Des manifestants anti-Israël condamnés pour le blocage du Golden Gate Bridge en 2024
Sept prévenus ont écopé de 30 jours de prison pour désobéissance civile, la juge rappelant qu'il fallait en assumer les conséquences
WASHINGTON — Sept manifestants qui avaient bloqué la circulation sur le Golden Gate Bridge, en 2024, lors d’une action pro-palestinienne contre la guerre d’Israël à Gaza ont été condamnés à 30 jours de prison, détention provisoire comprise.
En juillet dernier, ils avaient été reconnus coupables de délit mineur par un jury de San Francisco, qui n’avait toutefois pas réussi à trancher sur le chef d’accusation plus grave de complot criminel.
Selon les avocats de la défense, les manifestants ont agi par souci moral, pour s’opposer aux dégâts engendrés par les frappes israéliennes sur Gaza et au soutien de Washington envers son allié.
Cette manifestation avait eu lieu au plus fort de la guerre, alors que d’intenses frappes israéliennes étaient menées quotidiennement et que des milliers de Palestiniens avaient été tués, mais aussi au moment où une centaine d’otages israéliens étaient séquestrés par des groupes terroristes dans la bande de Gaza, après avoir été enlevés lors du pogrom du 7 octobre 2023, déclencheur du conflit.
La procureure du district de San Francisco, Brooke Jenkins, a déclaré que la manifestation avait occasionné des risques pour la sécurité des personnes bloquées dans les embouteillages et que cette infraction à la loi avait des conséquences.
« Dans l’histoire, la désobéissance civile s’est le plus souvent traduite par une acceptation des conséquences judiciaires », a déclaré la juge de la Cour supérieure Teresa Caffese, selon des propos rapportés par KQED.
« Dans cet esprit, ceux qui ont bloqué le pont et perturbé la vie de centaines d’usagers doivent être traités avec respect, mais ils doivent aussi être prêts à assumer les conséquences de leurs actes. »
La moitié des peines sera à purger dans la prison du comté : les jours restants pourront être effectués dans le cadre d’un programme de semi-liberté géré par le bureau du shérif de San Francisco. Quatre jours ont été déduits au titre de la détention provisoire déjà effectuée. La peine comprend également six mois de mise à l’épreuve, ainsi que des amendes et dommages et interêts pour plus d’un millier de dollars.
Les prévenus resteront en liberté le temps de la procédure d’appel, a rapporté SFGate.
Selon les avocats de la défense, les manifestants ont eu recours au blocage du pont une fois constaté que les lettres et appels aux Représentants du Congrès étaient sans résultat.
Le jury a reconnu les sept manifestants coupables de délits mineurs, notamment de séquestration, entrave à la circulation, rassemblement illégal et, dans le cas d’un des prévenus, refus de dispersion.
Le jury n’est pas parvenu à un verdict concernant le chef d’accusation le plus grave, à savoir celui de complot criminel — c’est-à-dire l’entente entre deux personnes ou plus en vue de commettre un crime associée à un acte concret —, lequel aurait pu donner lieu à l’application d’une peine allant jusqu’à 15 ans de prison.
Les procureurs ont indiqué qu’ils n’engageraient pas de poursuites supplémentaires pour ce motif.