Des extrémistes juifs attaquent 2 villages de Cisjordanie ; une famille harcelée abandonne son foyer

Tsahal confirme les incendies criminels perpétrés par des résidents d'implantations à Turmus Ayya et Jalud ; aucune arrestation ; des journalistes auraient été empêchés d'accéder à la maison assiégée à Jalud, malgré l'escorte des forces de l'ordre

Illustration : Un Palestinien examinant une voiture incendiée à la suite d'une attaque qui aurait été perpétrée par des résidents d'implantations israéliennes, dans le village de Jalud, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 22 mars 2026. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Dans la nuit de mardi à mercredi, des extrémistes juifs ont déclenché des incendies criminels dans deux villages palestiniens de Cisjordanie, notamment dans plusieurs poulaillers situés à proximité d’une maison qui aurait été harcelée quotidiennement par un groupe de résidents d’implantations. La famille aurait été contrainte de quitter les lieux plus tard dans la journée de mercredi.

Ces deux attaques ont eu lieu à Turmus Ayya, près de Ramallah, et à Jalud, près de Naplouse. L’armée israélienne a par la suite confirmé ces deux attaques, qui n’ont fait aucune victime. Aucune arrestation n’a été effectuée.

À Turmus Ayya, des habitants ont signalé un incendie criminel visant des habitations du village.

Peu après, des soldats de Tsahal et des agents de la police des frontières sont arrivés sur les lieux. L’armée a déclaré : « Par la suite, une violente confrontation a éclaté entre des Palestiniens et des civils israéliens arrivés sur les lieux, avec des jets de pierres de part et d’autre. »

Tsahal a indiqué que les soldats avaient utilisé des moyens anti-émeutes et tiré des coups de semonce.

À Jalud, des résidents d’implantations ont incendié plusieurs installations agricoles, notamment des poulaillers, à proximité du domicile d’une famille palestinienne, dans un village situé à proximité de plusieurs implantations et avant-postes illégaux.


« Des citoyens israéliens ont tenté de mettre le feu à des poulaillers », a déclaré l’armée plus tard dans la journée de mercredi, ajoutant que des soldats et des agents de la police des frontières avaient été dépêchés sur place, mais que les suspects avaient pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Les forces de l’ordre ont aidé à éteindre l’incendie et aucun blessé n’a été signalé, a précisé l’armée.

Plus tôt cette semaine, le journal Haaretz avait rapporté que la famille Tobasi était pratiquement prise au piège depuis deux semaines, suite à la création de deux avant-postes illégaux à proximité. Un membre de la famille a déclaré que les résidents d’implantations avaient menacé de leur couper l’électricité.

Mercredi, Raad Nasser, président du conseil du village de Jalud, a déclaré au Times of Israel que la famille Tobasi avait quitté son domicile mercredi après-midi, cédant apparemment aux harcèlements incessants des résidents d’implantations visant à la forcer à abandonner sa maison.


Les médias palestiniens ont publié des images montrant des résidents d’implantations se promenant dans la cour de la propriété, vraisemblablement après le départ de la famille.

Jalud a été victime de nombreuses attaques de résidents d’implantations cet été, notamment des incendies de maisons, des dégradations de véhicules et l’arrachage d’arbres.

Des journalistes empêchés d’accéder au site

Quelques heures auparavant, le journal Haaretz avait rapporté que des agents de la police des frontières avaient empêché deux de ses journalistes d’accéder à Jalud, alors même qu’ils avaient reçu l’autorisation de se rendre sur place et avaient été escortés par des soldats jusqu’au village.

Des membres des forces de sécurité israéliennes montant la garde sur le site de démolition d’une installation agricole palestinienne qui aurait été construite sans permis, dans le village de Rafat, au sud de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 juillet 2026. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

Selon le journal de gauche, les deux journalistes, Matan Golan, correspondant en Cisjordanie, et le photographe Itaï Ron, étaient escortés par des agents de la police des frontières jusqu’au village afin qu’ils puissent rendre compte du harcèlement dont la famille Tobasi était victime de la part des résidents d’implantations. Mais ils se sont heurtés à un barrage routier érigé par ces derniers.

Après l’intervention des résidents d’implantations, qui auraient convaincu les agents israéliens de ne pas autoriser les deux journalistes à se rendre sur place, ces derniers ont été informés que la zone était désormais une « zone militaire fermée » et qu’ils ne pouvaient pas accéder à la maison en question.

Selon le journal, les journalistes auraient été informés que la décision d’empêcher leur visite visait à « éviter les tensions », alors qu’elle avait initialement été approuvée et n’avait été annulée qu’après l’intervention des résidents d’implantations. La police des frontières n’a pas encore commenté l’article de Haaretz.

Plus de 2 200 Palestiniens auraient été déplacés cette année en raison de violences commises par des résidents d’implantations ou de restrictions d’accès, tandis que des centaines d’autres auraient été déplacés à la suite de démolitions de logements par les autorités israéliennes, a déclaré le mois dernier Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, citant le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU.

Les détracteurs accusent le gouvernement et les forces de l’ordre de fermer les yeux sur les attaques violentes perpétrées par des résidents d’implantations extrémistes, devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années et qui se produisent presque quotidiennement. Les arrestations sont rares et les poursuites judiciaires encore plus rares.

Tsahal a recensé plus de 867 faits de criminalité nationaliste et de violence commis par des résidents d’implantations en 2025, contre 682 cas en 2024.

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