Décès de l’ancien directeur de l’ADL, Abe Foxman

Cette grande figure de la lutte contre l'antisémitisme sera inhumé mardi et ses obsèques seront diffusées en direct

Abraham Foxman (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ancien directeur national de l’Anti-Defamation League (ADL), Abraham (Abe) Foxman, est décédé dimanche à l’âge de 86 ans.

Avocat et militant, il a été directeur national de l’ADL entre 1987 et 2015, et est resté directeur national émérite jusqu’à sa mort.

Né le 1er mai 1940 dans ce qui est aujourd’hui la Biélorussie, Foxman a passé les premières années de sa vie aux bons soins de sa nourrice catholique polonaise, afin de le protéger pendant la Shoah.

Il avait retrouvé ses parents en 1944, après quoi la famille avait immigré aux États-Unis en 1950.

Après avoir obtenu son diplôme de droit à la faculté de droit de l’Université de New York, Foxman avait gravi les échelons de l’ADL, en devenant le directeur en 1987.

Il avait quitté ses fonctions en 2015, et c’est Jonathan Greenblatt qui lui avait succédé.

Abe Foxman (à gauche) avec sa nourrice catholique polonaise, Bronislawa Kurpitaken, à Vilnius, en Lituanie, en septembre 1941. (Abe Foxman/AP)

Entre 2016 et 2021, Foxman a été vice-président du conseil d’administration du Museum of Jewish Heritage de New York.

Il sera enterré à 10h EST mardi (17h, heure d’Israël), et ses funérailles seront diffusées en direct.

Le président israélien Isaac Herzog l’a décrit comme « un leader légendaire du peuple juif, un défenseur de la justice et de l’égalité, et un très cher ami de longue date ».

« Né dans un monde en guerre, Abe s’est construit autour de la mémoire de la Shoah, qui a façonné son caractère et défini sa mission : lutter contre l’antisémitisme et l’hypocrisie, dénoncer le racisme et les préjugés, et faire entendre la voix du peuple juif et de l’État démocratique d’Israël », a déclaré Herzog dans son éloge funèbre. « Son histoire, celle d’une renaissance après les cendres, est notre histoire, celle de notre peuple. »

Foxman, a poursuivi Herzog, était « un sioniste passionné, un humaniste, un ami sincère et avisé. L’affection et le respect que nous avions l’un pour l’autre nous autorisaient à discuter ouvertement de chaque difficulté et de chaque obstacle. Je le remercie infiniment pour les conversations profondes que nous avons partagées au fil des ans, et pour le modèle de courage et de leadership qu’il a incarné. »

« Les conseils et la voix d’Abe vont beaucoup me manquer. Mais je sais que son héritage et son message perdureront. »

L’actuel directeur de l’ADL, Jonathan Greenblatt, a rendu hommage à son prédécesseur, le décrivant comme une « figure emblématique de la communauté juive », un homme qui « s’est consacré sans relâche à la construction d’un monde dépourvu de haine ».

« Les États-Unis et le peuple juif ont perdu une voix morale, un farouche défenseur du peuple juif et de l’État d’Israël, et un leader hors du commun », a déclaré Greenblatt dans un communiqué publié par l’organisation.

Il a salué le travail de Foxman, qui a transformé l’ADL au cours de sa longue carrière « tout en luttant contre l’antisémitisme et la haine, tant de gauche que de droite, en s’opposant à la hausse mondiale de l’antisémitisme, en exigeant des comptes des dirigeants mondiaux, et en œuvrant pour qu’Israël reste juif, sûr et démocratique ».

« La voix d’Abe était comprise et écoutée par les papes, les présidents et les premiers ministres. Une voix qu’il faisait entendre partout où les Juifs étaient en danger », a ajouté Greenblatt. « Abe Foxman s’exprimait avec autorité morale et clarté sur la scène internationale ; son engagement pour un monde sans haine était inébranlable. »

Nicole Munchnik, présidente du conseil d’administration de l’ADL, a rendu hommage à Foxman, qui a contribué à « bâtir l’ère libérale moderne des États-Unis ».

« Il était reconnu dans le monde entier comme un leader exceptionnel et un fervent défenseur de la tolérance, une voix de cette génération qui se reconstruisait dans l’ombre de la Shoah, et le conseiller de longue date des présidents américains et des dirigeants du monde entier », a-t-elle dit. « Pour ceux d’entre nous qui l’ont connu, Abe était un ami chaleureux, un mentor, un adversaire passionné et un homme très affectueux – surtout pendant le déjeuner. »

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