Des extrémistes juifs encerclent la maison d’une famille palestinienne en Cisjordanie

Selon le propriétaire, des pro-implantations ont érigé une structure de fortune devant sa maison la veille, bloquant l'entrée et la sortie ; des soldats sont venus prier avec eux et sont repartis sans les avoir délogés ; Tsahal enquête

Des résidents d'implantations devant le domicile de Youssef Hassan, dans le village de Qusra, en Cisjordanie, au sud de Naplouse, le 10 août 2026. (Crédit : Autorisation)

Depuis dimanche, des partisans du mouvement pro-implantations sont postés autour de la maison d’une famille palestinienne située à la périphérie du village de Qusra, au sud de Naplouse, ont rapporté ses habitants lundi. Ils empêcheraient ainsi les occupants d’entrer ou de sortir.

Youssef Hassan, le propriétaire, vit dans cette maison avec sa femme et leurs deux fillettes de deux et quatre ans. Il a déclaré par téléphone au Times of Israel que des résidents d’implantations avaient érigé dimanche une structure de fortune devant l’entrée de sa maison et empêchaient depuis lors quiconque d’y entrer ou d’en sortir, laissant la famille prisonnière à l’intérieur. Il a ajouté qu’ils avaient également coupé les lignes électriques.

Des images vidéo montrent des extrémistes juifs rassemblés dans la structure installée près de la maison. Dans un autre extrait, on peut les voir tenter d’ouvrir l’un des portails donnant accès à la cour.

Hassan a précisé vivre dans cette maison depuis cinq ans. Cela fait maintenant sept mois que les résidents d’implantations viennent harceler la famille, a-t-il expliqué. La situation s’est toutefois aggravée ces deux derniers jours, lorsqu’ils ont bloqué toutes les voies d’accès à la maison.

Il a ajouté qu’il cherchait un moyen de faire sortir sa femme et ses filles de la maison, inquiet pour leur sécurité face au danger que représentent, selon lui, les extrémistes juifs.

Des soldats ont été filmés dimanche alors qu’ils arrivaient près de la construction érigée par les pro-implantations et qu’ils priaient avec eux. Selon Hassan, ils sont ensuite repartis, sans avoir expulsé les extrémistes juifs.


Suite à la diffusion de cette vidéo, l’armée israélienne a déclaré au Times of Israel que « l’incident fait l’objet d’une enquête menée par les commandants ».

« Des mesures disciplinaires seront prises en fonction des conclusions de cette enquête. »


Doron Meinert, du groupe « Looking the Occupation in the Eye », qui se trouvait sur les lieux ce lundi matin, a déclaré dans un communiqué que la famille était « piégée dans sa maison, menacée par une milice de radicaux pro-implantations violente et armée, qui cherche à faire pression sur elle pour qu’elle abandonne les lieux ».

Le mois dernier, des résidents d’implantations ont encerclé une maison dans le village voisin de Jalud pendant plus de deux semaines, à l’issue desquelles la famille qui y était installée a pris la fuite. Les résidents d’implantations ont alors pris possession des lieux. Ils occupent toujours cette maison à Jalud à ce jour ; les véritables propriétaires n’ont pas pu y retourner.

Plus de 2 200 Palestiniens ont été déplacés cette année suite aux violences commises par des partisans du mouvement pro-implantations ou du fait de restrictions d’accès ; plusieurs centaines d’autres ont été déplacés après la démolition de leurs habitations par les autorités israéliennes, a déclaré en juin Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, citant le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU.

Ces dernières années, les actes de violence commis par les résidents d’implantations sont en hausse, en particulier depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 contre le sud d’Israël.

Ces attaques, qui se produisent presque quotidiennement, restent largement impunies. Les poursuites judiciaires à l’encontre d’extrémistes juifs sont rares et les condamnations encore plus rares. Les détracteurs accusent le gouvernement, qualifié de plus intransigeant de l’histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques.

Le nombre d’incidents graves de « crimes à caractère nationaliste » commis par des extrémistes juifs en Cisjordanie a bondi de 63 % au cours du premier semestre de cette année, par rapport à la même période de l’année dernière, passant de 405 à 660 attaques, a annoncé lundi la chaîne publique Kan, citant des chiffres des services de sécurité.

Ces infractions sont qualifiées de « terroristes » par les services de sécurité israéliens.

Le nombre de victimes palestiniennes des violences commises par des résidents d’implantations a également enregistré une forte augmentation, avec 140 Palestiniens blessés et six tués au cours du premier semestre, contre 82 blessés et aucun mort au cours de la même période l’année dernière.

Stav Levaton a contribué à cet article.

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