Chasse à l’homme après la fusillade mortelle de deux hommes à Shuafat, Jérusalem-Est
Avec huit personnes tuées au cours des deux derniers jours, la criminalité continue de sévir dans la communauté arabe, sous les yeux de la police
Deux Palestiniens ont été tués par balles jeudi soir dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, dans ce que la police décrit comme un incident criminel, le troisième homicide multiple recensé dans la société arabe en deux jours.
Les secouristes ont trouvé les deux hommes, Iyad Awaida, 42 ans, et Muhammad Abdin, 31 ans, gisant dans la rue, dans un état critique, souffrant de graves blessures par balle. Des passants ont tenté de leur porter secours en attendant l’arrivée des équipes de secours.
Les deux hommes ont été évacués en urgence vers l’hôpital Hadassah Mount Scopus, situé à proximité, où leur mort a été prononcée par le personnel médical.
La fusillade aurait été motivée par un « différend criminel », a indiqué la police, s’appuyant sur les premiers éléments de l’enquête.
Les forces de l’ordre ont indiqué que la police du district de Jérusalem et la Police des frontières étaient à la recherche du suspect en fuite Les deux victimes étaient connues des services de police, selon la presse israélienne.
Le commissaire adjoint Avshalom Peled, récemment entré en fonction comme chef de la police du district de Jérusalem, s’est rendu sur les lieux et a chargé l’unité d’enquête locale de faire la lumière sur l’incident.
Dans la matinée de jeudi, trois hommes d’une même famille ont été abattus dans une fusillade dans le nord d’Israël.
Deux des hommes ont été retrouvés morts par balle, selon les secouristes du Magen David Adom. Un troisième, grièvement blessé, a été transporté à l’hôpital Rambam, où il a succombé à ses blessures.
Cette fusillade faisait suite à un triple homicide distinct survenu mardi soir près de la ville de Tira, dans le centre du pays, portant à huit le nombre de victimes arabes d’homicides au cours des deux derniers jours.
De nombreux responsables arabes accusent les forces de l’ordre de négligence.
La multiplication des crimes mortels a déclenché des manifestations dans des villes et villages arabes ces dernières semaines, culminant, le week-end dernier, avec une importante manifestation arabo-juive à Tel Aviv exigeant que le gouvernement mette enfin un terme aux violences.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chargé de la police dans le cadre de ses fonctions, a convoqué une réunion d’urgence avec de hauts responsables policiers après la fusillade meurtrière de Shuafat.
Lors de cette réunion tenue tard dans la nuit, il a imputé la hausse de la criminalité à la procureure générale Gali Baharav-Miara, l’accusant de « ne pas accorder à la police ce dont toute force de police dans un pays démocratique a besoin pour lutter contre le terrorisme criminel ».
Il a toutefois affirmé qu’il existait un « côté positif » à la situation.
« Nous devons reconnaître qu’il y a aussi un côté positif : depuis le début de l’année, on observe 20 % de meurtres en moins dans le secteur juif, 40 % de féminicides en moins et 66 % de meurtres de femmes juives en moins. »
Les homicides violents frappent les villes et villages arabes depuis plus de dix ans, mais la situation s’est fortement aggravée en 2023, première année du mandat de Ben Gvir, lorsque le nombre de meurtres a bondi à 244, soit plus du double de l’année précédente (116). Le chiffre a légèrement reculé en 2024 avant d’atteindre un nouveau sommet l’an dernier.
Le précédent record, établi en 2022, s’élevait à 126 meurtres.
Il y a eu 252 homicides enregistrés au sein de la communauté arabe israélienne en 2025. Il s’agit des chiffres les plus élevés jamais enregistrés.
Seuls trois de ces homicides concernaient des résidents de Jérusalem-Est. La grande majorité des victimes étaient des citoyens arabes résidant dans le nord et dans le centre d’Israël.