Eisenkot réaffirme sa position sur le service obligatoire

Des propos qui ont été tenus après que le leader d'Ysrael Beytenu, Avigdor Liberman, a dit être favorable à l'intégration des partis haredim dans une possible coalition

Les candidats de la Liste arabe unie à l’issue d’une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de recommander le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, au poste de Premier ministre d’Israël, le 5 novembre 2026. (Crédit : Liste arabe unie)

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a réaffirmé, dans la journée de vendredi, ses quatre exigences à l’égard des partis qui souhaiteraient rejoindre la coalition qu’il s’efforce de former et notamment la nécessité de rendre obligatoire le service national pour tous les Israéliens – des propos qui ont été tenus après que le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a ouvert la porte à un gouvernement incluant les partis ultra-orthodoxes, qui sont farouchement opposés à l’idée de la conscription militaire en direction des jeunes hommes de leur communauté.

Dans un long message qui a été publié sur le réseau social X, Eisenkot a commencé par souligner qu’Israël « se trouve dans un état d’urgence réel, tangible et dangereux ».

« Le gouvernement actuel représente une menace fondamentale pour l’existence même de la démocratie israélienne – rien de moins. C’est le cas alors même alors que les fronts de guerre restent actifs, mais qu’ils restent aussi soumis à des caprices politiques et personnels. Israël est déjà en proie à un dangereux tsunami diplomatique », a-t-il écrit.

« Dans ce contexte, ces derniers jours, j’ai élaboré avec mes partenaires un plan visant à former un gouvernement d’urgence nationale », a ajouté Eisenkot dans sa publication, notant qu’il s’efforçait de faire prêter serment à un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais – un gouvernement qui s’appuiera sur les quatre partis d’opposition dirigés par des Juifs israéliens : Yashar, avec 21 sièges ; Beyahad (12 sièges) ; HaDemocratim (huit sièges) et Yisrael Beytenu (sept sièges).

Ces quatre partis ne détiennent que 48 sièges à la Knesset, qui en compte 120 – ce qui signifie qu’ils ne pourront pas former à eux seuls un gouvernement majoritaire.

Le bloc de droite et religieux traditionnel de Netanyahu a remporté 53 sièges, tandis que le Raam et la Liste arabe unie, des factions chapeautées par des Arabes israéliens, en ont obtenu 19 à eux deux, obligeant l’opposition à rechercher des partenaires supplémentaires ou un soutien extérieur.

« Tout autre parti ou député adhérant à mes quatre principes fondamentaux sera invité à nous rejoindre — que ce soit immédiatement ou à un stade ultérieur », a écrit Eisenkot. Il a expliqué qu’il avait l’intention de contacter toutes les formations politiques représentées à la Knesset et d’inviter les parlementaires disposés à souscrire à ces principes à rejoindre un gouvernement qui sera placé sous sa direction.

De gauche à droite : Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, Yaïr Golan, chef du parti HaDemocratim, Naftali Bennett, chef de Beyahad, Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, et Yaïr Lapid, vice-président de Beyahad, réunis dans un hôtel d’Herzliya, le 3 novembre 2026. (Crédit : Yashar)

Il a énuméré les quatre principes suivants :

1. La reconnaissance de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique.

2. L’acceptation des valeurs de la Déclaration d’indépendance.

3. Le service obligatoire pour tous — qu’il s’agisse du service militaire, national ou civil — afin de renforcer Tsahal et d’élargir ses rangs.

4. La reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste et l’engagement à démanteler son pouvoir militaire et politique.

Eisenkot a ainsi notamment paru légèrement modifier son quatrième principe, celui qui concerne le Hamas, en utilisant le terme « démantèlement » et non celui de « destruction » de ses structures militaires et gouvernementales. Une initiative qui laisse potentiellement la porte ouverte à des solutions diplomatiques dans la problématique de Gaza, et non seulement à des solutions militaires, ce que le parti Raam, un parti arabe israélien, pourrait accepter plus facilement. Beyahad et Yisrael Beytenu ont toutefois rejeté la formation d’une coalition avec Raam.

Cette insistance placée sur le service obligatoire est survenue après que Liberman a déclaré, dans la matinée de vendredi, qu’il était prêt à renoncer à des années d’opposition à une coalition avec des partis ultra-orthodoxes et à accepter un « compromis douloureux », a-t-il dit, sur la question de l’enrôlement militaire des jeunes Haredim afin de parvenir à former un gouvernement sans Netanyahu, évitant ainsi de nouvelles élections. Liberman a néanmoins précisé qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement dépendant du Raam ou de la Liste arabe unie.

