Des organisations, dont la CGT et LFI, exhortent la France à passer « aux actes » contre Israël

'Nous sommes devant une politique délibérée, menée par Israël depuis des décennies, qui vise à effacer le peuple palestinien', estiment-elles

Le président français Emmanuel Macron, au centre, photographié dans la salle de l’Assemblée générale lors d’une réunion de haut niveau aux Nations unies visant à mobiliser le soutien en faveur d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, au siège des Nations unies, le 22 septembre 2025. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

Une quarantaine d’organisations, dont l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Attac, la CGT ou le parti d’extrême gauche de La France Insoumise, ont exhorté Emmanuel Macron à « passer de la parole aux actes », un an après la reconnaissance d’un Etat de Palestine par la France.

Dans une lettre du 8 septembre adressée à Emmanuel Macron, ces organisations demandent à être reçues par le président de la République, attendu à New York lors de l’Assemblée générale des Nations Unies la semaine prochaine.

« Si la reconnaissance de la Palestine par la France a été saluée comme un geste fort et a eu le mérite d’entraîner plusieurs États dans cette même démarche, force est de constater qu’elle apparaît aujourd’hui comme particulièrement vaine en l’absence de toute protection du peuple palestinien et de toute sanction pour contraindre Israël à se conformer au droit international », accusent-elles dans cette lettre envoyée aux médias par l’AFPS mercredi.

Emmanuel Macron avait officiellement reconnu un Etat de Palestine lors de l’ouverture de la grand-messe annuelle des Nations unies à New York en septembre 2025.

Depuis, déplorent ces organisations, le cessez-le-feu dans la bande de Gaza « conclu le 10 octobre 2025 est systématiquement violé par Israël », « en Cisjordanie, la colonisation s’accélère », « à Jérusalem-Est, expulsions et démolitions se multiplient ».

« Nous sommes devant une politique délibérée, menée par Israël depuis des décennies, qui vise à effacer le peuple palestinien », estiment-elles.

« Nous attirons tout particulièrement votre attention sur les abus de l’utilisation des outils de lutte contre le terrorisme, et notamment l’incrimination d’apologie du terrorisme, pour faire taire toute expression critique ou contextualisée sur les événements du 7 octobre 2023 et plus généralement pour condamner les voix qui soutiennent le peuple palestinien, » écrivent-elles.

Ces organisations, dont Les Écologistes, estiment que la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU, « a une responsabilité particulière » et « doit s’exprimer haut et fort, notamment à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations-Unies ».

Elles attendent de Paris de « passer de la parole aux actes » et de « cesser toute complicité avec le génocide toujours en cours à Gaza et avec la politique israélienne de colonisation » en Cisjordanie. Une accusation catégoriquement rejetée par Israël et bien que largement répandue auprès des détracteurs d’Israël, n’a jamais prouvée.

Jeudi dernier, des diplomates français avaient fait état d’ « avancées » un an après la reconnaissance d’un Etat de Palestine par la France, même si la situation à Gaza et en Cisjordanie demeure « catastrophique », se félicitant en particulier de l’organisation d’élections palestiniennes prévues normalement en novembre.

Or, Jibril Rajoub, haut responsable palestinien a prédit jeudi que les élections législatives dans les Territoires palestiniens, les premières en deux décennies, ne pourraient finalement pas se tenir comme prévu le 28 novembre – aucun dialogue national global n’ayant permis de s’entendre sur les modalités du scrutin.

Cette reconnaissance « a été un jalon significatif », a déclaré l’un des diplomates à des journalistes. Elle a permis, selon lui, « de mettre à jour le référentiel international, soutenu par la communauté internationale, pour une sortie de cette crise ».

« Des choses ont avancé, d’autres restent à concrétiser, des tendances préoccupantes se poursuivent », avait alors résumé un autre diplomate. « C’est pour réagir à la persistance de ces tendances préoccupantes que la France a décidé, avec d’autres pays, d’interdire les produits issus des colonies israéliennes ».

Le 8 septembre, 12 pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont annoncé leur intention de sanctionner le commerce avec les implantations israéliennes en Cisjordanie, durcissant le ton face à Israël, qui a riposté en annonçant la fermeture du consulat britannique à Jérusalem.

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