Des députés haredim auraient l’intention d’autoriser la formation d’un gouvernement dirigé par Eisenkot

Deux députés Yahadout HaTorah auraient l’intention de s’abstenir si un vote était organisé pour approuver la formation d’un gouvernement minoritaire dirigé par le chef du parti Yashar, dans un contexte de colère à l'égard de Netanyahu

De droite à gauche : Le président de Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, et les députés Meïr Porush et Yaakov Tessler lors d'une audience de la haut Cour de Justice, à Jérusalem, le 28 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti Yahadout HaTorah menacerait d’autoriser la formation d’un gouvernement minoritaire placé sous l’autorité du chef de Yashar, Gadi Eisenkot, alors que cette faction ultra-orthodoxe est en colère contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui n’a pas tenu sa promesse de faire adopter une loi ancrant dans le marbre le principe de l’exemption généralisée de service militaire en faveur des étudiants en yeshiva.

En cas d’impasse entre les blocs dirigés par Netanyahu et Eisenkot après les élections du 27 octobre, Yitzhak Goldknopf et Yaakov Tessler, législateurs de Yahadout HaTorah, prévoient de s’abstenir si un vote devait être organisé pour investir un gouvernement minoritaire dirigé par Eisenkot, selon un reportage qui a été diffusé lundi par la chaîne d’information N12, qui n’a pas cité ses sources.

Les deux hommes représentent la secte hassidique Gur au sein de Yahadout HaTorah mais ils estiment que le reste du parti — qui recueille environ huit sièges selon les sondages — suivra leur exemple, a précisé la chaîne.

Goldknopf et Tessler estiment que Netanyahu n’a plus aucune chance de l’emporter et ils espèrent obtenir des concessions de la part d’Eisenkot si, en échange, ils devaient lui offrir leur soutien lors de la formation d’un gouvernement, a dit N12.

Mais peu après la diffusion du reportage, le président de Yahadout HaTorah, Yaakov Asher, a démenti ces informations, insistant sur le fait que son parti « n’a aucune intention de renverser ou d’installer qui que ce soit [au poste de Premier ministre], et n’agit pas par désir de vengeance ou au nom d’autres intérêts ».

Il a expliqué qu’aucune faction de Yahadout HaTorah ne soutiendrait un gouvernement tant que la question de l’exemption de service militaire des étudiants en yeshiva ne serait pas « réglée juridiquement ».

Yaakov Asher, député du parti Yahadout HaTorah, préside une réunion de la commission des affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset, le 18 juin 2025. (Crédit : Noam Moskowitz, bureau du porte-parole de la Knesset)

Jusqu’à présent, Yahadout HaTorah était considéré comme faisant partie intégrante du bloc de Netanyahu – d’autant plus que la problématique de la conscription des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée est devenue un enjeu électoral central pour les partis d’opposition, notamment pour Yashar.

Selon N12 toutefois, le parti haredi reste en colère contre Netanyahu qui n’est pas parvenu à faire adopter une législation qui aurait garanti ces exemptions généralisées. La formation politique serait ainsi prête à lui refuser un nouveau mandat de Premier ministre, malgré une série de mesures qui ont été approuvées par sa coalition pour apaiser les partis ultra-orthodoxes, avec notamment l’interdiction d’arrêter les réfractaires haredim au service militaire et le versement de milliards de shekels pour financer les séminaires religieux et autres institutions ultra-orthodoxes.

Résultats d’un sondage commandité par le Times of Israel/Zman Yisrael, le 26 septembre 2026. (Capture d’écran)

Si Eisenkot a annoncé, hier, qu’aucune faction arabe ou ultra-orthodoxe ne remplissait actuellement ses conditions pour rejoindre un gouvernement, il s’était auparavant montré ouvert à l’idée de gouverner avec des partis haredim, en particulier avec le Shas.

Le candidat a répété à plusieurs reprises que toute faction adhérant à ses principes – avec notamment le soutien à Israël en tant qu’État juif et démocratique, à la Déclaration d’indépendance et à la conscription universelle, ainsi que la reconnaissance du Hamas comme un groupe terroriste qui doit être détruit – pourrait rejoindre sa coalition, même s’il reste difficile de savoir comment les partis ultra-orthodoxes pourraient accepter ne serait-ce qu’une partie de ces conditions, en particulier sur la question du service universel.

Des sondages répétés ont indiqué que les prochaines élections aboutiraient à une impasse, aucun des deux blocs n’obtenant la majorité d’au moins 61 sièges.

Néanmoins, le bloc chapeauté par Eisenkot devance de manière plus constante dans les sondages le bloc dirigé par Netanyahu, qui est composé de partis de droite et orthodoxes.

read more: