Einav Zangauker songe à se lancer en politique « pour renvoyer chez lui » Netanyahu
La mère de Matan Zangauker, otage à Gaza relâché par le Hamas, a indiqué que la 'mission de sa vie' était d'écarter du pouvoir tous ceux qui 'tenaient les rênes' lors du pogrom du 7-Octobre
Einav Zangauker, la mère de Matan Zangauker, un otage qui a été relâché par le Hamas – une personnalité qui est connue pour sa fougue – a expliqué, ce week-end, qu’elle envisageait de se lancer dans la politique et que la « mission de sa vie » était dorénavant de renverser le gouvernement actuellement au pouvoir.
Zangauker, qui s’est imposée en tant que personnalité incontournable dans la lutte en faveur de la remise en liberté des otages retenus en captivité à Gaza et qui était devenue une figure de proue des manifestations, a confié à la présentatrice de télévision Ofira Asayag, dans son émission diffusée sur la chaîne d’information N12, qu’elle allait « se lancer dans la politique », ajoutant qu’elle fera « de son mieux pour les citoyens ordinaires ».
Elle a expliqué qu’au cours des deux dernières années, elle a appris que « la politique en Israël est pourrie jusqu’à la moelle » et que les politiciens « n’agissent pas dans l’intérêt public ».
« Seuls nous, les citoyens, pouvons redresser le pays », a-t-elle ajouté.
Interrogée sur son désir d’intégrer la vie politique, Zangauker a répondu qu’elle « envisageait toutes les possibilités » et qu’elle recevait « sans cesse » des propositions de la part de divers partis.
Alors qu’elle avait initialement fait savoir qu’elle n’excluait aucune faction – même le Likud, la formation au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu – Zangauker a écrit samedi dans un post publié sur le réseau social X : « En tant que personne ayant personnellement enduré pendant deux ans la douleur de cet terrible échec, le plus important pour moi est de renvoyer chez eux tous ceux qui étaient aux commandes le 7-Octobre, en premier lieu Benjamin Netanyahu et le Likud ».
Elle a affirmé que renverser le gouvernement actuel était à la fois « la mission de sa vie » et « une condition nécessaire pour commencer à réparer notre État et notre peuple ».
Le fils de Zangauker, Matan, 26 ans, a été libéré au mois d’octobre dernier après deux années de captivité entre les mains du Hamas. Il avait été kidnappé lors du pogrom commis par ce dernier, le 7 octobre 2023, au kibboutz Nir Oz, en compagnie de sa fiancée, Ilana Gritzewsky, 31 ans. La jeune femme avait, pour sa part, été relâchée au mois de novembre 2023, après deux mois passés dans la bande.
Pendant les deux années d’absence de son fils, retenu en otage au sein de l’enclave côtière, Zangauker était devenue l’un des visages les plus reconnaissables de la lutte en faveur du rapatriement des captifs, prenant régulièrement part à des rassemblements. Elle s’était distinguée par ses invectives virulentes à l’encontre du gouvernement.
Elle avait également interpellé avec fougue le Premier ministre lors des mouvements de protestation qu’elle avait aidé à organiser dans tout le pays – en particulier à l’entrée du quartier-général de l’armée israélienne, rue Begin, des rassemblements qui étaient généralement parmi les plus bruyants et les plus critiques à l’égard de Netanyahu. Zangauker était également intervenue lors des rassemblements du Forum des familles des otages et des disparus sur la place des otages toute proche, où elle avait également fréquemment pris la parole.
Elle a continué à critiquer la conduite du gouvernement depuis la libération de son fils – exigeant que des enquêtes totalement indépendantes et approfondies soient lancées sur les échecs qui avaient entouré le pogrom commis par le Hamas, des enquêtes auxquelles s’opposent Netanyahu et ses alliés.
« Dès le moment où j’ai pris la décision de m’exprimer, [le gouvernement] n’a jamais cessé d’essayer de me faire taire et de m’intimider », a-t-elle déclaré dans la journée de vendredi, ajoutant que le bureau de Netanyahu avait tenté de les contacter, elle et Matan, depuis qu’il avait été libéré, mais qu’ils avaient catégoriquement rejeté les avances faites par le Premier ministre.
Elle continue de recevoir des menaces de mort et d’être la cible d’attaques en ligne de la part des partisans du Premier ministre – et elle a accusé Netanyahu d’être directement responsable de la campagne de dénigrement lancée à son encontre et à l’encontre d’autres familles d’otages.
« Je lui fais peur. J’ai voté pour lui dès que j’ai eu le droit de vote ; je croyais en lui », a-t-elle expliqué. « En fin de compte, c’est bien lui qui a fait en sorte que mon fils reste en captivité pendant deux ans, subissant des abus physiques et psychologiques ».