Décès de Jean-Yves Laneurie, l’orphelin sauvé par des Justes parmi les Nations
Jean-Yves Laneurie a été recueilli et adopté par un couple de Saint-Amand-Montrond, qui lui a sauvé la vie en le baptisant
C’est un destin aussi peu banal que tragique qu’a connu Jean-Yves Laneurie. Abandonné devant la cathédrale de Montauban en 1939, ses parents sont inconnus, mais une certitude demeure : cet enfant est juif, et c’est pourquoi son père et sa mère ont préféré le confier aux soins de l’Église, espérant que ce geste lui permettrait d’échapper aux griffes nazies.
En 1943, Pierre-Aimé et Juliette Laneurie, un couple de Saint-Amand-Montrond (Cher), adoptent le jeune orphelin et le font baptiser. Un geste salvateur puisqu’il lui permet d’échapper à une rafle de 1944. Le comité de Yad Vashem leur attribuera en 1992 le titre de « Justes parmi les Nations ».
Jean-Yves Laneurie aura par la suite une vie remarquable. Ayant fait carrière dans la publicité, il dirige pendant plusieurs années la régie d’Europe 1 et sera aussi conseiller du président Giscard d’Estaing. Il s’est éteint ce 17 mars à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à l’âge de 86 ans.
Jean-Claude Simon, président de l’association « Moissac, ville de Justes oubliée », qui considérait Jean-Yves comme un proche, confie à La Dépêche : « C’était comme mon frère », au moment de sa mise en terre ce 19 mars au cimetière de Pantin.