Des frappes limitées sur l’Iran, Trump vante des progrès diplomatiques – médias

Le CENTCOM n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP, tandis que l’armée israélienne a affirmé ne pas être impliquée dans ces frappes sur l'île de Qeshm

En arrière-plan des navires dans le détroit d'Ormuz, on aperçoit les dégâts causés, selon des témoins, par plusieurs frappes aériennes, sur un quai de pêche du port de l'île de Qeshm, en Iran, le 13 avril 2026. (Crédit : Asghar Besharati/AP)

Les États-Unis ont mené des frappes limitées sur une île iranienne du détroit stratégique d’Ormuz, ont rapporté mardi des médias américains. Donald Trump a assuré pour sa part qu’un accord avec Téhéran « pourrait arriver ».

Selon le Wall Street Journal, qui a révélé l’information, ces frappes ont visé lundi, à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis, l’île de Qeshm. L’agence de presse officielle iranienne Irna avait auparavant fait état de cinq explosions entendues sur l’île et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.

Des responsables américains anonymes cités par le Wall Street Journal et plusieurs autres médias ont précisé qu’il s’agissait des dernières d’une série de frappes « limitées » et « défensives » menées ces dernières semaines.

Selon ces sources, ces frappes n’ont pas été annoncées publiquement afin d’éviter de donner l’impression que Washington avait l’intention de reprendre des opérations de combat de grande envergure.

Sollicité par l’AFP, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) n’a pas donné suite dans l’immédiat.

L’armée israélienne a déclaré mardi à l’AFP ne pas être impliquée dans ces frappes.

À la veille d’élections à haut risque pour son camp, en raison du fort mécontentement des Américains face à la hausse du coût de la vie et à la guerre, Trump a assuré lundi soir sur sa plateforme Truth Social qu’un accord avec l’Iran « pourrait arriver ».

« Les prix du pétrole tombent comme des pierres […] parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran », a-t-il mis en avant.

Les cours du pétrole ont légèrement rebondi mardi matin après avoir chuté la veille de plus de 7 % lundi, alors que les signes d’une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington se multipliaient.

À environ 105,06 dollars mardi matin, le baril de Brent, référence internationale, reste bien au-delà des 70 dollars d’avant le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

« Balle dans le camp » américain

Les efforts diplomatiques se sont intensifiés afin d’éviter la répétition de la première phase du conflit, qui a été la plus intense et a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements, avant un cessez-le-feu en avril, suivi d’un protocole d’accord en juin.

Mais cette fragile entente a volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l’Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.

Une accalmie est observée depuis début septembre, mais des médias évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections de mi-mandat.

« La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre », a déclaré mardi l’influent négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d’un discours devant le Parlement qu’il préside.

« Les consultations et les délibérations sont très intenses », avait auparavant déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, soulignant « le rôle de médiateur très actif » du Qatar et du Pakistan.

Le vice-président américain JD Vance a lui fait état lundi de « progrès » dans les discussions auprès des journalistes. « Nous verrons si nous pouvons en faire davantage », a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, la Chine avait également appelé à un retour à la diplomatie, à l’occasion d’une visite d’un haut responsable iranien à Pékin.

Dans ce contexte, l’Iran a dévoilé mardi à Téhéran un immense panneau menaçant le président américain Donald Trump de mort. On y voit le président américain derrière les barreaux, la tête baissée.

Rouvrir le détroit

Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours au lieu de sept, dans un plan initialement proposé en septembre, mais refusé par Trump.

Depuis le début de la guerre, l’Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et attaque régulièrement les navires qui tentent de le franchir sans son autorisation.

En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.

L’Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts de la région, au dégel de ses avoirs à l’étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier et à la fin du blocus naval américain.

Dimanche, Araghchi a ajouté à ces demandes lors d’une interview à la chaîne Al Jazeera, l’acceptation par Washington du « nouvel itinéraire convenu entre l’Iran et Oman pour le transit par le détroit d’Ormuz ».

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