Des résidents d’implantations manifestent contre la venue d’un chanteur gay lors d’un festival de musique à Jérusalem
« Ce n'est pas ma vision de la religion » : Eden Hasson dénonce le groupe rabbinique qui a affirmé que le judaïsme s'opposait à son concert de mardi
Dimanche soir, quelques manifestants se sont rassemblés pour manifester contre le concert du chanteur gay Eden Hasson, organisé par un conseil régional de Cisjordanie cette semaine.
Avant-même la tenue de la manifestation, Hasson a dénoncé l’opposition religieuse à son concert, organisé dans le cadre d’un festival de fin d’été du Conseil régional de Binyamin, ce mardi, à l’amphithéâtre de la Piscine du sultan, à Jérusalem : « Ce n’est pas ma vision de la religion. »
En juillet, le Comité des rabbins de Binyamin – dirigé par le rabbin Yigal Levinstein, dont les opinions homophobes sont bien connues – a publié une lettre déclarant que « le choix du conseil pour l’un des artistes de son concert de fin d’été n’est pas le bon et risque de normaliser un phénomène qui contredit les valeurs de la sainteté d’Israël et de l’unité familiale ».
Les rabbins ont appelé les habitants à manifester devant le siège du Conseil de Binyamin dimanche soir, mais seules une dizaine de personnes se sont présentées, selon une image diffusée sur les réseaux sociaux.
Sur Instagram, Hasson a écrit un long texte qui a recueilli plus de 10 000 likes : « Depuis quelque temps, une petite poignée d’extrémistes tente d’empêcher mon concert. Pas parce que j’ai blessé quelqu’un ou fait quelque chose de mal, mais simplement parce que je ne suis pas comme eux. »
« Ils estiment que ce que je fais porte atteinte à ce qui fait l’esprit juif de la nation d’Israël. Je me demande : en quoi ma personne, en tant qu’artiste, ou mes concerts, portent atteinte à l’esprit juif ? »
Hasson continue en citant des extraits de ses chansons, dans lesquelles il parle de religion, des « soldats, des ultra-orthodoxes, des volontaires et des réservistes ».
« J’ai écrit la chanson, ‘Growing a little beard’, à propos exactement de ce genre de personnes qui me boycottent en raison de ce que je suis », a-t-il écrit.
« Ils disent parler au nom de la religion. Or, durant toute mon enfance, j’ai vécu dans des milieux religieux et même ultra-orthodoxes. J’étais un de ces gamins avec une kippa noire et des papillotes derrière les oreilles. Trois prières par jour et une leçon de Torah entre Min’ha et Maariv. Ce n’est pas ma vision de la religion », a-t-il ajouté.
« Vraiment, je n’ai aucune envie de jouer le jeu de la division. Notre peuple est déjà suffisamment déchiré de l’intérieur. Je préfère me focaliser sur l’amour inconditionnel, sur « Aime ton prochain comme toi-même ». C’est pourquoi, mardi, avec l’aide de Dieu, le concert aura bien lieu. J’irai avec la meilleure des énergies pour réunir les gens et faire vivre cet amour inconditionnel qui lie le peuple d’Israël », a-t-il conclu.
Plusieurs célébrités israéliennes ont pris la défense de Hasson, dont la personnalité de la télévision Assi Azar, qui lui non plus ne fait pas mystère de son homosexualité, et qui a écrit sur Instagram : « Ceux qui manifestent contre cet oiseau chanteur au cœur pur ne sont pas de vrais pratiquants, ne sont pas de vrais religieux et ne croient pas vraiment en Dieu. Ce ne sont que des imbéciles et des idiots. »
La chanteuse Nasreen Kadri a écrit sur son Instagram : « Le fait de se priver de la chance d’assister au concert d’un chanteur comme lui à cause de sa vie amoureuse et de ses choix personnels, qui ne font de mal à personne et ne font que le rendre heureux, est une honte pour notre société. Cela me rend triste et me fait de la peine. Nous sommes en 2025. Commencez déjà par vous occuper de vous. »
Contacté par les médias israéliens, le Conseil régional de Binyamin n’a pas souhaité faire de commentaire.
C’est en novembre 2024 que Hasson, chanteur pop mizrahi né dans une famille religieuse, a révélé dans une chanson diffusée sur son Instagram qu’il était homosexuel.