Duterte s’excuse d’avoir insulté Obama

Le leader philippin controversé est arrivé dimanche en Israël pour un voyage de quatre jours

Le président des Philippines Rodrigo Roa Duterte, au centre, à son arrivée à Jérusalem au début d'une visite officielle en Israël le 2 septembre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

Le leader philippin Rodrigo Duterte a présenté ses excuses à l’ancien président américain Barack Obama pour l’avoir traité de « fils de pute » en 2016, ce qui avait encore dégradé les relations entre leurs deux pays.

M. Duterte réagissait alors aux critiques répétées des Etats-Unis envers sa guerre contre la drogue, qui a fait des milliers de morts et déclenché de multiples condamnations internationales.

Mais le chef de l’Etat philippin, en voyage en Israël, a expliqué que les relations avec Washington s’étaient améliorées depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qu’il a qualifié de « bon ami » avec lequel il est sur « la même longueur d’ondes ».

« Il serait également approprié aujourd’hui de dire à M. Obama que vous êtes désormais un civil et que je suis désolé d’avoir prononcé ces mots », a-t-il dit dans un discours devant la communauté philippine de l’Etat hébreu.

M. Duterte est arrivé dimanche en Israël pour un voyage de quatre jours. Manille cherche à diversifier ses approvisionnements en armements militaires et obtenir des garanties pour les droits des Philippins travaillant à l’étranger.

« Si vous êtes capable de pardonner, alors pardonnez. Je vous ai pardonné, tout comme mes petites amies quand j’étais encore célibataire (…). Je leur ai également pardonné », a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir fin juin 2016, M. Duterte s’est illustré par son langage fleuri, lançant des diatribes extrêmement vulgaires à l’encontre de tous ses critiques, en particulier quand il s’agit de la guerre anti-drogue.

La police de l’archipel déclare avoir tué 4 410 trafiquants et toxicomanes présumés. Les défenseurs des droits disent qu’il faut tripler ce chiffre et évoquent un possible crime contre l’humanité.

M. Duterte a traité le pape François et l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Manille de « fils de pute », s’en prenant également à l’ONU et au Parlement européen.

Avant son départ pour Israël, le chef de l’Etat a de nouveau suscité la controverse en jugeant que le nombre élevé de viols à Davao, sa ville natale dans le sud de l’archipel, était dû au grand nombre de belles femmes.

« Ils disent qu’il y a de nombreux cas de viols à Davao », a-t-il lancé. « Tant qu’il y aura autant de belles femmes, il y aura aussi de nombreux cas de viols ».

Les militantes des droits des femmes ont dénoncé ces nouveaux propos de M. Duterte, qui a souvent plaisanté publiquement sur le viol.

« Ce n’est pas la beauté qui provoque le viol, ce sont les violeurs », a déclaré Risa Hontiveros, une parlementaire hostile au président.

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