’une frappe israélienne par drone qui a visé la ville de Jénine, en Cisjordanie, a annoncé l’armée, une opération aérienne rare sur ce territoire.
La frappe a ciblé Qais Bitawi qui, selon l’agence de sécurité du Shin Bet, dirigeait les activités du Hamas dans le camp de réfugiés de Jénine, reconnu comme un foyer d’activité terroriste.
Les soldats de l’armée israélienne et les membres de l’unité d’élite Yamam de la police ont lancé une opération destinée à éliminer Bitawi, suivant les informations fournies par le Shin Bet concernant sa localisation.
Après que Bitawi et deux de ses complices ont été repérés en train de sortir d’une voiture à proximité d’un bâtiment à Jénine, l’armée de l’air israélienne a lancé une frappe de drone contre eux, au cours de laquelle les trois hommes ont trouvé la mort, à indiqué l’armée israélienne.
La décision de mener cette frappe a été prise après que les trois terroristes ont été reconnus comme étant armés, a déclaré un responsable militaire.
Peu après, des soldats du 50e bataillon de la brigade Nahal ont trouvé un fusil d’assaut M16 à l’intérieur de la voiture, a annoncé l’armée.
Bitawi était impliqué dans la « planification, le financement et l’exécution d’activités terroristes majeures visant des civils et les forces de sécurité israéliennes », ont déclaré l’armée et le Shin Bet dans un communiqué conjoint, ajoutant qu’il « entretenait également des liens avec le Hamas à Gaza et avec des membres du mouvement à l’étranger ».
#صور الشهيد القسامي "قيس البيطاوي" الذي ارتقى في قصف إسرائيلي لمنزل بمخيم جنين pic.twitter.com/rmo8mTKbJI
— المركز الفلسطيني للإعلام (@PalinfoAr) August 28, 2026
Selon ce responsable militaire, Bitawi avait participé à l’organisation d’un attentat à la bombe qui avait été perpétré en juillet 2024 le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie, au cours duquel deux employés du ministère de la Défense avaient été blessés.
L’opération visant à neutraliser Bitawi a fait suite à un « vaste travail de renseignement » conduit par le Shin Bet et la Direction du renseignement militaire, au cours duquel les forces israéliennes ont arrêté et interrogé des dizaines de complices qui avaient été en contact avec ce chef terroriste, a précisé ce responsable.
Dans un communiqué, le Hamas a condamné cette frappe et affirmé qu’elle « ne ferait qu’engendrer davantage de colère et de tensions ».
La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a confirmé que Bitawi était l’un de ses commandants. Elle a ajouté qu’il avait été tué « à la suite d’une opération lâche visant à l’assassiner… aux côtés de ses compagnons martyrs ».
Cependant, la branche armée du Jihad islamique palestinien a elle aussi affirmé, dans un communiqué, que Bitawi et les deux autres personnes tuées étaient ses combattants.
Des photos de l’AFP ont également montré des soldats israéliens en train de retirer un corps d’une maison en construction à la périphérie de Jénine après la frappe.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont tous les deux félicité l’armée pour cette opération menée vendredi.
« Ce sont là les fruits de la politique offensive et proactive que nous menons en Cisjordanie : nous ne nous contentons pas d’une approche attentiste face au terrorisme – nous le traquons, nous conquérons ses bastions et nous neutralisons ses membres », a lancé Katz sur le réseau social X.
Netanyahu a quant à lui salué les opérations menées par ses forces sur X, déclarant : « Prendre l’initiative et passer à l’offensive. Je félicite nos forces d’avoir réussi à neutraliser ce terroriste à Jénine. »
Début 2025, Israël a lancé une vaste opération antiterroriste dans le camp de Jénine et dans d’autres camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie, avec pour objectif d’éradiquer les groupes terroristes actifs dans la région. Cette opération a également entraîné le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de civils palestiniens.
Le responsable a indiqué que depuis que Bitawi avait été chassé du camp de Jénine pendant l’opération de grande envergure Mur de fer, il « avait continué à œuvrer à la mise en œuvre de complots terroristes, notamment en dirigeant depuis le village de Qabatiya une cellule terroriste qui cherchait à mener des attentats ».
« Bitawi était un individu particulièrement recherché par les forces de sécurité, qui ont tenté à plusieurs reprises de l’arrêter », a indiqué le responsable.
L’armée israélienne a fait valoir qu’il était également un proche de Nour Bitawi, ancien commandant d’un réseau terroriste à Jénine, abattu lors d’une frappe de drone israélienne en mai 2025.
Entre le 7 octobre 2023 et le début de l’année 2025, l’armée israélienne a mené plus de 100 frappes aériennes en Cisjordanie, essentiellement à l’aide de drones et d’hélicoptères. Cinq d’entre elles ont été effectuées par des avions de chasse. Depuis lors, les frappes aériennes israéliennes en Cisjordanie ont été rares.
Par ailleurs, le gouvernement a fait savoir jeudi à la Haute Cour de justice qu’il s’opposait au retour de dizaines de milliers de résidents de trois camps de réfugiés de Cisjordanie, notamment celui de Jénine, qui avaient été entièrement évacués par l’armée israélienne lors d’opérations antiterroristes.
L’Association pour les droits civils en Israël a déposé une requête devant la Haute Cour contre les expulsions menées dans les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nur al-Shams, arguant que celles-ci avaient entraîné le déplacement illégal d’environ 33 000 Palestiniens qui dépendent désormais de l’aide fournie par des organisations humanitaires.
En réponse au Bureau du procureur général, le gouvernement a souligné que ces opérations antiterroristes, lancées en janvier 2025, avaient permis d’améliorer considérablement la situation sécuritaire des résidents d’implantations en Cisjordanie.
De plus, le gouvernement a expliqué dans sa réponse que l’armée israélienne souhaitait maintenir sa présence dans les trois camps de réfugiés – estimant en effet que, si elle devait se retirer, des groupes armés palestiniens recommenceraient à y opérer.
Cette frappe est intervenue après que le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré jeudi matin qu’il avait ordonné un renforcement important des effectifs en Cisjordanie, suite aux récentes tensions dans la région.
La violence en Cisjordanie a fortement augmenté ces derniers mois, avec principalement des attaques de partisans du mouvement pro-implantations contre des Palestiniens ; plusieurs attaques menées par des assaillants palestiniens contre des Israéliens ont toutefois également été recensées. Les détracteurs accusent l’armée israélienne et le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de tolérer, voire d’encourager, les violences commises par les Israéliens à l’encontre des Palestiniens.
L’AFP et le personnel du Times of Israel ont contribué à cet article.