Des haredim s’introduisent à nouveau chez le maire de Beit Shemesh

Sept mois après avoir renversé la voiture du maire, des émeutiers enfoncent les portes et détruisent l'armoire électrique ; Shmuel Greenberg promet de 'ne pas céder à la violence'

Le candidat à la mairie de Beit Shemesh, Shmuel Greenberg, déposant son bulletin dans l'urne pour le second tour des élections municipales, le 10 mars 2024. (Crédit : Sam Sokol)

La municipalité de Beit Shemesh a diffusé jeudi des images d’une attaque en bande organisée contre la maison du maire Shmuel Greenberg, qui s’est produite la veille au soir. Des dizaines d’émeutiers ultra-orthodoxes ont enfoncé les portes, lancé des pierres et endommagé le système électrique de son domicile.

Le maire et sa famille n’étaient pas présents lors de l’attaque, qui a eu lieu pendant les jours intermédiaires de la fête de Souccot. Dans une déclaration accompagnant ces images, la municipalité a indiqué que des dizaines d’émeutiers avaient endommagé le tableau électrique et les caméras de sécurité, ainsi que la souccah du maire, à l’aide de barres de fer.

« Il s’agit d’un acte brutal et sans limites qui n’a rien à voir avec une manifestation publique, mais qui relève purement et simplement de la violence », a déclaré Greenberg, membre du parti haredi Degel HaTorah, dans un communiqué.

« Nous ne nous laisserons pas intimider par les menaces et ne céderons pas à la violence. Nous continuerons à gérer la ville de manière responsable, avec détermination et un grand amour pour ses habitants. La violence ne l’emportera pas. »

Il s’agit de la deuxième attaque contre le maire et ses biens perpétrée par des extrémistes haredim en moins d’un an.

En mars, des radicaux avaient attaqué Greenberg et sa famille, renversant la voiture du maire et blessant son fils de 19 ans.


Le quotidien Haaretz a établi un lien entre cette attaque et la récente démolition par la municipalité d’une synagogue liée à une secte radicale qui enfreignait les codes de construction.


L’attaque de mars avait été condamnée par le président Isaac Herzog et par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les attaques contre Greenberg sont loin d’être les premières agressions collectives contre un maire de Beit Shemesh.

En août 2023, des dizaines d’extrémistes avaient provoqué des émeutes devant une école locale alors que la maire de l’époque, Aliza Bloch, effectuait une visite des lieux. Les émeutiers avaient lancé des projectiles, allumé un feu et endommagé sa voiture, la séquestrant ainsi pendant près de deux heures jusqu’à ce qu’elle soit secourue par la police.

Si la violence a considérablement diminué ces dernières années, les radicaux cherchent depuis longtemps à imposer leur mode de vie aux habitants, en affichant des panneaux appelant à la tsniout – la pudeur selon la loi juive orthodoxe -, en arrachant les drapeaux d’Israël et en incendiant un magasin de téléphonie mobile dans le quartier modéré de Ramat Beit Shemesh Alef, peuplé de Juifs ultra-orthodoxes, l’an dernier.

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