Des mandats d’amener contre 2 responsables du Hezbollah après une saisie d’explosifs

Un responsable judiciaire indique à l’AFP que les mandats ont été délivrés dans le cadre d’une enquête sur la découverte d’explosifs

Illustration : Des explosifs entreposés dans un tunnel du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

La justice libanaise a émis mardi des mandats d’amener contre deux responsables du Hezbollah, a indiqué un responsable judiciaire à l’AFP, après la saisie d’une grande quantité d’explosifs appartenant au groupe terroriste chiite libanais pro-République islamique.

Cette décision intervient alors que les autorités libanaises se disent déterminées à désarmer le Hezbollah, sorti affaibli de deux guerres qu’il a menées contre Israël depuis 2023.

Les forces de sécurité libanaises avaient interpellé le 8 octobre deux hommes qui transportaient une demi-tonne d’explosifs de l’est du pays, frontalier de la Syrie, vers Beyrouth, et saisi leur cargaison.

Le Hezbollah a reconnu dans un rare aveu que les explosifs lui appartiennent et qu’ils étaient destinés à la « résistance » contre Israël, et a réclamé leur restitution.

La justice a émis « deux mandats d’amener à l’encontre de deux responsables du Hezbollah », que l’enquête préliminaire a « permis d’identifier », a indiqué le responsable judiciaire ayant requis l’anonymat.

Les deux hommes arrêtés en train de transporter des explosifs avaient donné les noms de guerre de deux autres hommes impliqués dans l’opération, selon le responsable. Les services de sécurité ont pu connaître leur identité et s’emploient à les localiser pour les conduire devant la justice, a ajouté la même source.

Depuis début octobre, les autorités ont annoncé avoir saisi trois cargaisons d’explosifs.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait exhorté jeudi le président libanais Joseph Aoun « à demander des comptes à tous ceux qui ont ordonné, financé et dirigé cette livraison, et souligné qu’il devrait être hors de question de restituer les explosifs au Hezbollah ».

Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah avait affirmé que « le véhicule et sa cargaison appartiennent à la résistance [groupes terroristes islamistes opposés à Israël] » contre Israël. Il avait exigé « la libération immédiate des personnes interpellées » et « la restitution du véhicule et de son contenu ».

Le Liban avait approuvé un plan pour désarmer le Hezbollah en 2025, après une première guerre dévastatrice entre le groupe et Israël.

Après la reprise des hostilités le 2 mars, des négociations directes entre le Liban et Israël avaient abouti à la conclusion d’un accord-cadre qui prévoit le retrait graduel d’Israël du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise et le désarmement du Hezbollah.

Ce groupe terroriste, le seul à avoir gardé ses armes au sortir de la guerre civile de 1990, refuse de désarmer.

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