Deux hommes jugés en Allemagne pour des complots anti-juifs présumés liés à l’Iran
Un Danois et un Afghan sont jugés pour le projet d'assassinat d'une figure pro-Israël et pour espionnage de la communauté juive pour le compte des Gardiens de la Révolution
Le procès d’un Danois et d’un Afghan, accusés d’avoir planifié un attentat contre une personnalité pro-israélienne et espionné la communauté juive d’Allemagne pour le compte des services secrets iraniens, s’est ouvert vendredi à Hambourg (nord).
Ali S., ressortissant danois, est inculpé d’espionnage, de tentative de meurtre, de tentative d’incendie criminel et de sabotage, tandis que son présumé complice afghan, Tawab M., est accusé de tentative de meurtre.
Ali S. aurait espionné le président de la société germano-israélienne, l’ancien député écologiste Volker Beck, dans le cadre de plans visant à l’assassiner, selon l’acte d’accusation.
Il est aussi accusé d’avoir espionné le président du Conseil central des Juifs en Allemagne, Josef Schuster, ainsi que deux commerçants juifs à Berlin dans le cadre de projets d’incendies criminels.
Selon l’acte d’accusation, Ali S. travaille pour le service de renseignement des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, et avait des « contacts étroits » avec leur unité d’élite, les forces Al-Qods.
Les deux prévenus ont exercé leur droit de garder le silence après la lecture de l’acte d’accusation, a précisé Mme Frantzen.
Les deux hommes avaient été placés en détention provisoire en Allemagne après leur arrestation en 2025 au Danemark, suivie de leur extradition.
Lors de l’ouverture du procès vendredi, Volker Beck se trouvait dans le public, sous protection policière, a indiqué à l’AFP Marayke Frantzen, porte-parole du tribunal de Hambourg.
« La vie juive et l’engagement en faveur de l’État juif et démocratique sont régulièrement menacés de meurtre et attaqués par le régime de la République islamique d’Iran sur le sol allemand », a-t-il déclaré.
Lorsque les poursuites avaient été annoncées en mai, M. Beck avait appelé Berlin à expulser l’ambassadeur iranien ainsi que les responsables consulaires.
En juillet 2025, le ministère des Affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur d’Iran en Allemagne pour protester à la suite de l’arrestation d’Ali S. au Danemark.
L’ambassade d’Iran à Berlin avait quant à elle publié un communiqué rejetant ce qu’elle avait qualifié « d’allégations infondées formulées à la demande des ennemis de l’Iran ».
Les communautés juives de la diaspora, qui font déjà face à une recrudescence de l’antisémitisme, ont constaté une augmentation des attaques dont les liens avec l’Iran sont avérés ou suspectés dans plusieurs cas.