Des dizaines de personnes manifestent dans le Néguev après la mort d’un Bédouin

'Il s'agit d'un incident criminel, qui a provoqué la mort inutile d'un civil innocent. Cet incident ne doit pas rester impuni', dit le député du Raam Walid Alhawashla

Des manifestants brandissent des affiches représentant les visages d'hommes du village bédouin de Bir Hadaj qui ont été tués ces dernières années dans ce qu'ils qualifient d'exécutions extrajudiciaires, le 1er janvier 2026. (Autorisation)

Une centaine de manifestants, principalement venus du village bédouin de Bir Hadaj, se sont rassemblés pour protester contre le meurtre, la semaine dernière, d’Ayoub al-Toukhi, 22 ans, tué par un civil armé qui se trouvait dans un véhicule avec un soldat, près de la frontière égyptienne.

Les manifestants, réunis au carrefour de Bir Asluj, dans le Néguev, ont brandi des affiches sur lesquelles figurent les visages de six hommes de la ville tués ces quatre dernières années au cours de ce qu’ils ont décrit comm des exécutions extrajudiciaires.


Le meurtrier présumé d’Al-Toukhi a été libéré dimanche et assigné à résidence avec des restrictions par un juge du tribunal de Beer Sheva.

Selon certaines informations, l’homme travaillerait dans une entreprise du secteur de la défense spécialisée dans les drones. Il aurait accompagné les soldats de l’armée israélienne à l’occasion d’un exercice à la frontière, la semaine dernière.

Cette nuit-là, alors qu’il rentrait de l’exercice à bord d’une jeep, accompagné d’un soldat, il a croisé al-Toukhi et son cousin, Muhammad, qui roulaient vers le nord, sur la Route 211.

Pensant que les deux hommes tentaient de faire passer des armes à travers la frontière égyptienne, le soldat qui conduisait la jeep les a pris en chasse.

Une fois à côté de la voiture, le soldat a ralenti. C’est à ce moment-là qu’al-Toukhi a quitté route. Selon Muhammad, qui a raconté l’incident au journal Haaretz, le permis de conduire de son cousin avait expiré, et il craignait d’écoper de sanctions pour infraction au code de la route.

Quand le soldat a ordonné aux deux hommes de s’arrêter, le duo n’a pas compris : le véhicule d’où provenaient les coups de feu était un véhicule civil, et ses occupants étaient vêtus de tenues civiles.

Le civil a alors ouvert le feu, visant les pneus du véhicule d’al-Toukhi, utilisant à la fois son arme personnelle et l’arme à feu du soldat, faisant dévier le véhicule de sa trajectoire.

Malgré les premiers rapports indiquant que les cousins étaient impliqués dans un trafic d’armes, Muhammad a été relâché sans même comparaître devant le tribunal. Aucune preuve ne le reliait en effet à l’infraction présumée, a rapporté Haaretz.

Les avocats de Muhammad ont déclaré au journal que leur client niait toute implication dans un trafic.

Prenant la parole lors de la manifestation, le député Walid Alhawashla, du parti islamiste Raam, a affirmé que les cousins ne représentaient aucun danger pour quiconque et n’étaient « suspectés de rien. Les coups de feu ont été tirés sans raison, par un civil qui a décidé de faire sa propre loi ».

« Il s’agit d’un incident criminel, qui a provoqué la mort inutile d’un civil innocent. Cet incident ne doit pas rester impuni », a ajouté Alhawashla, appelant la police à enquêter sur l’incident et à traduire le tireur en justice.

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