Deux ans après son effondrement, l’aqueduc de Césarée va être restauré

Le Conseil régional de la plage de Carmel, la Société de Développement de Césarée et l'Autorité des Antiquités d'Israël vont consacrer 39 M de NIS à la mise en valeur des lieux

Des Israéliens et des touristes se promènent sur la plage sur laquelle s'est effondré une arche de l'aqueduc de Césarée, vieille de 2 000 ans, le 21 août 2023. (Michael Giladi/Flash90)

Le Conseil régional de la plage de Carmel, la Société de Développement de Césarée et l’Autorité des antiquités d’Israël ont conclu un accord pour investir 39 millions de NIS dans la restauration et la mise en valeur de l’aqueduc de Césarée, qui date de 2 000 ans, a-t-on appris ce mois-ci, deux ans et demi après l’effondrement de l’une de ses arches.

« C’est l’un de nos plus grands trésors patrimoniaux, non seulement pour la côte du Carmel mais pour tout Israël, situé dans le cœur vibrant du tourisme israélien », explique Assif Isaac, président du conseil régional de Carmel Beach, dans un communiqué.

« Après des années de détérioration de la structure, nous avons trouvé une solution commune pour garantir sa préservation et sa sécurité tout en menant à bien sa restauration avec les standards les plus exigeants – pour le public et les générations futures. C’est un parfait exemple de coopération régionale au service de l’intérêt public. »

Situé sur l’une des plages les plus emblématiques d’Israël, l’aqueduc remonte au roi Hérode le Grand (37-4 avant notre ère) : il fut agrandi sous Hadrien (117-138 de notre ère) afin d’acheminer de l’eau potable à la ville de Césarée depuis des sources situées à une quinzaine de kilomètres au nord-est. Il est considéré comme l’un des travaux d’ingénierie les plus sophistiqués laissés par les Romains dans la région, et il est resté en usage jusqu’au VIIe siècle de notre ère.

Le site, ainsi que le reste des ruines de l’ancienne ville, fait aujourd’hui partie du parc national de Césarée.

En août 2023, après l’effondrement de l’une des arches, l’Autorité des antiquités d’Israël a reproché aux organismes chargés de la plage d’avoir ignoré ses avertissements répétés concernant l’état de l’aqueduc. L’Autorité des antiquités d’Israël avait en effet pressé le conseil régional et la Société de Développement de Césarée de réunir des fonds en urgence de façon à mener à bien les travaux de rénovation et de stabilisation de l’aqueduc.

Dans le cadre du projet actuel, 15 millions de NIS issus de l’Autorité des antiquités d’Israël, du Conseil régional de la plage de Carmel et de la Fondation Edmond de Rothschild iront à des travaux de stabilisation qui devraient durer 40 mois. Il s’agit de protéger et stabiliser les 85 arches de l’aqueduc ainsi que l’aqueduc supérieur (le canal aquifère en lui-même) sous la supervision scientifique de l’Autorité des antiquités d’Israël.

Une arche ancienne de l’aqueduc de Césarée, datant de 2 000 ans, s’est effondrée en août 2023. (Michael Giladi/Flash90)

La Société de Développement de Césarée, branche de la Fondation Edmond de Rothschild, investira 24 millions de NIS pour mettre en valeur le site, pour le plus grand bonheur des visiteurs : cela passera par un aménagement paysager, la construction de sentiers et d’autres installations.

La Fondation Edmond de Rothschild (Israël) est l’œuvre du baron Edmond de Rothschild (1926-1997), qui portait le même nom que son grand-père Edmond James de Rothschild (1845–1934). C’est ce dernier qui, au XIXe siècle, acheta de vastes étendues de terres en Terre d’Israël pour favoriser la vie des Juifs.

Dans les années 1950, la famille a transféré la propriété de ses terres à Césarée (une trentaine de kilomètres carrés) à la fondation, qui entretient d’excellentes relations avec la municipalité.

« Ce projet est une facette de plus de l’investissement à long-terme de la Fondation Edmond de Rothschild dans le patrimoine, la santé de notre société moderne et l’amélioration de l’espace public en Israël, comme en témoigne notre travail quotidien, depuis plus de 140 ans, pour faire que la société israélienne soit plus forte », a déclaré le vice-président de la fondation, Michael Kliger, dans un communiqué.

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