Eisenkot se dit prêt à devenir Premier ministre si tel est l’intérêt d’Israël
L'ancien chef d'état-major a annoncé sa volonté de se présenter aux élections pour le poste de Premier ministre, mais refuse toutefois de définir clairement son idéologie politique
L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, a annoncé samedi sur la chaîne N12 qu’il pensait posséder les qualités requises pour être le prochain Premier ministre d’Israël, mais qu’il ne se présenterait que s’il estimait qu’il s’agissait d’une bonne décision pour le pays.
Cette interview accordée à la chaîne N12 est la dernière d’une série d’entretiens donnés depuis qu’il a officiellement quitté le parti HaMahane HaMamlahti dirigé par son prédécesseur à la tête de l’armée israélienne, Benny Gantz.
Eisenkot a expliqué avoir décidé de quitter HaMahane HaMamlahti et de démissionner de son poste de député à la Knesset lorsqu’il s’est rendu compte que le parti était « en train de s’effondrer » et ne correspondait plus à ses convictions personnelles, ni à sa vision de l’avenir de la politique israélienne.
Eisenkot a souligné que sa démission n’était pas liée à la qualité de ses relations avec Gantz, mais plutôt à la question de savoir « ce qui était le mieux pour l’État d’Israël ».
Interrogé sur le sérieux de sa candidature au poste de Premier ministre, Eisenkot a répondu qu’il envisageait de se présenter, mais seulement s’il était en mesure d’affirmer « que cela nous donnera [au bloc anti-Netanyahu] davantage de chances de remporter les prochaines élections ».
Et lorsqu’on lui demande s’il pense avoir les qualités requises pour occuper la plus haute fonction en Israël, Eseinkot est catégorique : « Je peux être Premier ministre. »
« Je veux devenir Premier ministre si je sais que cela nous mènera à la victoire », a-t-il répété. « L’avenir nous le dira. »
Les prochaines élections, actuellement prévues pour octobre 2026, seront « les plus cruciales et les plus importantes depuis la création de l’État », a confié l’ancien chef de Tsahal.
Pour son avenir politique, Eisenkot envisagerait trois options : créer son propre parti, rejoindre le nouveau parti de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, ou rejoindre le parti Yesh Atid du chef de l’opposition Yair Lapid, et éventuellement prendre sa place à la tête du parti.
Interrogé sur ces informations, il a indiqué envisager aussi « de nombreuses autres options », mais a refusé d’en dévoiler les détails.
Il a également refusé de définir clairement son idéologie politique à ce stade. À la question de savoir s’il se considérait plus proche du conservateur Bennett ou du centriste Lapid, il a opposé une fin de non-recevoir, affirmant vouloir « mettre fin à ce discours toxique sur la droite ou la gauche ».
Eisenkot a laissé entendre qu’il n’envisagerait pas de siéger dans un gouvernement incluant Netanyahu.
« Après le 7 octobre, je ne souhaite pas voir Benjamin Netanyahu continuer à occuper des postes de direction au sein de l’État d’Israël », a-t-il précisé.
« Ils se souviendront de lui pour le bien qu’il a fait, mais aussi pour le mal », a-t-il expliqué.
Même s’il a refusé de répondre par « oui » ou par « non » à la question de savoir s’il collaborerait avec Netanyahu dans un futur gouvernement, Eisenkot a redit que les échecs liés à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 « disqualifient [l’actuel Premier ministre] pour occuper des fonctions de direction ».