Un homme de Beit Shemesh condamné à 3 ans de prison pour espionnage au profit de l’Iran
La juge a prononcé une peine légère à l'encontre d'Elimelech Stern, un étudiant ultra-orthodoxe de 22 ans ; deux autres personnes soupçonnées d'espionnage au profit de l'Iran ont été arrêtées
Elimelech Stern, un étudiant ultra-orthodoxe de 22 ans originaire de Beit Shemesh, qui a été reconnu coupable d’avoir effectué des missions d’espionnage pour le compte de l’Iran, a été condamné jeudi à trois ans d’emprisonnement et à une amende de 10 000 shekels.
La juge Miriam Lomp, du tribunal de district de Jérusalem, a écrit que si le crime commis était grave, sa peine était relativement modérée car sa motivation était d’améliorer sa situation financière, et qu’elle n’était pas réellement idéologique.
« Le crime pour lequel le prévenu a été condamné est grave, il est susceptible d’avoir porté atteinte à la sécurité de l’État et d’avoir compromis l’existence même d’Israël », a écrit la magistrate.
« Les contacts avec un agent étranger nuisent à la sécurité en raison du risque de transfert d’informations à l’ennemi, consciemment ou inconsciemment, en particulier lorsque ces contacts se traduisent par des menaces contre des personnes en Israël », a-t-elle ajouté.
Lomp a noté que « la gravité des crimes du prévenu a été aggravée par le fait qu’il est Israélien et que le pays lui accorde donc toute sa confiance ».
Stern a été reconnu coupable d’avoir été en contact avec un agent étranger et d’avoir conspiré pour proférer des menaces après avoir mené plusieurs missions pour le compte d’un agent des services de renseignement iraniens en échange d’argent, en 2024.
De plus, deux ressortissants israéliens ont été arrêtés jeudi, soupçonnés, eux aussi, d’espionnage pour le compte de l’Iran contre rémunération, ont fait savoir la police et le Shin Bet dans la journée de jeudi.
Les deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, seront mis en examen dans les prochains jours. Une déclaration du procureur a été déposée à leur encontre dans l’après-midi de jeudi devant le tribunal de Jérusalem.
Si les deux suspects résident à Jérusalem, ce sont les enquêteurs de la police du district de Cisjordanie qui ont mené les investigations sur les faits d’espionnage qui leur sont reprochés, en collaboration avec le Shin Bet. Ils ont été arrêtés le mois dernier.
En raison de la gravité des faits et des inquiétudes concernant la sécurité de l’État, l’affaire a été placée sous embargo, a rapporté la police.
Les deux hommes rejoignent les dizaines de personnes qui ont été mises en examen pour espionnage, alors que les forces de l’ordre tentent de lutter contre le phénomène d’Israéliens espionnant pour le compte de l’Iran.
Téhéran a intensifié ses tentatives de recruter des Israéliens en ligne contre des paiements substantiels.
Ces deux dernières années, des dizaines d’Israéliens ont ainsi été accusés d’espionnage au profit de la République islamique d’Iran. Dans de nombreux cas, les agents iraniens ont approché leurs cibles via les réseaux sociaux, en particulier l’application Telegram.
Beaucoup de suspects présumés commencent par des tâches apparemment anodines, comme peindre des slogans anti-gouvernementaux ou pro-iraniens, avant d’envoyer des photos à leurs interlocuteurs. Ces missions peuvent ensuite évoluer vers des activités plus graves, telles que la collecte de renseignements ou des projets d’assassinat.
L’augmentation du nombre de détenus liés à l’Iran a même conduit Israël à ouvrir une nouvelle aile dans la prison de Damon, à Haïfa. À ce jour, un seul suspect a été condamné, la plupart des dossiers étant encore en cours d’examen.