Israël en guerre - Jour 142

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Des prisonnières arabes préfèrent être jugées qu’être libérées contre des otages du Hamas

La plupart des 25 citoyennes israéliennes susceptibles d'être libérées ont été arrêtées après le 7 octobre pour incitation et soutien au terrorisme et n'ont pas encore été jugées

Les forces de sécurité israéliennes montant la garde devant l'entrée de la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 26 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les forces de sécurité israéliennes montant la garde devant l'entrée de la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 26 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des prisonnières arabes israéliennes devant être libérées en échange d’otages à Gaza ont annoncé mercredi qu’elles s’opposaient à leur libération dans le cadre de l’accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas, et qu’elles souhaitaient au contraire prouver leur innocence devant les tribunaux.

Les avocats de la défense représentant les prisonnières ont informé les procureurs de l’État de leur position après que le gouvernement a fait savoir que 25 citoyennes israéliennes étaient incluses dans une liste de 50 prisonnières palestiniennes incarcérées pour atteinte à la sécurité en Israël qui devraient être libérées en échange d’otages. La plupart des citoyennes arabes israéliennes ont été arrêtées pour incitation ou soutien au terrorisme après le 7 octobre et n’ont pas encore été jugées.

« Toute cette idée selon laquelle elles sont incluses dans l’accord n’est absolument pas claire pour nous », a déclaré Me Hassan Jabareen, avocat et fondateur du groupe de défense des droits arabes Adalah, au site d’information Walla. « Nous ne voyons pas du tout ce qui justifie une mise en accusation ou une prolongation de la garde à vue, ce qui est illégal à nos yeux, et nous sommes sûrs qu’avec la fin de la guerre, les tribunaux commenceront à les libérer. »

« Nous savons que le Hamas ne les a pas demandées, et elles ne veulent pas faire partie de cet accord – elles veulent prouver leur innocence devant le tribunal », a-t-il ajouté.

Me Jabareen a déclaré que le ministre d’extrême-droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, était à l’origine de cette démarche, et s’est plaint que les avocats de la défense ou les proches n’aient pas été contactés à ce sujet.

« Nous ne savons pas quel type de document on leur demandera de signer lorsqu’elles seront libérées. Les familles s’en inquiètent et nous demandons à obtenir des informations », a-t-il déclaré, affirmant que les autorités empêchaient tout contact avec les détenues.

Aya Khatib, reconnue coupable d’avoir utilisé sa position de travailleuse humanitaire pour acheminer de l’argent, des fournitures et des renseignements au Hamas. (Crédit : Shin Bet)

Me Bader Agbaria, l’un des avocats d’Aya Khatib, une Arabe israélienne qui purge une peine de quatre ans pour avoir utilisé son poste de travailleur humanitaire pour acheminer de l’argent, des fournitures et des renseignements au groupe terroriste palestinien du Hamas, a déclaré que sa cliente pourrait également être contrariée d’être incluse dans l’accord, a rapporté Walla.

« Tout dépend de ce qu’elle décide. Mais nous ignorons sa position parce que nous ne sommes plus en contact avec elle depuis que les visites d’avocats et les appels téléphoniques ne sont plus autorisés. La famille n’en sait pas plus », a souligné Me Agbaria, ajoutant que toutes les demandes de visite ont été refusées.

Les dirigeants arabes israéliens ont publié une déclaration commune mercredi pour s’opposer à l’inclusion de ces prisonnières dans l’accord.

« Inclure les noms de citoyennes arabes sans qu’elles l’aient demandé et avant que leur procédure judiciaire n’ait été menée à bien conformément à la loi est une mesure inhabituelle et dangereuse à laquelle nous nous opposons », peut-on lire dans une déclaration du Haut Comité de suivi et des partis politiques à majorité arabe Raam et Hadash-Taal.

Un hélicoptère israélien transportant des otages récemment libérés, détenus depuis les attaques du Hamas le 7 octobre, atterrissant devant l’hôpital Sheba de Ramat Gan, au nord de Tel Aviv, le 28 novembre 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le cessez-le-feu initial de quatre jours dans la guerre d’Israël contre le Hamas a commencé vendredi dernier et devait expirer lundi, date à laquelle il a été prolongé de deux jours. L’accord, conclu la semaine dernière, prévoyait la libération de 50 femmes et enfants israéliens enlevés par le groupe terroriste palestinien lors des attaques du 7 octobre, au cours desquelles 1 200 personnes ont été assassinées, pour la plupart des civils, et plus de 240 ont été prises en otage.

Au cours des quatre premiers jours, le Hamas a relâché au total 30 enfants et 20 femmes israéliens, dont 10 mères d’enfants libérés, ainsi qu’un israélo-russe relâché en signe de bonne foi envers Moscou, et 18 étrangers – 17 Thaïlandais et un Philippin – libérés dans le cadre d’un accord distinct, négocié par l’Iran.

Mardi, 10 autres otages israéliens et deux autres ressortissants thaïlandais ont été libérés dans le cadre de deux différents accords.

L’accord initial stipulait que le cessez-le-feu pourrait être prolongé de plusieurs jours – jusqu’à un total de 10 jours, les quatre premiers compris – si le Hamas libérait au moins 10 otages supplémentaires chaque jour, et si Israël libérait davantage de détenus palestiniens à raison de trois prisonniers pour chaque otage.

Mardi soir, Israël avait libéré 180 femmes et mineurs palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et devrait en libérer 30 autres, toutes des femmes et des mineurs, mercredi, si le Hamas libère 10 Israéliens supplémentaires.

Compte tenu des dispositions prévues dans l’accord, la trêve pourrait potentiellement se prolonger jusqu’à dimanche, à condition que d’autres otages israéliens soient libérés.

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