Des partis kurdes iraniens basés en Irak forment une coalition contre Téhéran

Plusieurs groupes kurdes iraniens basés en Irak ont annoncé la formation d’une coalition politique visant à renverser la République islamique et à garantir l’autodétermination kurde

Des manifestants, au lendemain de frappes de missiles lancées par les Gardiens de la révolution iraniens sur plusieurs sites de la ville, brandissent une bannière et des drapeaux kurdes devant le bureau des Nations unies à Erbil, dans la région autonome kurde d’Irak, le 16 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)

Plusieurs groupes kurdes iraniens basés en Irak, qui soutiennent le mouvement de contestation contre Téhéran, ont annoncé dimanche la formation d’une coalition politique visant à « renverser la République islamique » et à garantir, à terme, l’autodétermination kurde.

Des factions de l’opposition kurde iranienne, qualifiées de « terroristes » et « séparatistes » par Téhéran, sont basées dans la région autonome du Kurdistan irakien, à la frontière avec l’Iran.

Elles ont été à plusieurs reprises la cible de frappes de l’Iran, qui les accuse d’avoir mené des attaques contre ses forces.

Cinq de ces organisations ont décidé d’unir leurs forces afin « d’affirmer (leur) présence au vu du contexte politique actuel en Iran, où le régime de la République islamique a perdu toute légitimité politique mais demeure malheureusement au pouvoir ».

Sur cette photo publiée par le site officiel du bureau du guide suprême iranien, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, prie sur la tombe du défunt fondateur de la république islamique, l’ayatollah Khomeini, commémorant le 47e anniversaire de son retour d’exil pendant la révolution islamique de 1979, juste à l’extérieur de Téhéran, en Iran, le 31 janvier 2026. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)

Pour soutenir la contestation réprimée dans le sang par les autorités iraniennes en janvier, il faut des « efforts politiques coordonnés et conjoints, sur le terrain, entre les partis politiques kurdes, les organisations de la société civile et d’autres groupes à travers l’Iran », a estimé la coalition dans un communiqué.

Celle-ci, baptisée « Coalition des forces politiques au Kurdistan d’Iran », dit avoir pour objectif principal de « renverser la République islamique d’Iran et assurer l’autodétermination des Kurdes ».

Elle comprend le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK).

Le ministère de l’Intérieur de la région autonome a protesté, assurant qu’il « ne laisserait aucun acteur utiliser le Kurdistan contre un pays voisin ».

Cette image UGC publiée sur Twitter le 26 octobre 2022 montre une femme non voilée debout sur un véhicule, tandis que des milliers de personnes se dirigent vers le cimetière d’Aichi à Saqez, ville natale de Mahsa Amini, dans la province iranienne du Kurdistan occidental, pour marquer les 40 jours depuis sa mort en détention par la police des mœurs. (Crédit : UGC/AFP)

Les factions kurdes iraniennes, souvent armées et certaines d’idéologie socialiste, ont largement abandonné leur insurrection pour se concentrer sur le militantisme politique.

Mais elles disposent de combattants, qui s’entraînent au maniement des armes sur des bases dans les montagnes du Kurdistan d’Irak (nord).

Elles avaient appelé le mois dernier à une grève générale en soutien aux protestations contre le pouvoir en Iran.

En 2022, l’Iran a frappé des militants kurdes iraniens en exil, les accusant d’avoir fomenté les manifestations déclenchées par la mort en détention de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini.

Les Kurdes constituent l’une des plus grandes minorités non-perses en Iran. Ils sont également présents en Irak, en Syrie et en Turquie.

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