Avigdor Liberman, député et chef du parti Yisrael Beytenu. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Eisenkot a affirmé que le devoir des élus israéliens était de tout faire pour éviter un nouveau tour de scrutin, tout en empêchant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de rester au pouvoir.

Les conséquences du fait que Netanyahu s’accroche au poste de Premier ministre « sont devenues encore plus flagrantes ces derniers jours », a souligné le chef du parti Yashar, qui avait vivement critiqué les appels lancés par le Premier ministre à ne pas valider les résultats des élections ainsi que la manière dont Netanyahu gère les relations avec les États-Unis.

Eisenkot a fait valoir qu’il était « dangereux » de permettre à un Premier ministre par intérim, qui ne dispose que d’une minorité à la Knesset, de continuer à diriger les services de sécurité et les forces de l’ordre, et que cette situation « ne doit pas durer, ne serait-ce qu’un jour de plus ».

Eisenkot a mis en avant les 67 députés qui ont recommandé que lui-même soit chargé de former la prochaine coalition, ajoutant que les sept députés du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah n’avaient pas non plus demandé au président de charger Netanyahu de mettre en place un gouvernement – ce qui indique que seuls 46 députés soutiennent actuellement le maintien du mandat du Premier ministre à ses fonctions. Il a noté que 74 législateurs n’avaient pas exprimé leur confiance dans le maintien de Netanyahu au poste de chef de gouvernement.

Le président Isaac Herzog a déclaré jeudi que des factions qui représentaient 67 députés avaient recommandé Eisenkot, contre 46 pour Netanyahu. Herzog a toutefois souligné que les recommandations à elles seules ne déterminaient pas qui recevrait le mandat : en vertu de la loi israélienne, le président doit choisir le député qui, selon lui, a les meilleures chances de former un gouvernement. Herzog a indiqué qu’il comptait donner le mandat dimanche, après de nouvelles consultations avec les dirigeants des partis.

Le président Isaac Herzog fait une déclaration à la presse à la résidence présidentielle à Jérusalem à l’issue de consultations avec les représentants des partis politiques, le 5 novembre 2026. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Eisenkot a fait savoir que son équipe avait travaillé sans relâche en coulisses en faveur de la formation d’un nouveau gouvernement. Il a précisé que son équipe avait passé « des dizaines d’heures » à négocier et qu’il avait tenu de nombreuses réunions, certaines publiques et d’autres non – avec notamment des entretiens qui, selon lui, ont eu lieu « au cours des dernières heures ».

« Nous avons réalisé des progrès significatifs et nous avons abouti à une percée — en travaillant discrètement et humblement, une grande partie de notre action restant à l’abri des regards du public », a dit Eisenkot. « Lorsqu’il y aura quelque chose à annoncer, je vous tiendrai moi-même informés — en vous regardant, vous, les citoyens d’Israël, droit dans les yeux ».

« Citoyens d’Israël… tant ceux qui ont voté pour moi que ceux qui ne l’ont pas fait, Israël est en état d’urgence. Nous devons stabiliser le navire et ramener Israël vers des rivages sûrs », a écrit Eisenkot.

Eisenkot a noté qu’il avait l’intention d’exercer à la fois le mandat que, selon lui, les électeurs lui ont confié et celui qu’il s’attend à recevoir de Herzog « avec un sens de la responsabilité sacrée ». Il a estimé que les jours à venir étaient « un test de leadership et d’amour de la patrie ».

« Ceux qui tenteront de compromettre ou de saboter la formation de ce gouvernement pour des raisons personnelles plutôt que pour des raisons de fond resteront dans l’histoire comme des personnes qui n’ont pas su se montrer à la hauteur de la gravité du moment et qui n’ont pas agi pour sauver Israël en cette période d’urgence. De tels actes ne seront pas pardonné », a-t-il ajouté.

Eisenkot a conclu son message en promettant d’assurer un « leadership stable, fédérateur et responsable » – leadership qui a « obtenu un soutien clair de la part du public et des députés de la Knesset ».

Les candidats de la Liste arabe unie à l’issue d’une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de recommander le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, au poste de Premier ministre d’Israël, le 5 novembre 2026. (Crédit : Liste arabe unie)

Malgré les 67 recommandations d’Eisenkot, son chemin vers la formation d’une coalition reste semé d’embûches. La Liste arabe unie l’a soutenu pour le poste de Premier ministre et a fait savoir à Herzog qu’elle était prête à soutenir un gouvernement depuis l’opposition, mais plusieurs partenaires juifs d’Eisenkot au sein de l’opposition ont exclu de s’appuyer sur les partis arabes pour gouverner.

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