Devant la justice, Londres défend ses ventes à Israël de composants d’avions de combat

L'avocat du gouvernement a déclaré que l'exécutif avait suspendu certaines licences en gardant à l'esprit ses relations avec Israël, afin qu'elles 'continuent d'être cordiales'

Des acteurs et activistes britanniques anti-Israël devant les Royal Courts of Justice, dans le centre de Londres, le 13 mai 2025. (Crédit : Adrian Dennis / AFP)

Attaqué par des ONG, le gouvernement britannique a défendu jeudi devant la Haute Cour de Londres sa décision de continuer à vendre à Israël des éléments des avions de combat, au nom de la sécurité du Royaume-Uni et de ses bonnes relations avec Israël.

L’ONG palestinienne Al-Haq, soutenue par Amnesty International, Human Rights Watch, Oxfam et d’autres organisations, réclame devant la justice le blocage des exportations des pièces fabriquées au Royaume-Uni équipant les chasseurs américains F-35 de Lockheed Martin.

Les débats se sont ouverts mardi et les avocats d’Al-Haq ont fait valoir que le gouvernement était conscient du « risque évident » qu’Israël utilise ces avions de combat pour commettre des violations du droit international dans sa guerre à Gaza.

Jeudi, l’avocat du gouvernement James Eadie a affirmé que le ministère du Commerce extérieur avait agi en toute légalité et que la suspension des licences d’exportation de ces composants aurait eu des conséquences sur l’ensemble du programme international derrière la fabrication du F-35.

Cela aurait entrainé « des risques extrêmement graves pour le Royaume-Uni et la sécurité internationale », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la Haute Cour n’était pas habilitée à statuer sur la légalité des actions d’Israël et que toute initiative en ce sens pourrait avoir un effet « potentiellement délétère » sur les « relations (du Royaume-Uni) avec un pays ami, à savoir Israël ».

Illustration : Un F-35 à la base aérienne de Hatzerim dans le désert du Néguev, le 29 juin 2023. (Crédit : Ofer Zidon/Flash90)

Cette action en justice a été lancée avec l’appui du réseau d’avocats Global Legal Action Network (GLAN) après l’offensive israélienne menée dans la bande de Gaza en représailles à une attaque sans précédent lancée le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas.

Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de génocide à Gaza.

En septembre, le gouvernement travailliste a annoncé la suspension d’une trentaine de licences d’exportation d’armes à Israël sur un total de 350, en évoquant un « risque » qu’elles soient utilisées en violation du droit international dans le territoire palestinien, sans inclure les composants des chasseurs F-35.

Parmi ces composants figurent la perche de ravitaillement en carburant de l’avion, le système de ciblage laser, les pneus, le fuselage arrière, le système de propulsion par turbine et le siège éjectable, selon Oxfam.

L’avocat du gouvernement a déclaré jeudi que l’exécutif avait suspendu certaines licences en gardant à l’esprit ses relations avec Israël, afin qu’elles « continuent d’être cordiales ».

Les débats s’achèvent vendredi, puis la Haute Cour rendra sa décision à une date ultérieure non précisée à ce stade.

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