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Des milliers de personnes manifestent contre le nouveau gouvernement à Tel Aviv

Environ 10 000 manifestants se sont retrouvés sur la place Habima après l'annonce de la refonte du système judiciaire, en présence de députés actuels et passés

Des Israéliens manifestant contre le gouvernement actuel sur la place Habima de Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des Israéliens manifestant contre le gouvernement actuel sur la place Habima de Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Ce sont des milliers de personnes qui se sont rassemblées, samedi soir, pour protester contre le nouveau gouvernement à Tel Aviv. Une manifestation qui a suivi l’annonce par le ministre de la Justice Yariv Levin de son projet de refonte du système judiciaire israélien, quelques jours auparavant.

Selon les organisateurs, les manifestants ont été plus de 10 000 à s’être retrouvés sur la place Habima de la ville côtière du pays.

« Dégage », « Ensemble contre le fascisme et l’apartheid », « Démocratie en danger », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants descendus dans les rues du centre-ville.

Vainqueur des législatives du 1er novembre, Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, a pris la tête le 29 décembre d’un gouvernement formé avec des partis d’extrême droite et ultra-orthodoxes, dont certains ténors ont été nommés à des postes-clés.

« Je suis venu ici aujourd’hui avec des milliers de personnes. C’est la première fois mais (le mouvement) va durer car nous avons un problème, des extrémistes sont en train de déployer leurs forces alors qu’ils ne représentent pas la majorité » de la population, a dit Omer, un manifestant qui travaille à Tel-Aviv dans le secteur de la high-tech.

« Nous ne voulons pas voir notre démocratie disparaître et la Cour suprême être détruite. Nous voulons que le gouvernement soit contrôlé », a affirmé à l’AFP Assaf, un avocat, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

Certains participants, affiliés au groupe de gauche Standing Together et à d’autres organisations, ont défilé en direction du musée d’art de Tel Aviv, où ils ont organisé un regroupement. D’autres ont pris part à une marche aux flambeaux dans les rues de la ville.

Les organisateurs avaient appelé les Israéliennes et les Israéliens « opposés au coup d’état mené par un gouvernement criminel qui menace de porter préjudice à tous les citoyens, quels qu’ils soient » à participer au mouvement de protestation.

Mercredi, Levin avait annoncé un projet de réforme judiciaire largement controversé qui prévoit de limiter de manière drastique la capacité de la Haute-cour à invalider des lois ou des décisions gouvernementales considérées comme discriminatoires et/ou anti-démocratiques, de donner au gouvernement le contrôle de la commission chargée de choisir les juges et d’éliminer les conseillers juridiques qui sont nommés par la procureure-générale.

Outre les drapeaux israéliens ou aux couleurs de l’arc-en-ciel, les protestataires à Tel-Aviv ont également ressorti les tee-shirts et banderoles barrés de la mention « Crime minister » (« ministre du crime ») en référence à l’inculpation de Benjamin Netanyahu pour corruption dans une série d’affaires.

Ce slogan avait été largement repris lors d’un mouvement de contestation anti-Netanyahu qui avait vu, à partir de 2020 et pendant des mois, des Israéliens se réunir chaque semaine les samedis soirs pour réclamer le départ de celui qui a déjà été en poste de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021.

Dans un communiqué conjoint qui a été rendu public samedi, les groupes Standing Together et « Crime minister » ont estimé que « des personnalités extrémistes et dangereuses du nouveau gouvernement » tentent « de nous porter préjudice à tous », accusant la coalition au pouvoir de prendre pour cible les Arabes et de vouloir discriminer les citoyens sur la base de leur sexe et de leur sexualité.

« Nous ne resterons pas à ne rien faire et nous ne céderons ni au désespoir, ni à la frustration. Dans toute bataille, il y a de l’espoir, et nous irons nous battre pour ce pays, pour ce foyer qui est le nôtre », a indiqué le communiqué.

Des Israéliens manifestent contre le gouvernement actuel sur la place Habima de Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les accords de coalition qui ont été conclus avant l’investiture du nouveau gouvernement prévoient en outre une législation qui permettrait aux fournisseurs de service de refuser ces mêmes services si cela doit aller à l’encontre de leurs convictions religieuses – ce qui, selon les critiques, institutionnalise les discriminations à l’encontre des membres de la communauté LGBT et d’autres groupes.

« Cette nuit, mes amis, nous avons construit un nouveau camp démocratique. Un camp qui accueille Juifs et Arabes, hétéros et LGBT, laïcs et religieux – un camp uni contre un gouvernement malfaisant et au nom d’un avenir meilleur pour ce pays », ont commenté devant les manifestants Yael Lotan and Avner Gvaryahu, les dirigeants de l’ONG d’extrême-gauche Breaking the Silence.

Ils ont souligné que les droits de l’Homme n’étaient pas l’exclusivité des Juifs et qu’ils concernaient aussi les Arabes – notamment les non-citoyens qui vivent dans les territoires qui ont été capturés pendant la guerre des Six jours, en 1967.

Certains protestataires ont entonné le slogan « les incitations commencent dans les couloirs du gouvernement » et « Netanyahu est dangereux, corrompu et raciste », a fait savoir le site Ynet.

Les Israéliens manifestent contre le gouvernement sur la place Habima de Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un certain nombre de députés ont assisté au rassemblement, et notamment Merav Michaeli et Gilad Kariv de la formation de centre-gauche Avoda, ainsi qu’Ayman Odeh, qui dirige l’alliance radicale à majorité arabe Hadash-Taal. L’ancienne ministre Tzipi Livni a prononcé un discours.

Dans un post paru sur Twitter, Odeh a affirmé qu’il avait été attaqué verbalement et physiquement après avoir prononcé une allocution lors de la manifestation.

Une vidéo qui a circulé sur internet montre ainsi un homme aborder Odeh et son entourage et dans une autre, le même individu confie à un journaliste qu’il a donné une gifle au député.

La police n’a pas réagi suite à cet incident.

Pour sa part, Michaeli, leader d’Avoda, a écrit sur Twitter qu’avec « des milliers de manifestants formidables, nous sommes sortis pour protester et nous l’avons crié clairement : Nous ne permettrons pas la destruction de notre pays ! Nous continuerons à nous battre pour la démocratie. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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