Des Israéliens secourus dans le nord de l’Éthiopie après avoir été bloqués par l’avancée des rebelles
Le ministère des Affaires étrangères indique qu'une vingtaine de ressortissants ont été évacués de la région du Tigré, en coordination avec l'ambassade à Addis-Abeba, après avoir demandé de l'aide en raison des violents affrontements dans la région
Une vingtaine de citoyens israéliens qui se trouvaient bloqués dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, en raison de l’avancée des rebelles dans la zone, ont été secourus après trois jours « d’efforts intensifs », a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères.
Le ministère a indiqué avoir travaillé en coordination avec l’ambassade d’Israël à Addis-Abeba et avec d’autres autorités compétentes pour extraire les Israéliens bloqués de la zone.
« Le groupe d’Israéliens qui s’était retrouvé bloqué à Lalibela, dans le nord de l’Éthiopie, en raison de l’escalade de la situation sécuritaire dans la région, a été évacué hier et aujourd’hui par hélicoptère », a expliqué le ministère dans un communiqué.
« Les hélicoptères ont transporté le groupe vers une zone sûre, d’où ils poursuivront leur route vers Addis-Abeba », a poursuivi le ministère.
Il a précisé que des représentants continueraient d’accompagner et d’aider le groupe jusqu’à son arrivée en toute sécurité à Addis-Abeba.
Les Israéliens s’étaient retrouvés bloqués dans la région du Tigré à la suite des violents affrontements qui ont éclaté la semaine dernière entre le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et le gouvernement fédéral.
Des combats qui font craindre un retour à la guerre civile à grande échelle de 2020-2022, au cours de laquelle environ 600 000 personnes ont trouvé la mort.
Les Israéliens étaient bloqués dans la ville de Lalibela, où les aéroports seraient fermés et où les déplacements routiers sont dangereux.
Les Israéliens bloqués ont écrit au ministère des Affaires étrangères pour demander de l’aide, a rapporté le site d’information Ynet en début de semaine.
La lettre aurait indiqué au ministère que « les vols ont été annulés pour une durée indéterminée, et il ne s’agit plus seulement d’un retard de quelques jours », soulignant également que « les réserves de carburant, de nourriture et d’argent liquide de la ville sont extrêmement limitées ».
Des dizaines de civils, dont des enfants, ont été tués lors de la reprise des combats, alors que les forces gouvernementales éthiopiennes bombardent des villes du Tigré et qu’elles progressent vers le nord en direction de la capitale contrôlée par les rebelles, ont expliqué mardi des professionnels de santé et des habitants.
Les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, mais les forces gouvernementales semblent avancer vers le nord, dans le Tigré, en direction de Mekelle, la capitale régionale.
Les forces progouvernementales ont dit avoir pris le contrôle lundi de la ville stratégique d’Alamata, dans le sud du Tigré, tandis que des habitants interrogés par l’AFP dans un hôpital ont fait état de violents bombardements sur la ville de Maychew, plus au nord.
Un responsable du personnel soignant de l’hôpital de référence d’Aydar, le plus grand établissement médical de Mekelle, a confié avoir accueilli 44 civils gravement blessés, dont 33 enfants, victimes des bombardements sur Maychew et Alamata entre samedi et lundi.
« Certains ont perdu la vue, d’autres ont eu les jambes et les mains amputées à la suite des bombardements », a déclaré ce responsable, ajoutant qu’au moins quatre personnes étaient décédées pendant leur transfert vers l’hôpital depuis ces villes.
L’AFP n’a pas pu vérifier de source indépendante le bilan des victimes, et la couverture médiatique est fortement entravée par le conflit et les perturbations généralisées des télécommunications.
Un habitant de Maychew qui a accompagné sa sœur blessée à l’hôpital a déclaré à l’AFP que la ville avait été bombardée à six reprises et que les obus avaient touché un quartier résidentiel, tuant deux personnes qu’il connaissait.
La précédente guerre civile entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et le TPLF, qui domine la scène politique au Tigré, s’était achevée par l’accord de paix de Pretoria de 2022.
Mais ce dernier n’a jamais été pleinement mis en œuvre, et depuis la fin de l’année 2025, le gouvernement a lancé de multiples frappes de drones au Tigré et massé des soldats à la frontière, tandis que le TPLF a chassé une administration nommée par le gouvernement.
Le 23 septembre, le TPLF a pris le contrôle des aéroports tigréens aux mains de la police fédérale et a lancé des attaques dans les États voisins d’Amhara et d’Afar, en collaboration avec des milices locales.
Une source humanitaire à Afar a confirmé que les forces rebelles avaient pris le contrôle de la ville d’Erebti, qui a ensuite été bombardée par les forces gouvernementales, entraînant un nombre non confirmé de victimes civiles.