Des militants israéliens entrés en Syrie évacués par Tsahal après une brève poursuite

Les activistes disent vouloir établir des implantations dans le sud de la Syrie, à l'endroit où l’armée est déployée depuis près d’un an

Un militant des implantations israélien ouvre un accès militaire à la frontière avec la Syrie, sur le plateau du Golan, le 27 novembre 2025. Illustration (Crédit : Halutzey Habashan)

Jjeudi après-midi, des militants des implantations israéliens ont passé la frontière entre Israël et la Syrie à bord de véhicules en deux points différents, dans le but d’établir de nouvelles implantations.

L’armée israélienne s’est lancée à la poursuite des suspects, qu’elle a retrouvés et raccompagnés en Israël.

On estime à treize le nombre de militants qui avaient passé la frontière — cinq dans le secteur du mont Hermon et huit près du village syrien de Bir Ajam, sur le plateau du Golan.

Les activistes ont utilisé des meuleuses pour s’ouvrir un chemin dans la clôture frontalière et poursuivre leur chemin en voiture véhicules, apprend-on de sources de la défense.

« Les soldats de Tsahal se sont immédiatement dirigés vers ces deux endroits où ils ont rapidement retrouvé les civils », a déclaré l’armée en ajoutant que certains d’entre eux « s’étaient affrontés » aux militaires.

L’armée a précisé que tous les suspects avaient été « renvoyés sains et saufs en territoire israélien sous l’escorte de Tsahal » avant d’être remis à la police.

« L’armée israélienne condamne vivement cet incident grave qui constitue une infraction pénale de nature à mettre en danger à la fois les civils et les soldats de Tsahal », a ajouté l’armée.

Des militants colons israéliens traversent la frontière en Syrie, le 27 novembre 2025. (Halutzey Habashan)

 

En août dernier, des membres du même groupe d’activistes, se faisant appeler les « Pionniers du Bashan » – d’après le nom biblique du plateau du Golan et de la région sud de la Syrie – ont brièvement passé la frontière syrienne avant d’être évacués vers Israël par l’armée israélienne.

Dans un communiqué publié peu de temps après que les militants ont traversé la frontière, jeudi, les Pionniers du Bashan ont déclaré que l’établissement d’implantations dans le sud de la Syrie était « une clé pour maintenir un bon contrôle sur la région et pour éviter les retraits ».

« Nous exigeons que les Juifs qui le souhaitent puissent dès maintenant s’installer dans la région et marquer l’histoire des terres de Bashan ! » a écrit le groupe d’activistes.

Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, l’armée israélienne est déployée dans neuf postes du sud de la Syrie, principalement dans la zone tampon surveillée par les Nations Unies, ce que Jérusalem a jugé nécessaire pour défendre le pays au moment de la prise de contrôle du pays par des groupes d’inspiration djihadiste.

Des réservistes de Tsahal de la 55e brigade parachutiste interviennent dans le sud de la Syrie, sur une image publiée le 21 novembre 2025. (Armée israélienne)

Depuis le 7 octobre 2023, les conflits militaires régionaux d’Israël alimentent l’activisme des militants des implantations d’extrême droite dans plusieurs secteurs.

À Gaza, les militants plaident ardemment en faveur de la réinstallation dans l’enclave après la guerre. Au Liban et en Syrie, des groupes marginaux et de plus petite taille plaident eux en faveur d’une extension du territoire plus ambitieuse encore.

En décembre dernier, un groupe d’activistes des implantations était entré en territoire libanais — dans une zone placée à l’époque sous contrôle israélien — pour tenter d’y installer une implantation, avant d’en être évacué par Tsahal.

Le soutien à la création d’implantations juives en Syrie ou au Liban reste extrêmement faible parmi la population israélienne, et aucun politicien ou figure importante au-delà des seuls groupes d’activistes marginaux ne souhaite leur établissement.

Aucune implantation de peuplement n’a été établie dans le sud-Liban pendant l’occupation israélienne de la région en 1982 ou en 2000, lorsque Tsahal y avait établi une zone de sécurité.

Toutefois, l’idée de rétablir des implantations à Gaza a reçu un soutien relativement important de la part d’une grande partie de l’extrême droite israélienne, et notamment du ministre des Finances Bezalel Smotrich et de celui de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, qui y sont tous deux favorables, sans oublier celui de plusieurs politiciens du Likud, le parti au au pouvoir.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a nié à plusieurs reprises qu’Israël ait la moindre intention de se réinstaller dans la bande de Gaza ou d’y stationner des soldats de manière permanente.

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