Des députés de droite réclament la pleine occupation du Liban par Tsahal jusqu’au Litani

Selon ces parlementaires partisans de la ligne dure, le gouvernement doit se fixer des objectifs 'de nature à entraîner un profond changement au Liban'

Des véhicules de l'armée israélienne se déplacent dans le sud du Liban, près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 mars 2026. (Crédit: Jalaa MAREY / AFP)

Dix-huit députés partisans de la ligne dure, membres des partis du Likud, Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit, ont rédigé une lettre ouverte à l’intention des membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Dans cette lettre, ils rejettent le projet annoncé par l’armée israélienne visant à créer une nouvelle zone tampon dans le sud du Liban, et exigent en revanche « la pleine occupation et le contrôle total » du territoire jusqu’au fleuve Litani, au nord, ainsi que « l’évacuation » de la population locale.

Menés par le député du Likud Amit Halevi, ces parlementaires appellent le gouvernement à « ne pas se contenter d’approuver l’occupation d’une étroite bande » de terre proche de la frontière. Ils lui demandent plutôt de se fixer des objectifs « de nature à entraîner un profond changement au Liban, incluant notamment l’occupation totale jusqu’au fleuve Litani et l’évacuation complète de la population ».

« Se contenter de quelques kilomètres reviendrait à manquer une occasion historique, et exposerait à nouveau les habitants du nord au danger », ont-ils fait valoir, arguant que les récents communiqués de l’armée israélienne « laissent présager une volonté de restreindre les objectifs de la campagne ». Si tel est le cas, ont-ils ajouté, le gouvernement doit s’opposer au plan opérationnel de l’armée.

« En revanche, la pleine occupation et le contrôle total jusqu’au Litani et au-delà, dans le secteur oriental, permettront de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il s’engage à éliminer l’Iran et ses sympathisants, et pourraient conduire à une paix durable », soutiennent-ils. « Ce tracé frontalier est plus court, plus sûr et plus efficace que la frontière actuelle. Il est de notre devoir de déployer les forces de l’armée israélienne sur cette ligne. »

Les députés font également remarquer que « tous les villages chiites du sud du Liban sont indéniablement contrôlés par l’Iran et ses alliés. Ils font partie d’un ensemble qui représente une menace existentielle pour Israël. »

La lettre est signée, notamment, par les députés Ariel Kallner (Likud), Zvi Sukkot (HaTzionout HaDatit) et Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit).

Vendredi, un haut responsable militaire a expliqué que, même si l’armée israélienne a pour objectif d’affaiblir considérablement le Hezbollah et d’éliminer la menace que ce groupe terroriste fait peser sur les habitants du nord d’Israël, la perspective d’un désarmement complet de l’organisation était irréaliste et ne constituait pas un « objectif impératif » de l’offensive terrestre actuellement menée par Tsahal.

Ces déclarations interviennent alors que l’armée a fait savoir qu’elle s’apprêtait à présenter aux responsables politiques son projet de création d’une « zone de sécurité » dans le sud du Liban. Ce projet impliquerait la démolition de villages libanais proches de la frontière, ainsi que l’installation de postes militaires à plusieurs kilomètres à l’intérieur du pays.

Ce responsable a par ailleurs souligné que, pour parvenir au désarmement complet du groupe terroriste, l’armée israélienne devrait conquérir l’ensemble du Liban, un objectif qu’elle n’a pas l’intention de poursuivre.

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