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Défiant Pretoria, les Juifs d’Afrique du Sud honorent leurs citoyens morts pour Israël

Une cérémonie a été organisée, malgré la menace de leur gouvernement - qui accuse Israël devant la CIJ de "génocide" - de poursuivre tout citoyen qui a servi dans Tsahal

Michael Kransdorff prend la parole lors d'une cérémonie en l'honneur des Israéliens d'Afrique du Sud morts au combat pour Israël dans la forêt de Lavi, le 20 février 2024. (Crédit : Fonds national juif d'Afrique du Sud)
Michael Kransdorff prend la parole lors d'une cérémonie en l'honneur des Israéliens d'Afrique du Sud morts au combat pour Israël dans la forêt de Lavi, le 20 février 2024. (Crédit : Fonds national juif d'Afrique du Sud)

Suite aux menaces du gouvernement sud-africain de poursuivre les citoyens qui ont servi dans l’armée israélienne, les dirigeants de la communauté juive d’Afrique du Sud ont organisé une cérémonie en l’honneur des membres de leur communauté tués ou blessés ou qui ont fait d’autres sacrifices pour défendre l’État juif.

La délégation a bouclé jeudi sa mission de solidarité d’une semaine en Israël, dont le principal événement a été la cérémonie organisée mardi dans la forêt Lavi, près de Tibériade, au monument commémoratif dédié aux dizaines de victimes juives sud-africaines tombées pendant les guerres d’Israël.

Selon Michael Kransdorf, président du Fonds national juif sud-africain, de la Fédération sioniste sud-africaine et du Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), le groupe de délégués a décidé de se rendre en Israel et d’organiser la cérémonie, malgré les menaces du gouvernement sud-africain, proférées en décembre, de poursuivre les citoyens qui ont servi dans Tsahal.

Les visiteurs ont estimé qu’il était important de le faire ouvertement et publiquement « particulièrement eu égard à la réaction hostile de notre gouvernement », a déclaré Kransdorf, qui se trouve en Israël dans le cadre de la mission, au Times of Israel. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a récemment émis des accusations très controversées à l’encontre d’Israël, l’accusant de perpétrer un « génocide » contre les Palestiniens.

La prise de position de la délégation est caractéristique de l’attitude que de nombreux Juifs sud-africains et leurs dirigeants communautaires ont adoptée face à la rupture des liens diplomatiques entre leur gouvernement et Israël.

En décembre, Pretoria a porté les accusations de génocide contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye. Israël nie catégoriquement ces allégations et s’est retiré de la procédure.

Des Juifs sud-africains commémorent leurs compatriotes morts en combattant pour Israël lors d’une cérémonie en leur honneur le 20 février 2024. (Crédit : Fonds national juif d’Afrique du Sud)

Loin de faire profil bas au sujet d’Israël et du sionisme, une stratégie adoptée par de nombreuses petites communautés juives face au comportement hostile de leur gouvernement ou de leurs citoyens à l’égard d’Israël, le Conseil des Délégués affiche sa mission en Israël.

L’éditorialiste Howard Feldman, qui fait partie de la mission, en a parlé sur les réseaux sociaux, où il compte des milliers d’abonnés, et dans les principaux médias.

« Notre Constitution est extrêmement sophistiquée et impressionnante. C’est pourquoi je pense que nous ne devons pas nous cacher. Nous avons le droit de nous faire entendre autant que le président sud-africain », a expliqué Feldman au Times of Israel. « J’ai une voix. Nous jouissons de la liberté d’expression et j’entends représenter la communauté du mieux que je peux et chaque fois que je le peux », a-t-il ajouté.

Cette approche vocale n’est ni une tactique ni une stratégie, mais une question d’identité, a expliqué Kransdorff.

