Des enquêtes sur les prisons en Syrie et les talibans saluées par un prix littéraire

Ce prix littéraire créé en 2022 rend hommage à Stéphane Frantz di Rippel, directeur d'hôtel assassiné en 2011 à Abidjan pour avoir protégé des journalistes

Un habitant passe devant des cellules alors qu’il guide des journalistes visitant le complexe pénitentiaire de Palmyre, anciennement utilisé par le gouvernement Assad renversé, dans la ville du centre syrienne de Palmyre, le 7 février 2025. (Crédit : OMAR HAJ KADOUR/AFP)

Deux livres d’enquête au long cours sur une famille talibane et sur le système carcéral syrien ont reçu vendredi ex-aequo le prix Frantz di Rippel remis par la ville de Biot (Alpes-Maritimes).

Ce prix littéraire créé en 2022 rend hommage à Stéphane Frantz di Rippel, directeur d’hôtel assassiné en 2011 à Abidjan pour avoir protégé des journalistes, et récompense chaque année un ouvrage écrit par un journaliste sur un fait d’actualité avec une part de vécu.

« Dans la maison d’un taliban », d’Élise Blanchard (Le Cherche midi), décrit le quotidien de la famille d’un soldat taliban rencontré en 2022 en Afghanistan, offrant un témoignage loin des stéréotypes.

« Ça a été un travail très, très difficile sur plusieurs années, et je suis vraiment très contente que ce genre de prix permette que les histoires de toutes ces femmes puissent être lues », a déclaré Mme Blanchard, en liaison depuis Nairobi, où elle réside.

Dans « Le nom des ombres » (Seuil), Arthur Sarradin, qui a été l’un des premiers journalistes à assister à l’ouverture des prisons syriennes à la chute de Bachar al-Assad, retrace la réalité de cet univers carcéral à travers les témoignages glaçants d’anciens détenus ou de petites mains du régime.

« Il y a toujours une lutte qui se poursuit en Syrie sur les mots, sur la réhumanisation. Tout le monde n’a pas été sauvé après la libération », a déclaré M. Sarradin à la remise du prix à Biot.

Logo du prix littéraire créé en mémoire de Stéphane Frantz di Rippel. (Crédit : capture d’écran)

Les deux auteurs sont également finalistes pour le prix Albert Londres 2026.

Le jury composé de journalistes a choisi les deux ouvrages parmi une sélection qui comptait aussi « Des bourreaux » de Guilherme Ringuenet (Harper Collins) sur la pédocriminalité, « Moscou parano » de Paul Gogo (Éditions du Rocher) sur la Russie de Vladimir Poutine et « Fifa Connection » de Simon Bolle (Flammarion) sur Gianni Infantino.

Lors de la remise des prix, un hommage a été rendu au journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis plus de 500 jours en Algérie. Les organisateurs lui ont envoyé les livres sélectionnés, mais seuls deux lui ont été remis l’an dernier et aucun cette année.

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