Eisenkot : « Le fait que mes partenaires et mes rivaux me trouvent naïf joue en ma faveur »
Selon l'ex-chef d’état-major, les Haredim doivent s’enrôler, mais 3 % de chaque cohorte annuelle de conscrits ultra-orthodoxes devraient pouvoir étudier la Torah, à l’instar des musiciens et des athlètes exceptionnels
Suite aux vives critiques formulées par d’autres dirigeants du bloc anti-Netanyahu à l’encontre d’un éventuel rapprochement avec les Haredim, Gadi Eisenkot, le chef de Yashar, a déclaré mercredi que son approche n’avait pas changé et qu’il soutenait toujours la conscription des ultra-orthodoxes, même s’il estime que 3 % des meilleurs étudiants en yeshiva devraient continuer à bénéficier d’une exemption de service militaire.
La chaîne N12 a rapporté les propos d’Eisenkot : « Le fait que mes partenaires et mes rivaux me trouvent naïf joue en ma faveur. Je rencontre et discute également avec des membres du Likud afin de raccourcir les jours de ce mauvais gouvernement. »
Dimanche, la chaîne avait rapporté qu’Eisenkot avait rencontré le député Moshe Gafni, chef de Degel HaTorah, après que le chef spirituel de la faction haredi, le rabbin Dov Lando, avait appelé à la dissolution de la Knesset et déclaré la séparation de sa faction du bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite).
Selon N12, la teneur de cet entretien reste floue et les porte-parole des deux hommes politiques ont refusé de commenter cette information.
Eisenkot a déclaré entretenir de bonnes relations avec les Haredim, malgré des divergences d’opinion, et a récemment suscité la colère en affirmant qu’il rejoindrait une coalition « avec ceux qui renforcent Israël » lorsqu’on lui a demandé s’il s’associerait aux partis ultra-orthodoxes.
S’adressant mercredi lors d’une conférence de dirigeants de kibboutz, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne a ajouté que son « approche n’avait pas changé : le service pour tous, même au prix d’élections supplémentaires ».
« Nous devons élaborer un plan réaliste. Il est impossible d’accepter une réalité où l’on compte 37 000 déserteurs et 45 000 réfractaires. Ils n’ont pas mené ce processus à bien pendant une guerre totale, difficile et toujours en cours », a déclaré Eisenkot, rejetant ce qu’il qualifie de « déclarations populistes et peu sérieuses faites par des responsables qui occupaient les plus hautes fonctions du pays, mais n’ont pas fait avancer l’enrôlement des ultra-orthodoxes d’un seul millimètre ».
Selon lui, tous les Haredim devraient servir dans l’armée, et les Arabes devraient effectuer un service national. Il a également affirmé que 3 % de chaque cohorte annuelle de conscrits ultra-orthodoxes devraient « se voir offrir la possibilité d’étudier la Torah, à l’instar des musiciens et des athlètes exceptionnels », qui bénéficient également d’exemptions.
Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid avaient vivement critiqué Yaïr Golan, le chef du parti Les Démocrates, pour avoir déclaré à ses militants qu’il serait disposé à siéger dans un gouvernement avec les Haredim.
Après la diffusion d’une vidéo de ses propos par la Quatorzième chaîne, fer de lance de la propagande pro-Netanyahu, Golan a publié une vidéo dans laquelle il affirme : « Les Haredim resteront en dehors [du gouvernement], je vous le garantis. »