« Faire profil bas ne fait pas partie de notre ADN communautaire », a affirmé Kransdorff. « Le sionisme est au cœur de notre identité juive depuis la naissance de la communauté à la fin du XIXe siècle. Nous l’avons apporté avec nous de Lituanie. C’était un élément très important de notre identité, de notre vie politique », a-t-il ajouté.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa (3e à gauche) et des membres du Conseil uni des oulémas d’Afrique du Sud (UUCSA), lors de leur conférence de presse conjointe, à Johannesburg, le 18 décembre 2023. (Crédit : Roberta Ciuccio/AFP)

Cette visibilité se justifie également parce que, malgré l’hostilité manifestée par le gouvernement, il existe en Afrique du Sud un courant considérable en faveur d’Israël, que cette publicité pourrait contribuer à stimuler, a expliqué Kransdorff. « La plupart des Sud-Africains sont chrétiens. Ils se sentent très liés à Israël et plusieurs responsables d’églises nous ont contactés pour nous demander comment ils pouvaient aider Israël après le 7 octobre », a indiqué Kransdorff.

De nombreux scandales liés à la corruption au sein du Congrès national africain (ANC) de Ramaphosa ont miné la crédibilité du parti, et les sondages d’opinion prédisent qu’il pourrait devoir former une coalition avec d’autres partis pour la première fois de son histoire pour se maintenir au pouvoir à l’issue des élections de cette année.

« Les sondages prédisent que, pour la première fois de son histoire, le parti devra former une coalition avec d’autres partis pour rester au pouvoir après les élections de cette année. De nombreux Sud-Africains se demandent si la volte-face sur Israël n’est pas juste une nouvelle manifestation d’influence extérieure », a ajouté Feldman.

Dans le cadre de leur voyage, les visiteurs ont visité des communautés du sud du pays qui ont été ravagées par l’attaque du Hamas du 7 octobre. Ce jour-là, environ 3 000 terroristes du Hamas ont assassiné près de 1 200 personnes en Israël et en ont enlevé 253 autres. Israël a envahi Gaza dans le but déclaré de faire tomber le Hamas et de libérer ses otages, dont 134 seraient encore aux mains du Hamas dans la bande de Gaza – pas tous en vie.

Des militants pro-palestiniens brandissant des drapeaux lors d’une session de la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, affirme que quelque 29 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre. Ce chiffre ne peut être vérifié de manière indépendante. Selon l’armée israélienne, ses forces ont tué environ 12 000 terroristes à Gaza.

En outre, depuis le 8 octobre, les tirs de roquettes lancés sur Israël par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et ses complices au Liban sont quasi quotidiens.

Aviva Siegel, un ex-otage qui a été enlevée le 7 octobre à Kfar Aza et qui est originaire d’Afrique du Sud, est l’une des personnes à avoir rencontré la délégation sud-africaine. Siegel a été libérée de Gaza le 26 novembre dans le cadre d’un cessez-le-feu d’une semaine avec le Hamas. Son mari Keith Siegel, qui est citoyen américain, est toujours captif.

« Les horreurs commises sont stupéfiantes », a écrit Feldman dans le South African Jewish Report, jeudi, sur sa visite. « Mais il en va de même pour la force, la chaleur et la résilience de la population. »

L’Afrique du Sud compte environ 50 000 Juifs, selon l’Institute for Jewish Policy Research, soit moins de la moitié de la population juive estimée du pays dans les années 1970. Certains Juifs sud-africains ont quitté le pays parce qu’ils s’opposaient au régime de l’apartheid, et d’autres ont émigré dans les années 1990 après l’abolition de l’apartheid, ce qui a entraîné un profond remaniement de l’économie et de la société.

L’immigration en Israël est en hausse, passant d’une moyenne de 210 nouveaux arrivants sud-africains en Israël entre 2012 et 2016 à près du double au cours des six années suivantes. Des centaines d’autres ont émigré vers d’autres pays, profitant de leur passeport lituanien, un État membre de l’Union européenne, d’où sont originaires la grande majorité des Juifs sud-africains.

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