Décès du rabbin Daniel Farhi, fondateur du Mouvement juif libéral de France

Fervent combattant pour la mémoire de la Shoah, le rabbin est à l'origine de la lecture annuelle des noms des déportés juifs de France lors de Yom HaShoah

Daniel Farhi. (Crédit : MEDEF / CC BY-SA 2.0)

Le rabbin Daniel Farhi, figure du judaïsme libéral français, est décédé ce 23 août à Nice, a rapporté son fils, le rabbin Gabriel Farhi. Il était âgé de 79 ans. Il a été inhumé le 25 août au cimetière de Bagneux.

Rabbin fondateur du Mouvement juif libéral de France en juin 1977, avec Roger Benarrosh et Colette Kessler, il y a exercé jusqu’à sa retraite, en 2009. M. Farhi, qui a étudié à Paris et Jérusalem, a aussi été le premier rabbin de la synagogue de la rue Copernic, de 1970 à 1977, affiliée à l’Union libérale israélite. Depuis sa retraite, il présidait et enseignait au Centre culturel judéo-espagnol/Al Syete.

Fervent combattant pour la mémoire de la Shoah, on lui doit, aux côtés de Serge Klarsfeld, chaque année depuis 1991, la mise en place de la lecture publique ininterrompue de 24 heures des noms des déportés juifs de France durant la Shoah lors de Yom HaShoah. Il a aussi organisé de nombreux voyages à Auschwitz.

Ardent militant antinazi avec les Klarsfeld, le rabbin a été détenu une semaine à Cologne en 1975 après avoir réclamé le jugement de criminels nazis.

L’homme était également un militant du dialogue inter-religieux et a organisé de nombreux évènements entre Juifs, Chrétiens et Musulmans.

Blogueur, notamment pour le Times of Israël, Daniel Farhi a aussi publié de nombreux ouvrages, dont Au dernier survivant (Albin Michel, 2008), qui regroupe ses allocutions et sermons lors de commémorations de la Shoah, et Profession rabbin : De la communauté à l’universel, livre d’échanges avec la philosophe Gwendoline Jarczyk, dans lequel il montre comment les enseignements du judaïsme sont plus actuels que jamais. Daniel Farhi est également le fondateur, en 1981, de la revue Tenoua – Le Mouvement, bimestriel du judaïsme libéral.

Né à Paris en 1941 de parents émigrés de Turquie, Samuel et Estréa, le jeune Daniel a été confié pendant la guerre avec l’une de ses sœurs, Françoise, à une famille protestante de Besançon (Georges et Juliette Allenbach, reconnus Justes parmi les nations). Les deux enfants ont finalement retrouvé leur famille en 1945.

Daniel Farhi a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 1993, officier en 2015, et chevalier de l’Ordre national du mérite en 1988 – des distinctions qui lui ont été remises par Simone Veil, Serge Klarsfeld et Elie Wiesel.

Daniel Fahri laisse derrière lui sa femme, Paule, trois enfants et six petits-enfants.

« Notre peine est immense mais nous trouverons la consolation dans le souvenir de ses œuvres et dans cet inestimable héritage spirituel et intellectuel que nous ferons vivre », a écrit son fils Gabriel Fahri.

« C’est une grande figure du judaïsme qui disparaît aujourd’hui, le premier rabbin qui a permis au judaïsme libéral d’acquérir en France sa notoriété, un militant de la Mémoire dont l’action avec Serge Klarsfeld a gravé dans la pierre le nom des déportés juifs de France », a lui écrit Francis Lentschner, président de la revue Tenou’a.























Glenn Cloarec a contribué à cet article.

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