Dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité requis contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme

L’affaire porte sur un message publié sur X par l’élue qui rendait hommage à Kozo Okamoto, l’un des trois auteurs d’une attaque meurtrière en Israël en 1972

Rima Hassan, eurodéputée, lors d'une séance au Parlement européen, à Strasbourg, le 6 octobre 2026. (Crédit : Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

Le parquet de Paris a requis, mardi 20 octobre, dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée française de La France insoumise (LFI) Rima Hassan, jugée pour avoir relayé une citation attribuée à l’un des auteurs du massacre de l’aéroport de Tel Aviv en 1972.

L’affaire porte sur un message publié le 26 mars sur le compte X de l’élue, suivi par environ 420 000 personnes. Elle y relayait une citation attribuée à Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise et l’un des trois auteurs de l’attaque du 30 mai 1972, qui a fait 26 morts, dont huit Israéliens, ainsi que des touristes étrangers, et plus de 80 blessés.

« J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir », disait la citation. Le message, accompagné d’une biographie d’Okamoto et d’une photographie de sa libération en 1985, a depuis été supprimé par Rima Hassan. Selon le parquet, il avait été vu plus de 250 000 fois en 18 heures.

La procureure a estimé que la publication rendait hommage à un auteur d’attentat, sans critique ni prise de distance, et a souligné la responsabilité de l’élue. Rima Hassan encourait jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende.

La défense a plaidé la relaxe, dénonçant un procès politique destiné, selon elle, à écarter l’eurodéputée de la vie politique. Son avocat, Me Vincent Brengarth, a contesté la régularité de l’enquête et invoqué l’immunité parlementaire de sa cliente, estimant que le message s’inscrivait dans le prolongement de son activité politique sur la question palestinienne…

Les deux journées d’audience ont été marquées par des échanges tendus entre la défense et les associations parties civiles, dont la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et l’Organisation juive européenne (OJE). Lundi, l’avocat de Rima Hassan a quitté la salle après que Me Galina Elbaz, qui représente la Licra, a dénoncé des « ressorts antisémites » dans ses arguments. L’audience avait déjà été suspendue après des accusations de « double allégeance » adressées à une association juive.

Rima Hassan, qui se présente comme « l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République en raison de [ses] prises de position politiques », a fait valoir son droit au silence, alors qu’elle multiplie à une vitesse étourdissante les posts sur ses comptes de réseaux sociaux. Elle a néanmoins déclaré qu’il était « inacceptable de se réjouir de la mort de civils tant Israéliens que Palestiniens ».

Les témoins cités par la défense ont contesté l’emploi du terme « terrorisme » pour qualifier l’attaque de 1972, certains estimant qu’elle pouvait relever du « crime de guerre » au regard du droit international. Les parties civiles ont rejeté cette analyse. Yves Klejman, dont la mère avait été blessée lors de l’attentat, a témoigné des séquelles qu’elle avait conservées jusqu’à sa mort.

« La cause palestinienne n’est pas attaquée, mais elle ne peut servir de totem d’immunité quand un acte de cette gravité est commis », a déclaré la procureure. La défense a dénoncé une volonté de « disqualifier politiquement » l’eurodéputée, tandis que plusieurs responsables de LFI ont critiqué les réquisitions.

Le tribunal doit rendre son jugement le 30 novembre.

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