Des associations contestent en justice le gel de l’accueil de Gazaouis par la France

Les requérants dénoncent 'une punition collective à toute une population à la suite d'une polémique isolée autour d'une jeune étudiante palestinienne'

Le drapeau palestinien est hissé pour la première fois (avec la tour Eiffel en arrière-plan) le 13 décembre 2011 au-dessus d'une agence de l'ONU, le siège de l'UNESCO à Paris. Illustration (Crédit : Joël SAGET / AFP)

Plusieurs associations ont annoncé jeudi saisir la justice pour suspendre la décision du gouvernement de geler l’accueil de toute personne originaire de Gaza, prise en août après la révélation qu’une étudiante arrivée dans le cadre d’une bourse avait auparavant publié des messages antisémites.

Les requérants – des associations (Union juive française pour la paix, Association France Palestine Solidarités, Gisti…) et deux organisations d’avocats (SAF, Collectif des avocats France Palestine) – accusent dans un communiqué le gouvernement « d’infliger une punition collective à toute une population à la suite d’une polémique isolée autour d’une jeune étudiante palestinienne ».

Cette polémique avait éclaté après la révélation qu’une étudiante gazaouie accueillie en juillet en France, où elle devait suivre un enseignement à Sciences Po Lille avec un visa étudiant dans le cadre d’une bourse, avait par le passé publié des messages violemment antisémites sur ses réseaux sociaux.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait affirmé qu’elle n’avait « pas sa place » en France et l’étudiante avait quitté le pays début août pour le Qatar.

M. Barrot avait alors annoncé « qu’aucune évacuation d’aucune sorte ne se tiendrait » en attendant les résultats d’une enquête sur les failles qui avaient permis d’accueillir cette étudiante.

Les organisations demandent au Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, « de suspendre cette décision manifestement illégale qui porte atteinte aux droits à la vie, à la dignité humaine et à l’unité familiale en méconnaissance du principe de proportionnalité auquel l’administration est tenue ».

La France avait jusqu’alors accueilli des centaines de Gazaouis depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste du Hamas, en représailles à des attaques sans précédent de ce dernier contre Israël le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.

Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 469 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.

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