Décès de l’activiste anti-migrants Sheffi Paz

La militante d’extrême-droite s’opposait notamment à la présence de migrants dans le sud de Tel Aviv et organisait des manifestations dont une qui lui avait valu 45 jours de prison

L’activiste anti-migrants Sheffi Paz, entourée de ses partisans, arrivant à la prison pour femmes de Neve Tirtza, à Ramle, pour y purger une peine de 45 jours après avoir été condamnée pour vandalisme, le 14 novembre 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Sheffi Paz, militante d’extrême-droite et figure de proue de l’expulsion des migrants et des demandeurs d’asile dans son quartier du sud de Tel Aviv, est décédée à l’âge de 74 ans, a annoncé lundi le groupe Otef Tachana Merkazit.

Paz venait d’apprendre qu’elle était atteinte d’un cancer pour la quatrième fois, après s’en être remise à trois reprises auparavant, selon cette organisation civile, qui affirme lutter contre l’immigration clandestine et la criminalité aux abords de la gare routière centrale de Tel Aviv, en partie à l’abandon et où se concentrent plusieurs milliers de migrants – principalement des hommes érythréens et soudanais.

Fille de survivants de la Shoah, Paz avait immigré de Pologne lorsqu’elle était enfant. Elle avait commencé en 2013 à mener une lutte locale contre la présence croissante de migrants dans son quartier, affirmant que ceux-ci étaient à l’origine de crimes violents, notamment de viols, et que cette situation n’était tolérée que parce que le sud de Tel Aviv est une zone défavorisée sur le plan socio-économique.

Au fil des ans, Paz a organisé des manifestations qui ont donné lieu à des actes de vandalisme et d’intrusion, entraînant des poursuites pénales qui ont abouti, à une occasion, à une peine de 45 jours de prison.

« Sheffi a consacré sa vie aux habitants du sud de Tel Aviv », a déclaré l’association Otef Tachana Merkazit dans un communiqué.

« Elle était la voix de ceux qui étaient réduits au silence et oubliés, et elle a prouvé à maintes reprises qu’une seule personne, armée de la vérité et de la confiance en soi, pouvait faire trembler tout un pays. »

Sheffi réclamait justice pour les habitants du quartier et refusait de se taire face à l’injustice. Même lorsqu’elle a été persécutée, arrêtée et emprisonnée, elle a continué à tenir la tête haute. »

Ces dernières années, des dizaines de milliers de migrants africains en Israël ont été placés en détention, menacés d’expulsion et confrontés à l’hostilité des législateurs et des habitants. La Haute Cour s’est opposée aux projets du gouvernement visant à emprisonner ou à expulser ces migrants, estimant qu’une solution conforme aux normes internationales devait être trouvée.

Alors que bon nombre de ces migrants affirment être des réfugiés fuyant les conflits ou les persécutions, Israël les considère comme des demandeurs d’emploi qui menaceraient le caractère juif de l’État.

Ces Africains, originaires pour la plupart du Soudan déchiré par la guerre et de l’Érythrée dictatoriale, ont commencé à affluer en Israël en 2005 par sa frontière poreuse avec l’Égypte, après que les forces égyptiennes eurent violemment réprimé une manifestation de réfugiés au Caire, et que la rumeur selon laquelle Israël serait un pays sûr offrant des opportunités d’emploi s’était répandue. Des dizaines de milliers d’entre eux ont traversé la frontière désertique, souvent après avoir enduré des voyages périlleux, avant qu’Israël n’achève la construction d’une barrière en 2012, mettant ainsi fin à cet afflux.

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